Ca existe toujours! je tiens à le faire savoir.

 

 

La misère des animaux de boucherie.

ou

La déchéance de l’être humain.

 

 

Ca existe toujours! je tiens à le faire savoir. dans LE SAVIEZ-VOUS ? honteux-300x154

 

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Pour en savoir plus,  voir le site et le rapport, ci-dessous.

 

Chevreaux et agneaux entassés dans des caisses à lapins !

 

Rapport dans LE SAVIEZ-VOUS ?

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Publié dans : LE SAVIEZ-VOUS ? | le 24 septembre, 2007 |Commentaires fermés

Fournier Sarlovèse ou une légende tenace…

 

  Fournier Sarlovèse… 

Faut-il croire les Mémoires ?)

Un sabreur extravagant, mais fascinant. 

 Un intrépide soldat, indiscipliné, caractériel, qui fut le démon de l’Empire et le cauchemar de Napoléon. 

Ce général d’Empire serait le plus mauvais sujet de l’armée ?

 

  L’Histoire gardera de lui que ses frasques, ses éternels et interminables duels, dont les plus célèbres seront identifiés au général Dupont, oubliant l’ardeur, la valeur et la générosité de cet officier dans les combats sanglants de l’Empire. 

 Oublions les fautes de l’homme et inclinons-nous devant l’héroïsme du soldat dans la journée du 28 décembre 1812. Sans lui, de l’aveu même du duc de Bellune (maréchal Victor), la Grande Armée eût eu pour linceul les eaux glacées de la Bérézina.

 François Fournier (1772-1827) qui était vraiment cet officier de cavalerie du premier Empire, ce chef de cavalerie hors pair, connu pour ses charges tant en Espagne qu’en Russie et dont la littérature et le cinéma en ont dressé un portrait peu flatteur, de séducteur brutal, de duelliste effréné, de pilleur sanguinaire. Reprise par de nombreux «historiens», cette légende s’est développée en se déformant au fur et à mesure du temps, chacun voulant apporter son coup de pinceau pour mieux noircir le personnage.

Un caractère entier, des colères soudaines et un tempérament orgueilleux, ont fait de lui un personnage excentrique que ses contemporains ont peu apprécié et à qui les historiens n’ont su rendre justice.

En confrontant les témoignages des uns avec les autres, alors on découvre un homme élégant cavalier, un tireur incomparable, courageux et cultivé, est peu ressemblant à l’image qu’on a voulu lui donner.

Fidèle aux convictions républicaines de sa jeunesse, opposant à Napoléon, il a gardé toute sa vie durant une constance remarquable, sachant cultiver ses amitiés. (Pierre-Henri Zaidman)

 

Un personnage de roman.

De Fournier est inspiré le roman de Joseph Conrad « Le duel » rendu célèbre par l’adaptation cinématographique qu’en a fait Ridley Scott en 1977 sous le titre « Les duellistes. »  L’œuvre de Conrad est le récit du plus célèbre duel livré par le général Fournier.

Fournier Sarlovèse  ou  une légende tenace... dans IL Y A DEUX SIECLES. fournier

 Au passage des ponts de la Bérezina, des actions déterminantes sur les armées Russes, afin de rendre aveugle les canons de Wittgenstein.

  Son nom aurait pu être inscrit sur l’Arc de Triomphe.  

 

Une adolescence mouvementée.

Fils d’un aubergiste de Sarlat, François Louis Fournier, né en 1772, est l’aîné de sept enfants,  il révèle trés tôt des dispositions pour le chant religieux et se fait remarquer aux offices du dimanche.  Il possède aussi des prédispositions exceptionnelles pour l’étude, et  se mit à étudier le Latin qu’il finit par parler aussi bien que le Français En classe il se montre studieux et attentionné, mais à l’extérieur, il révèle un égal penchant pour les jeux violents.

 A l’annonce de la Révolution, il sert dans la Garde nationale de sa ville puis,  il vient à Paris pour s’employer à l’étude de procureur d’un de ses parents, d’où il s’engage dans la Garde constitutionnelle au milieu de fils de nobles qu’il méprise.  Gagné par les idées révolutionnaires, il la quitte très vite et obtient un brevet sous Montesquiou, de sous-lieutenant au 9e hussards. 

Affecté à l’armée des Alpes en (1792-1793), il se fait remarquer pour son talent de parole qui font de lui un orateur apprécié et pour ses prises de position ultra jacobines, ce qui lui vaut d’être emprisonné à Lyon. Il parvient à s’évader et a se faire réintégrer dans l’armée du Nord, puis dans celle de Sambre-et-Meuse. Toujours Jacobin, il est destitué pour de prétendues indélicatesses financières (détournement de fonds de la caisse du régiment). 

Il revient à Sarlat où il multiplie les actions spectaculaires contre la réaction thermidorienne et les bons bourgeois de sa ville, d’autant qu’ ils doivent renoncer à une réparation par les armes, Fournier étant d’ une force  redoutable au sabre et au pistolet, ne laissant aucune chance à ses adversaires.  Poursuivi, il retourne à Paris.

 

Il se met au service d’Augereau. 

Il devient l’aide de camp d’Augereau avec lequel il participe au coup d’Etat du 17 fructidor, manœuvré par Barras, puis à la campagne d’Allemagne en qualité de président du conseil de guerre. De passage à Paris en 1798, il est mêlé à l’affaire du café Garchy où se bagarrent des gardes nationaux et des royalistes. Il ne suit pas Augereau dans sa disgrâce et obtient malgré son manque d’expérience et, après un subterfuge, le commandement (colonel) du 12e hussards qui est vacant depuis l’expédition d’Irlande.

 

La rencontre avec Dupont(pas celui de la honteuse réédition de Baylen  et de sa participation à la condamnation du Maréchal Ney)

En 1794 il s’était déjà taillé une solide réputation de querelleur et duelliste. Déjà, pour des raisons futiles, on se querellait facilement dans l’armée, mais les hussards étaient les plus craints et Fournier le plus terrible de tous. Se trouvant à Strasbourg il provoqua et tua en duel le jeune Blumm, un strasbourgeois, soutien de famille nombreuse. L’affaire fit grand bruit dans la ville. Le soir même le général Moreau devant donner un bal et, craignant le scandale, chargea son aide de camp, le capitaine Dupont, de lui barrer la route. Mais Fournier qui n’était pas homme à se laisser barrer le chemin, provoqua Dupont en duel, ainsi  commençèrent les fameux duels avec Dupont, une affaire qui dura plus de 19 ans.

Lorsqu’il fut obligé de s’en retourner à Sarlat, qu’adviendrait-il de son duel avec Dupont ?  Alors usant de ses talents de juristes il proposa à Dupont une charte ainsi libellée : 

- Article 1er. Chaque fois que MM. Dupont et Fournier se trouveront à trente lieues de distance l’un de l’autre, ils franchiront chacun la moitié du chemin pour se rencontrer l’épée à la main ;
- Article 2. Si l’un des deux contractants se trouve empêché par son service, celui qui sera libre devra parcourir la distance entière, afin de concilier les devoirs du service et les exigences du présent traité ;
- Article 3. Aucune excuse autre que celles résultant des obligations militaires ne sera admise ;
- Article 4. Le traité étant fait de bonne foi, il ne pourra être dérogé aux conditions arrêtées du consentement des parties.

   

 L’Italie fut le terrain de ses premiers exploits. 

 Le 12e hussards est intégré à l’armée de réserve basée à Dijon, chargée d’appuyer Masséna en difficulté en Italie.  Fournier s’illustre à plusieurs occasions. Le 18 mai 1800, à l’attaque des ennemis à Châtillon, il charge à la tête de 100 hommes de son régiment. Il brille ensuite à Chiusella, Chivasso, Montebello, Casteggio et  à  Marengo où le 12e hussards et le 21e chasseurs défont la cavalerie ennemie à Castel-Ceriolo. Il combat brillamment à Ala et Bassano.

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 Marengo,  charge du 12e hussards.

L’antipathie de Napoléon vis-à-vis de Fournier, a fait que ses faits d’armes, comme ici à Marengo, ne seront pas récompensés.

 

Les premiers différends avec Napoléon.

Fournier n’aime pas Bonaparte, il est républicain et le déclare… Il n’hésite pas devant le Premier consul en personne à critiquer son goût pour l’autorité lui préférant la «République romaine». Malgré des citations élogieuses dans les rapports et dans les bulletins de l’armée, il est ignoré par Bonaparte qui se rattrape en lui décernant avec retard des pistolets d’honneur. Néanmoins il lui refuse le grade de chef d’escadron en raison de son manque d’ancienneté.

 

 Il est très bel homme, il chante et danse a ravir. 

 Fournier était un homme  bien bâti et le haut du corps bien formé, puissant, une taille mince et des jambes musclées. Il avait aussi un beau visage, les cheveux noir de jais, courts et ondulés, les yeux bleu vif. (Laure Junot, duchesse d’Abrantès, mémoires)

Au moins un soldat, le maréchal Michel Ney, détestait Fournier et le considérait comme une petite brute, probablement en raison de la façon dont il s’y prenait pour provoquer des duels, qu’il savait en sortir vainqueur.

De retour provisoire à Paris pour demander le retour de son régiment, il mène une vie mondaine avec la belle Fortunée Hamelin  dont il ignore qu’elle est aussi la maîtresse de Savary et une indicatrice de Fouché, alors ministre de la Police, tout en exprimant ouvertement, y compris devant Bonaparte, ses opinions fortement empreintes des idées républicaines.

Fortunée Hamelin par Appiani musée Carnavalet

Madame Hamelin, née Jeanne Geneviève Fortunée Lormier-Lagrave (1776-1851)

Fournier promis de faire passer Bonaparte sous le ventre de son cheval  et il en vient à se vanter: «Vous connaissez ma force au pistolet, eh bien, je me charge de descendre ce jean-foutre à vingt pas, d’une balle au front.» 

La conspiration  Polangis.

Les anciens camarades et connaissances de Fournier se nommaient Mortier, Junot, Augereau, Lefebvre, Davout, Masséna, Bernadotte, Delmas et Donnadieu. 

Gabriel Donnadieu

Gabriel Donadieu (qui deviendra lui aussi général et qu’on appelait aussi parfois Donne au diable) fit la même promesse d’assassiner le nouveau maître à la première parade.

Mais les murs avaient de grandes oreilles, celles de Fouché. 

Le 2 mai, Antoine Delmas fut intimé de s’éloigner d’au moins 30 lieues de la capitale. Delmas qui avait osé dire à Bonaparte: « Il ne reste plus qu’à changer vos dragonnes en chapelets. Quant à la France elle n’a plus qu’à se consoler de la perte d’un million d’hommes, qu’elle aura inutilement sacrifiés pour mettre fin aux pasquinades que vous ressuscitez. » 

Donadieu fut arrêté le 3 mai. 

Mêlé à un supposé complot, Fournier est mis en arrestation, au moment où la proposition de consulat à vie du Premier consul est soumise au vote de l’armée. Après avoir été enfermé au Temple pendant quelques temps, un ordre d’exil le confine en Périgord.

Fouché l’a dit dans ses mémoires: « cette conspiration des Généraux n’était pas bien méchante ni dangereuse .»

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Maison natale d’Etienne de La Boétie, né le 1er novembre 1530.

Après la Révolution elle devient la propriété du général- comte Fournier-Sarlovèze.

 

 Dans l’incertitude. 

La disgrâce dure trois longues années, il ronge son frein et tente de réintégrer l’armée tout en continuant à maudire Napoléon.  Un ordre l’envoie bientôt après en Amérique, sur les vaisseaux de l’expédition commandée par l’amiral Villeneuve. Mais débarqué, il est à nouveau remis à la disposition du ministre de la Guerre, qui lui prescrit de rejoindre Orléans.

 

 Une carrière relancée en Italie. 

Après avoir reçu de multiples courriers et demandes d’intervention, Napoléon fléchit et le 15 mai 1806, Fournier est nommé à l’armée de Naples avec le titre d’adjudant commandant à l’état-major de Reynier, sous les ordres de Masséna, pour lutter contre les insurgés de Calabre. L’expérience de guérilla dans les montagnes ne lui apporte aucune gloire mais Masséna est satisfait de son comportement.

 

 Un hussard en Pologne. 

Protégé par le célèbre général Lasalle qui trouve en Fournier un bon alter ego prêt à toutes les frasques, il devient chef d’état-major de ce dernier juste avant la bataille d’Eylau et se distingue en 1807 dans plusieurs charges de cavalerie à Guttstadt. Il sert brillamment pendant toute la campagne de Pologne et, malgré son opposition ouverte à l’Empereur, il obtient la Légion d’honneur et le commandement de la 5e division de dragons,  cantonnés en Silésie.

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 En Espagne. 

Avec la 5e division de dragons, il est ensuite envoyé en Espagne sous les ordres de Lorge. Il participe à la campagne du 2e corps de Soult dans le nord du pays et contribue, en réserve, à l’évacuation des Anglais et à leur embarquement à la Corogne.

Fournier rejoint le 6e corps de Ney, il est aux ordres du général Maurice Mathieu et, après plusieurs batailles de guérilla, il est affecté à la défense de Lugo où il résiste entre les 18 et 23 mai 1809 avec seulement 1500 hommes contre 20 000 assiégeants. 

Contre son gré, il se trouve au milieu de la querelle entre Ney et Soult et ayant pris le parti du premier, il est victime de son retrait et de la  victoire  du second. Il est encore faussement accusé de malversations mais continue de servir courageusement. En décembre 1809, victime collatérale de la rivalité entre Soult et Ney, il est à nouveau mis en disponibilité et retourne à Sarlat. 

 

 De retour en Espagne. 

Ses talents de cavalier le rendent indispensable et il repart avec le 9e corps de l’armée d’Espagne sous Drouet D’Erlon, il s’illustre encore dans des opérations de lutte antiguérilla à la frontière du Portugal. Seule force intacte, sa cavalerie est utilisée par Soult dans son évacuation, et Fournier a encore l’occasion de briller par sa charge du 5 mai 1811 à Fuentes-de-Oñoro, où, avec sa brigade, il avait réussi ce qui était tenu pour un impossible exploit, a enfoncer et sabrer trois carrés de fantassins anglais et en anéantir un complètement. 

C’est cette qualité suprême de cavalier exceptionnel qui lui avait valu l’amitié et la protection jamais démenties du plus célèbre des hussards, le général Lasalle.

Sa brutalité et son efficacité redoutable dans les opérations de lutte antiguérilla lui valent d’être surnommé El Demonio par les espagnols.

Pendant cette seconde campagne, Fournier, toujours aussi hostile à la personne de Napoléon, devient néanmoins légitimiste, laissant de côté ses anciennes valeurs jacobines et républicaines. Il adopte le comportement prévaricateur et intéressé de nombreux officiers supérieurs, pillant et rançonnant les villages traversés, maltraitant ses hôtes forcés, ce qui ajouté à son caractère provocateur, contribue à une réputation peu flatteuse.

 Des actions déterminantes pour protéger les ponts de la Bérézina. 

« Arrière tout autre souvenir qui viendrait se placer entre le nom de Fournier et celui de la Bérézina » (Général Thoumas) 

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« Passage de la Bérézina 28 novembre 1812  Auteur: attribués a  Fournier-Sarlovèze François »

  Au cours de la campagne de Russie, il commande la 31e brigade de cavalerie légère composée de hussards badois, de chevau-légers hessois et de Westphaliens, dans le 9e corps de Victor. Au fur et à mesure de la campagne et de la retraite, ses talents font merveilles et il mène plusieurs charges contre un ennemi supérieur en nombre. Promu général de division le 11 novembre 1812, il se distingue quelques jours plus tard à la bataille de la Bérézina en écrasant 5000 cavaliers russes en trois charges menées avec 800 chasseurs hessois et badois au prix de 500 d’entre eux, permettant ainsi le passage du gros de l’armée.  Atteint gravement au mollet par un boulet, il est remplacé par le colonel von Laroche qui exécutât de très brillantes charges déterminantes, Fournier blessé rejoint l’avant-garde de protection du prince Eugène de Beauharnais.

Mais, sur le champ de bataille, il redevenait ce qu’il était: ce chef de cavalerie hors pair. Il n’y avait plus à ce moment, ni séducreur, ni joueur, ni bretteur. Il n’y a que le général François Fournier, l’homme de Montbello et de Marengo, de Fuentes-de-Oñoro. Ses charges précises et violentes étaient foudroyantes.

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  Témoignage du général Rapp :  « Je vis des charges d’infanterie et de cavalerie très brillantes ;  celles que conduisait le général Fournier  surtout étaient remarquables par leur ensemble et leur impétuosité ».

La Bérézina franchie, la Grande Armée poursuivit sa course  sans cesse harcelée par les armées russes, semant sur sa route ses derniers canons, égrenant son chapelet de morts. La brigade de cavalerie du 9ème corps combattit encore, réduite à la valeur d’un escadron, à Malodczna et à Kowno,  dans ce dernier engagement, Fournier eut encore un cheval tué sous lui, le quatrième depuis le début de la campagne. Puis les restes de la valeureuse troupe se dispersèrent, fondirent dans la débâcle finale.

Fournier parvient,  fin décembre 1812, seul, bléssé, les deux pieds gelés, a  grand-peine à atteindre Dantzig. La gangrène s’était mise dans le pied droit. Celui-ci fut sauvé grâce à un traitement énergique, des incisions pratiquées dans la chair et dans lesquelles on introduisait du camphre.

 

 Campagne de Saxe et ultime querelle avec Napoléon 

A nouveau en semi disgrâce, il obtient son affectation comme chef de la 6e division à la cavalerie légère du 3e corps d’armée de cavalerie sous les ordres du général Arrighi nommé par la suite commandant supérieur de Leipzig. Le 17 juin 1813, il met en déroute le groupe de francs-tireurs du major Lützow mettant hors de combat plus de 500 hommes. 

Le 15 juillet, à Leipzig, il reçoit la croix de commandeur de la Légion d’honneur. Fournier sert encore une fois brillamment à Gross Beeren et à Leipzig. Il est destitué le 26 octobre suivant, suite à une altercation verbale avec Napoléon relative à la viabilité du régime. 

Arrêté et conduit à Mayence, des Cosaques russes, paraissent sur la route, menaçant l’escorte, Fournier profite de cette circonstance pour retrouver sa liberté. Il se rend volontairement à Mortier. Napoléon ordonne sa mise en surveillance illimitée. Après plusieurs demandes, il est autorisé à se rendre en toute liberté à Sarlat pour y attendre les ordres du ministre de la Guerre et il est rétabli dans le cadre des lieutenants-généraux.

 Les dernières années de sa vie. 

Il est exilé à Sarlat, lorsque la première restauration, en 1814, vient le rendre à la liberté et à son emploi militaire. Il envoie un courrier de ralliement à Talleyrand, sans ambiguïté mais prétexte une blessure pour ne pas servir immédiatement. 

En 1815, pendant les Cent-Jours, il refuse de remplir des fonctions civiles ou militaires.

A la seconde Restauration, il est employé au licenciement des corps de cavalerie dans les (11e et 20e divisions), placé en non activité en 1816, promu inspecteur général de cavalerie la même année puis d’infanterie en 1817, affecté à la cavalerie en 1819, employé à la rédaction du code militaire le 1er janvier 1820.

Il devient haut fonctionnaire sans perdre son caractère de hussard frondeur, répétant les incidents et étant mis aux arrêts plusieurs fois. Malgré cela, Louis XVIII veut lui conférer en 1819 le titre de comte de Lugo pour récompenser sa participation à la défense héroïque de la ville. Fournier refuse et demande simplement l’autorisation d’ajouter à son nom celui de Sarlovése en référence à la fois à sa ville natale et aux noms des anciens défenseurs de la Gaule (Bellovèses, Sigovèses etc…).

 Ses incartades nombreuses lui valent d’être mis en disponibilité en 1820, il retourne à Sarlat et multiplie les querelles avec les notables. Il se présente aux élections législatives de 1822 comme candidat libéral, son programme soigneusement mesuré, réaffirme sa fidélité aux idées de la Révolution. 

Il ne se marie jamais, bien qu’il eu de nombreuses occasions. La jeune Aspasie Vedrenne d’une famille qui étaient proches de Fournier voulait l’épouser quand elle avait 16 ans, mais il la considérait comme une enfant.

Il prend en charge l’éducation d’un mineur en tutelle dont il est vraisemblablement le père. Il meurt à Paris en 1827 en laissant une dotation de 1500 Francs de rente aux trois plus anciens cavaliers de l’armée, il laissera aussi une immense fortune que les héritiers auront du mal à se partager.

Publié dans : IL Y A DEUX SIECLES. | le 23 septembre, 2007 |1 Commentaire »

La Drogue, un jeu de cartes oublié.

 

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Cette gravure ancienne nous rappelle qu’il existait autrefois un jeu de cartes que les militaires et les matelots appréciaient, c’était le jeu de la « Drogue ».

« La drogue est une sorte de jeu de cartes, aux complications très simples, assez semblable à la bataille, et fort en usage chez les soldats et les matelots.

Ce jeu a plusieurs avantages: d’abord on ne peut pas y avanturer d’argent; ensuite il adoucit l’humeur et fait comprendre la plaisanterie.

Le perdant, à chaque partie, est obligé de se mettre sur le nez un morceau de bois fourchu, pareil aux épingles des blanchisseuses, appelé drogue, qu’il garde jusqu’à ce qu’il ait gagné à son tour.

Mais s’il perd plusieurs parties de suite, les drogues superposées lui édifient sur le nez une espèce de télégraphe bizarre très embarrassant, surtout quand on est camus, ce qui égaye vivement les spectateurs. L’armée française cultive ce jeu avec passion.

Atout ! aout ! ratatout ! je me fends de tout ! la drogue au camarade ! s’écrie avec joie le grenadier héroïque, attends un peu dit le zouave intrépide, je viens de te cueillir un laurier, mais c’est pour t’en faire une drogue et venger l’ami. ”     (Léo de Bernard) 

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C’est après la bataille de Magenta que M. Armand Dumaresq a fait, d’après nature, ce tableau .

La drogue, est une jeu de cartes, il tire son nom  d’un pièce de bois en forme de fourche, que les joueurs fabriquaient eux-mêmes et destinée à coiffer le nez des perdants qui devaient supporter cette pénitence tant qu’ils ne gagnaient pas leur tour.

Des gravures anciennes nous montrent qu’il pouvait être pratiqué par deux ou davantage de joueurs et qu’il pouvait y avoir plusieurs perdants portant chacun une ou plusieurs drogue.

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L’intérieur d’une salle de police de cavalerie, le noble jeu de la drogue.

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« Ce jeu se joue à quatre, deux contre deux; les valets sont les maitres ou Mandrin, celui de trêfle est le gros Mandrin. On ne peut compter de cartes sans valets.Ceux qui perdent, portent sur le nez un morceaux de bois nommé « la drogue », ceux qui trichent portent deux drogues. Celui qui n’a pas de Mandrin perd. On peut y ajouter les coups de tampon. Ce jeu a de l’action et divertie beaucoup les soldats. »

Ce jeu n’est plus pratiqué de nos jours et les règles sont oubliées.

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Celui qui triche lors d’une partie est condamné à porter deux drogues.

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Les vieux soldats de garde à la porte d’Allemagne fumaient leur pipe, et jouaient tranquillement à la drogue comme d’habitude.    (Erckm- Chatr, Histoire paysan)

Deux ou trois jouaient à la drogue, le canonnier avait un bout de bois à cheval sur le nez, tous buvaient.    (Pourrat, Gaspard)

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Assis à la table de jeu, le visage caché derrière les cartes tenues en éventail d’où les pointes de la moustache débordaient, le colonel ne pipait mot. Il essayait de deviner l’intention forcément malveillante de ces deux gaillards. Son œil vif et interrogateur allait de droite à gauche. Il espérait un avis de ses trois partenaires de jeu, mais en vain. A dire vrai chacun, une pince sur le nez, n’en avait cure. Ils étaient bien plus préoccupeés de gagner la partie en cours afin de se débarrasser de leur gage.

Les hussards se mordaient la joue afin de garder leur sérieux tant l’air soupçonneux du colonel dénotait entre les nez pincés.

Contrarié que le colonel puisse être distrait de la partie par la galéjade de ces hussards, un des joueurs abattit son jeu sur la table et posa trois valets qui lui restaient en main.

Colonel, trois mandrins! j’ai gagné! fini la drogue. Il arracha la pince en bois de son nez.  ( Les Loups de l’Empereur Gilles de Becdelièvre)

 

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C’est le jeu de ceux qui n’ont ni argent ni crédit, ou qui, du moins, ne se soucient pas de les risquer sur une carte.

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Dans un poèmes sur les jeux, Joseph Méry, nous signale que la drogue en tant que fourche était aussi utilisée comme  pénitence au jeu du Tric-Trac : Mais nos jeunes soldats, taillent, devant la table où fume la chandelle, ces chevalets de bois, à la serre cruelle, qu’au milieu des conscrits, les vétérans malins, amassent, en riant, sur les nez aquilins.

 

Mais toutes les parties ne finissaient pas aussi bien que nous content les témoins.

Les effets nocifs du jeu de la drogue. 

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Tudieu de nom de Dieu! Trois mandrins d’un coup… Comment Est-ce possible?

Colonel, il a triché, je l’ai vu…

A cette révélation inattendue et brusquement rattrapé par la partie, le colonel oublia aussitôt la présence des intrus. Preuve de la tension qui régnait autour de la table, Maupoint se mit à vitupérer et le ton monta d’un coup entre les joueurs. Devant l’imminence d’une empoignade, les hussards sentirent leur cause perdue.  ( Les Loups de l’Empereur Gilles de Becdelièvre)

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Il semble que la partie se soit terminée en bagarre.

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fichier pdf Règle du jeu de la drogue.

Référence :  Le Monde Illustré 1857.  L’arbitre des jeux, Gabriel de Gonet, 1847. Galicia.  Les mémoires du lieutenant Chevalier

Publié dans : IL Y A DEUX SIECLES. | le 22 septembre, 2007 |Commentaires fermés

29ème Bulletin de la Grande Armée

 

29e Bulletin de la Grande Armée, Molodetchna, 3 décembre 1812

Jusqu’au 6 novembre, le temps a été parfait, et le mouvement de l’armée s’est exécuté avec le plus grand succès. Le froid a commencé le 7 ; dès ce moment, chaque nuit nous avons perdu plusieurs centaines de chevaux, qui mouraient au bivouac. Arrivés à Smolensk, nous avions déjà perdu bien des chevaux de cavalerie et d’artillerie. L’armée russe de Volhynie était opposée à notre droite. Notre droite quitta la ligne d’opération de Minsk, et prit pour pivot de ses opérations la ligne de Varsovie. L’empereur apprit à Smolensk, le 9, ce changement de ligne d’opération, et présuma ce que ferait l’ennemi. Quelque dur qu’il lui parût de se mettre en mouvement dans une si cruelle saison, le nouvel état des choses le nécessitait. Il espérait arriver à Minsk, ou du moins sur la Berezina, avant l’ennemi ; il partit le 13 de Smolensk ; le 16 il coucha à Krasnoï. Le froid qui avait commencé le 7, s’accrut subitement et du 14 au 15 et au 16 le thermomètre marqua 16 et 18 degrés au-dessous de glace. Les chemins furent couverts de verglas ; les chevaux de cavalerie, d’artillerie, de train, périssaient toutes les nuits, non par centaines mais par milliers, surtout les chevaux de France et d’Allemagne. Plus de trente mille chevaux périrent en peu de jours ; notre cavalerie se trouva toute à pied ; notre artillerie et nos transports se trouvaient sans attelages. Il fallut abandonner et détruire une bonne partie de nos pièces et de munitions de guerre et de bouche.
Cette armée, si belle le 6, était bien différente dès le 14, sans cavalerie, sans artillerie, sans transports. Sans cavalerie, nous ne pouvions pas nous éclairer à un quart de lieue ; cependant, sans artillerie, nous ne pouvions pas risquer une bataille et attendre de pied ferme ; il fallait marcher pour ne pas être contraint à une bataille, que le défaut de munitions nous empêchait de désirer ; il fallait occuper un certain espace pour ne pas être tournés, et cela sans cavalerie qui éclairât et liât les colonnes. Cette difficulté, jointe à un froid excessif subitement venu, rendit notre situation fâcheuse. Des hommes que la nature n’a pas trempés assez fortement pour être au-dessus de toutes les chances du sort et de la fortune parurent ébranlés, perdirent leur gaieté, leur bonne humeur, et ne rêvèrent que malheurs et catastrophes ; ceux qu’elle a créés supérieurs à tout conservèrent leur gaieté et leurs manières ordinaires, et virent une nouvelle gloire dans des difficultés différentes à surmonter.
L’ennemi, qui voyait sur les chemins les traces de cette affreuse calamité qui frappait l’armée française, chercha à en profiter. Il enveloppait toutes les colonnes par ses cosaques, qui enlevaient, comme les Arabes dans les déserts, les trains et les voitures qui s’écartaient. Cette méprisable cavalerie, qui ne fait que du bruit et n’est pas capable d’enfoncer une compagnie de voltigeurs, se rendit redoutable à la faveur des circonstances. Cependant l’ennemi eut à se repentir de toutes les tentatives sérieuses qu’il voulut entreprendre ; il fut culbuté par le vice-roi, au-devant duquel il s’était placé, et il y perdit beaucoup de monde.
Le duc d’Elchingen (Ney), qui avec trois mille hommes faisait l’arrière-garde, avait fait sauter les remparts de Smolensk. Il faut cerné et se trouva dans une position critique ; il s’en tira avec cette intrépidité qui le distingue. Après avoir tenu l’ennemi éloigné de lui pendant toute la journée du 18 et l’avoir constamment repoussé, à la nuit il fit un mouvement par le flanc droit, passa le Borysthène et déjoua tous les calculs de l’ennemi. Le 19, l’armée passa le Borysthène à Orcha, et l’armée russe, fatiguée, ayant perdu beaucoup de monde, cessa là ses tentatives.
L’armée de Volhynie s’était portée, dès le 16, sur Minsk et marchait sur Borisof. Le général Dombrowski défendit la tête de pont de Borisof avec trois mille hommes. Le 23, il fut forcé et obligé d’évacuer cette position. L’ennemi passa alors la Berezina, marchant sur Bobr ; la division Lambert faisait l’avant-garde. Le 2e corps, commandé par le duc de Reggio (Oudinot) qui était à Tchareya, avait reçu l’ordre de se porter sur Borisof pour assurer à l’armée le passage de la Berezina. Le 24, le duc de Reggio rencontra la division Lambert à quatre lieues de Borisof, l’attaqua, la battit, lui fit deux mille prisonniers, lui prit six pièces de canon, cinq cents voitures de bagages de l’armée de Wolhynie, et rejeta l’ennemi sur la rive droite de la Berezina. Le général Berkheim, avec le 4e de cuirassiers, se distingua par une belle charge. L’ennemi ne trouva son salut qu’en brûlant le pont, qui a plus de trois cents toises.

Cependant l’ennemi occupait tous les passages de la Berezina : cette rivière est large de quarante toises ; elle charriait assez de glaces, et ses bords sont couverts de marais de trois cents toises de long, ce qui la rend un obstacle difficile à franchir. Le général ennemi avait placé ses quatre divisions dans différents débouchés où il présumait que l’armée française voudrait passer.
Le 26, à la pointe du jour, l’Empereur, après avoir trompé l’ennemi par divers mouvements faits dans la journée d25, se porta sur le village de Stoudienka, et fit aussitôt malgré une division ennemie et en sa présence, jeter deux ponts sur la rivière. Le duc de Reggio passa, attaqua l’ennemi et le mena battant deux heures ; l’ennemi se retira sur la tête de pont de Borisof. Le général Legrand, officier du premier mérite, fut blessé grièvement, mais non dangereusement. Toute la journée du 26 et du 27 l’armée passa.

Le duc de Bellune, commandant le 9e corps, avait reçu ordre de suivre le mouvement du duc de Reggio, de faire l’arrière-garde et de contenir l’armée russe de la Dvina qui le suivait. La division Partouneaux faisait l’arrière-garde de ce corps. Le 27, à midi, le duc de Bellune arriva avec deux divisions au pont de Stoudienka.
La division Partouneaux partit à la nuit de Borisof. Une brigade de cette division, qui formait l’arrière-garde et qui était chargée de brûler les ponts, partit à sept heures du soir ; elle arriva entre dix et onze heures ; elle chercha sa première brigade et son général de division, qui étaient partis deux heures avant et qu’elle n’avait pas rencontrés en route. Ses recherches furent vaines : on conçut alors des inquiétudes. Tout ce qu’on a pu connaître depuis, c’est que cette première brigade, partie à cinq heures, s’est égarée à six ; a pris à droite au lieu de prendre à gauche, et a fait deux ou trois lieues dans cette direction ; que, dans la nuit et transie de froid, elle s’est ralliée aux feux de l’ennemi, qu’elle a pris pour ceux de l’armée française ; entourée ainsi, elle aura été enlevée. Cette cruelle méprise doit nous avoir fait perdre deux mille hommes d’infanterie, trois cent chevaux et trois pièces d’artillerie. Des bruits courraient que le général de division n’était pas avec sa colonne et avait marché isolément.

Toute l’armée ayant passé le 28 au matin, le duc de Bellune gardait la tête de pont sur la rive gauche ; le duc de Reggio, et derrière lui toute l’armée, était sur la rive droite.

Borisof ayant été évacuée, les armées de la Dvina et de Volhynie communiquèrent ; elles concertèrent une attaque. Le 28, à la pointe du jour, le duc de Reggio fit prévenir l’Empereur qu’il était attaqué ; une demi-heure après, le duc de Bellune le fut sur la rive gauche ; l’armée prit les armes. Le duc d’Elchingen se porta à la suite du duc de Reggio, et le duc de Trévise derrière le duc d’Elchingen. Le combat devint vif ; l’ennemi voulut déborder notre droite. Le général Doumerc, commandant la 5e division de cuirassiers, et qui faisaient partie du 2e corps resté sur Dvina, ordonna une charge de cavalerie aux 4e et 5e régiments de cuirassiers, au moment où la légion de la Vistule s’engageait dans les bois pour percer le centre de l’ennemi, qui fut culbuté et mis en déroute. Ces braves cuirassiers enfoncèrent successivement six carrés d’infanterie et mirent en déroute la cavalerie ennemie qui venait au secours de son infanterie : six mille prisonniers, deux drapeaux et six pièces de canon tombèrent en notre pouvoir.
De son côté le duc de Bellune fit charger vigoureusement l’ennemi, le battit, lui fit cinq à six cents prisonniers, et le tint hors de portée du canon du pont. le général Fournier fit une belle charge de cavalerie.
Dans le combat de la Berezina, l’armée de Volhynie a beaucoup souffert. Le duc de Reggio a été blessé ; sa blessure n’est pas dangereuse : c’est une balle qu’il a reçue dans le côté.

Le lendemain 29, nous restâmes sur le champ de bataille. Nous avions à choisir entre deux routes, celle de Minsk et celle de Vilna. La route de Minsk passe au milieu d’une forêt de marais incultes, et il eût été impossible à l’armée de s’y nourrir. La route de Vilna, au contraire, passe dans de très bons pays. L’armée, sans cavalerie, faible en munitions, horriblement fatiguée de cinquante jours de marche, traînant à sa suite ses malades et les blessés de tant de combats, avait besoin d’arriver à ses magasins. Le 30, le quartier général fut à Plechtchennitsy ; le 1er décembre, à Staïki ; et le 3, à Molodetchna, où l’armée a reçu ses premiers convois de Vilna.
Tous les officiers et soldats blessés, et tout ce qui est embarras, bagages, etc. ont été dirigés sur Vilna.

Dire que l’armée a besoin de rétablir sa discipline, de se refaire, de remonter sa cavalerie, son artillerie et son matériel, c’est le résultat de ce qui vient d’être fait. Le repos est son premier besoin. Le matériel et les chevaux arrivent. Le général Bourcier a déjà plus de vingt mille chevaux de remonte dans différents dépôts. L’artillerie a déjà réparé ses pertes. Les généraux, els officiers et les soldats ont beaucoup souffert de la fatigue et de la disette. Beaucoup ont perdu leurs bagages par suite de la perte de leurs chevaux ; quelques-uns par le fait des embuscades des cosaques. Les cosaques ont pris nombre d’hommes isolés, d’ingénieurs-géographes qui levaient des positions, et d’officiers blessés qui marchaient sans précaution, préférant courir des risques plutôt que de marcher posément et dans des convois.
Les rapports des officiers généraux commandant les corps feront connaître les officiers et les soldats qui se sont le plus distingués, et les détails de tous ces mémorables événements.

Dans tous ces mouvements, l’Empereur a toujours marché au milieu de sa Garde, la cavalerie commandée par le maréchal duc d’Istries, et l’infanterie commandée par le duc de Dantzig. Sa Majesté a été satisfaite du bon esprit que sa garde a montré : elle a toujours été prête à se porter partout où les circonstances l’auraient exigé ; mais les circonstances ont toujours été telles que sa simple présence a suffi et qu’elle n’a pas été dans le cas de donner.
Le prince de Neuchâtel, le grand Maréchal, le grand écuyer, et tous les aides de camp et les officiers militaires de la maison de l’Empereur ont toujours accompagné Sa Majesté.
Notre cavalerie était tellement démontée que l’on a dû réunir les officiers auxquels il restait un cheval pour en former quatre compagnies de cent cinquante hommes chacune. Les généraux y faisaient les fonctions de capitaine, et les colonels celles de sous-officiers. Cet escadron sacré, commandé par le général Grouchy, et sous les ordres du roi de Naples, ne perdait pas de vue l’Empereur dans tous ses mouvements.

 
La santé de Sa Majesté n’a jamais été meilleure

 

Publié dans : IL Y A DEUX SIECLES. | le 21 septembre, 2007 |Commentaires fermés

Soleyman êl-Hhaleby, procés et jugement.

 

 Recueil des pièces relatives à la procédure et au jugement  de :

 Soleyman êl-Hhaleby,

«  assassin du général en chef Kleber. »

 

Soleyman êl-Hhaleby,  procés et jugement. dans SOLEYMAN EL-HHALEBY (Suleyman al-Halabi). KleberAssin-300x202

 

L’assassinat de Kleber, qui avait succédé à Bonaparte en tant que commandant en chef de l’armée française d’occupation lorsque ce dernier est retourné en Europe en 1800, continue de fournir des petits mystères à méditer.  L’identité de l’assassin, son motif dans la réalisation de l’assassiner, s’il devait être considéré comme un héros national, un moudjahid, ou un criminel de droit commun  tous ces points restent ouverts.  Si oui, a-t’il agit en son nom propre, ou s’il avait été envoyé par les représentants de la Sublime Porte pour une mission pour mettre fin à l’occupation française de l’Egypte ?

Il y a des incohérences intrigantes de détail : les méthodes utilisées par les Français pour extraire une confession de Soleyman êl-Hhaleby, sa torture et son exécution ( une affaire lente et extrêmement douloureuse sur ce point, au moins, il semble y avoir un certain consensus ), et la décapitation de ses trois complices , cheikhs azharite accusés d’avoir participé au complot visant à fomenter la sédition parmi les habitants du Caire : des points, aussi, ont donné lieu à des interprétations contradictoires . Etait-ce une justice éclairée, ou  un procès fantoche, destiné seulement à enseigner aux indigènes une bonne leçon en mettant des individus choisis au hasard sur la scène . Enfin, même le spectacle offert par la mort de Soleyman est une représentation assez peu glorieuse de la puissance française .  A t ‘il été assisté comme on aurait pu s’attendre.?

Larrey, le médecin militaire en chef récupéra la dépouille de Soleyman êl-Hhaleby pour sa collection. Le crâne de Soleyman, fut montré pendant des années aux étudiants de Médecine à Paris « pour leur faire voir la bosse du crime et du fanatisme avant de finir au Musée de l’Homme »  en tant que  criminel .

Pour être sûr, la peine infligée à Soleyman êl-Hhaleby a été destinée à fournir un exemple : à bon entendeur, salut.

Kleber lui même, aurait-il apprécié ?

 

Accès au compte rendu du procès.

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Procès-verbal et autopsie du cadavre du général en chef KIeber.

Premier interrogàtoire de Soleyman êl-Hhaleby.

Nouvel interrogatoire de Soleyman êl-Hhaleby et ses complices .

Déclaration des témoins .

Proclamations du Général  ABD. J. MENOU .

Réquisitoire et verdict.

Le terrible supplice de Soleyman.

Obsèques du général Kleber.

 

Publié dans : Desaix. le procès de Soleyman êl Halaby | le 21 septembre, 2007 |Commentaires fermés

Procès-verbal et autopsie du cadavre du général en chef KIeber.

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Procès-verbal de la visite du cadavre du général en chef KIeber.

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Procès-verbal et autopsie du cadavre du général en chef KIeber. dans SOLEYMAN EL-HHALEBY (Suleyman al-Halabi). mortuaire-de-kleber-183x300

Masque mortuaire moulé sur le visage de Kleber.

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Le Vingt-cinquième jour de prairial, l’an 8 de la République, nous soussignés, médecin en chef, et chirurgien de première classe, faisant par intérim fonction de chirurgien en chef, appelés vers les deux heures au quartier-général, place Ezbékyéh, au Kaire , par la générale qui battoit, et la rumeur publique qui annonçoit que le général en chef Kleber venoit d’être assassiné ; nous l’avons trouvé venant de rendre le dernier soupir. Un examen attentif a prouvé qu’il avoit été frappé d’un instrument aigu et tranchant; il avoit reçu quatre blessures; la première à la partie supérieure de l’hypocondre droit, et pénétrant dans l’oreillette droite du coeur; la seconde, cinq travers de doigt au-dessous de la première et donnant issue à une portion de l’épiploon ; la troisième, à l’avant-bras gauche, pénétrant d’une part à l’autre entre le radius et le cubitus ; la quatrième, à la partie moyenne et externe de la cuisse droite ; de quoi nous avons dressé procès-verbal en présence de l’ordonnateur des guerres Sartelon, qui a signé avec nous , pour remise dudit acte être faite au général chef de l’état-major général.

 Au quartier-général du Kaire , l’an et jour ci-dessus, à trois heures de l’après-midi ;

Signés  R. DESGENETTES, CASABIANCA et SARTELON.

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Procès-verbal sur les blessures du citoyen Protain.

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Cejourd’hui 25 prairial, an 8 de la République , à trois heures après midi , nous soussignés , médecin en chef, et chirurgien de première classe , faisant par interim fonction de chirurgien en chef, avons , sur la réquisition verbale de l’ordonnateur des guerres Sartelon , dressé procès-verbal de l’état des blessures du citoyen Protain , architecte , et membre de l’institut d’Egypte , assassiné aux côtés du général en chef Kleber, et en lui portant du Secours. Nous l’avons trouvé dans un des appartemens de l’état-major-général, frappé de six blessures, faites par un instrument aigu et tranchant ; savoir, la première à la région temporale gauche, a déchiré la peau , les parties charnues , et coupé la branche antérieure de l’artère temporale la seconde a écarté du reste du métacarpe celui de ses os qui correspond au petit doigt ; la troisième est à la partie postérieure et gauche du thorax, entre la sixième et la septième des vraies côtes ; la quatrième est dans la région lombaire gauche ; la cinquième , sur l’angle gauche de la màchoire ; la sixième a sillonné peu profondément le muscle pectoral gauche , en foi de quoi nous avons signé avec ledit commissaire-ordonnateur.

Au quartier-général du Kaire , l’an , jour et heure ci-dessus. Signés R. Desgenettes, Casabianca, et Sartelon.

 

(Sources: Pièces diverses et correspondances, relatives aux opérations de l’armée d’Orient en Egypte.)

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Publié dans : Desaix. le procès de Soleyman êl Halaby | le 21 septembre, 2007 |Commentaires fermés

Premier interrogàtoire de Soleyman êl-Hhaleby.

 

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Premier interrogatoire de Soleyman êl-Hhaleby.

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  Aujourd’hui 25 prairial, an 8 de la République française dans la maison du général de division Damas , chef de l’état- major général , a été conduit , par un sous- officier des guides , un homme du pays, prévenu d’avoir assassiné le général en chef Kleber ; lequel accusé a été reconnu par le citoyen Protain ingénieur , qui avec le général lors dudit assassinat , et qui a reçu lui-même plusieurs coups de poignard ; ledit accusé’ ayant d’ailleurs été remarqué à la suite du général depuis Gizeh , et ayant été trouvé caché dans le jardin où s’est commis ledit assassinat , dans lequel jardin on a aussi trouvé , à la même place il a été pris , le poignard duquel le général a été blessé, et divers haillons appartenant audit prévenu.

     De suite il a été procédé à son interrogatoire par le général de division Menou , le plus ancien de grade de l’armée , commandant au Kaire ; lequel interrogatoire a été fait par l’entremise du citoyen Bracewich , premier secrétaire interprète de l’état-major, et rédigé comme il suit par le commissaire-ordonnateur Sartelon , requis a cet effet par le général Menou.

Le dit prévenu interrogé de son nom , âge, domicile et profession , a répondu s’appeler Soleyman , natif de la Syrie , âgé de vingt quatre ans , être écrivain arabe de profession , et avoir été ci-devant domicilié à Hhaleb ( Alep ),

     Intérrogé combien il y a de temps qui il est au Kaire ;

     A répondu qu’il y est depuis cinq mois et qu’il est venu avec une karavanne , dont le conducteur est le cheykh arabe Soleyman Bourygy.

     Interrogé de quelle religion il est   ;

     A répondu être de la religion musulmane , avoir demeuré déja trois ans au Kaire et trois autres années à la Mekke et à Médine.

      Interrogé s’il connoît le grand-vizir , et s’il l’a vu depuis quelque temps ;

      Répondu qu’un Arabe comme lui ne connoit point le grand-vizir.

      Interrogé quelles sont ses connoissances au Kaire;

     Répond qu’il n’en a point ; mais qu’il se tient souvent près de la grande mosquée , dite Gamè-èl-Azard ; qu’il est connu de tout le monde, et que beaucoup de gens rendront compte de sa bonne conduite.

Interrogé s’il est allé ce matin à Gizeh ;

     Répondu que oui , qu’ il cherchoit de l’emploi pour écrire , mais qu’il n’en a point trouvé.

     Interrogé quelles sont les personnes pour lesquelles il a écrit le jour précédent ;

     Répondu qu’elles sont toutes parties.

     Interrogé comment il est possible qu’il ne connoisse aucun de ceux pour lesquels il a écrit ces jours passés , et qu’ils soient tous partis ;

     Répond qu’il ne connoissoit pas ceux pour qui il écrivoit , et qu’il est impossible de se rappeler leurs noms.

  Interrogé quel est le dernier pour lequel il a écrit ;

    Répond qu’il s’appelle Mohhammed Moghrebyès – Souéys vendeur d’eau de réglisse ; mais qu’il n’a écrit pour personne à Gizeh.

    Interrogé de nouveau sur ce qu’il alloit faire à Gizeh  ;

    Répond qu’ il y alloit pour demander à y être employé en sa qualité d’écrivain

    Interrogé comment il a été pris dans le jardin du général en chef ;

    Répond qu’il n’a pas été pris dans le jardin , mais dans le grand chemin,

    Représenté qu’il ne dit pas la vérité, puisque les guides du général l’ont pris dans son jardin ou il étoit caché , et ont même trouvé un poignard qui lui a été exhibé ;

    Répond qu’il est vrai qu’il étoit dans le jardin , mais qu’il n’y étoit pas caché; qu’il s’y étoit assis , parce que des cavaliers gardairent toutes les avenues , et qui il ne pouvoir pas aller au Kaire ; qu’il n’avoir point de poignard, et qui il ignore s’il y en avoit dans le jardin.

   Interrogé pourquoi il suivoit depuis le matin le général en chef;

     Répond que c’étoit pour avoir le plaisir de le voir.

     Interrogé s’il reconnoît une lisière de drap vert qui semble faire partie d’une semblable qu’il a sur lui , et qui a été trouvée dans le jardin à l’endroit où le général en chef a été assassiné;

     Répond que cela ne lui appartient point.

     Interrogé s’il a parlé à quelqu’un a Gizeh , et où est-ce qu’il a couché ;

     Répond qu’il n’a parlé à personne que pour acheter divers objets , et qui il a couché à Gizeh dans une mosquée.

     A lui représenté que les blessures qu’il a à la tête prouvent que c’est lui qui a assassiné le général , puisque le citoyen Protain , qui était avec lui , et qui le reconnoit , lui a donné des coups de bâton qui l’ont blessé ;

      Répond qu’il n’a été blessé que lorsqu’il a été pris.

      Interrogé s’il n’a pas parlé ce matin à Housseyn Kyachef, et à ses mamlouks ;

      Répond qu’il ne les a pas vus et qu’il ne leur a pas parlé.

  L’accusé persistant dans ses dénégations, le général a ordonné qu’il reçût la bastonnade , suivant l’usage du pays : elle lui a été infligée de suite, jusqu’à ce qu’il ait déclaré qu’il étoit prés à dire la vérité. Il a été délié et interrogé de nouveau de la manière qui suit :

     Interrogé depuis quand il est au Kaire ;

    Répond qu’il y est depuis trente-un jours , et qu’il est venu de Ghazah en six journées sur un dromadaire.

     Interrogé pourquoi il est venu ;

     Répond qu’il est venu pour assassiner le général en chef.

     Interrogé par qui il a été envoyé pour commettre le dit assassinat ;

     Répond qu’il a été envoyé par l’agha des janissaires ; qu’au retour de l’Egypte les troupes musulmanes ont demandé à Alep quelqu’un qui put assassiner le général en chef de l’armée française ; qu’on a promis de l’argent et des grades militaires , et qu’il s’est présenté pour cet objet.

    Interrogé quelles sont les personnes auxquelles il a été adressé en Egypte ; s’il a fait part à quelqu’un de son projet , et ce qu’il a fait depuis son arrivée au Kaire;

  Répond qu’il n’a été adressé à personne et qu’il est allé s’établir à la grande mosquée ; qu’il a vu les chefs de la loi Mohhammed él Ghazzy, Seyd Ahhmed èl-Oualy,Seyd A’bd-allah èl Ghazzy,  et Seyd A’bd-él-Qadyr él Ghazzy , qui logent dans ladite mosquée ; qu’ils lui ontconseillé de ne pas exécuter son projet , parce que cela seroit impossible , et qu’il seroit tué; qu’on auroit pu charger d’autres que lui de cette mission; qu’il les a entretenus tous les jours de son dessein , et qu’hier enfin il leur a dit qu’il vouloit terminer cela , et assassinerle général ; qu’il est allé à Gizeh pour voir s’il pourroit réussir ; qu’il s’est adressé aux matelots de la cange du général pour savoir s’il sortoit ; qu’on lui à demandé ce qu’il vouloit, et qu’ayant répondu qu’il désiroit lui parler, ils lui ont dit qu’il alloit tous les soirs dans le jardin ;  que ce matin il a vu le général aller au Meqyâs et au Kaire , et qu’il l’a suivi jusqu’à ce qu’il l’ait assassiné.

     Le présent interrogatoire fait par le général Menou , en présence des généraux de l’armée , des officiers de l’état-major , et des corps assemblés à l’état-major général , a été clos et signé par le général Menou , et le commissaire – ordonnateur Sartelon, soussignés,  les jour , mois , et an que des autres parts ; l’accusé après lecture , a pareillement signé. Signature de l’accusé en lettres arabes. Le général de division Menou , le général de division Friand, le général de division Régnier , le général de division Damas , l’adjudant-général Valentin, l’adjudant général Morand , l’adjudant-général Martinet , Leroy , Sartelon, Baptiste Santi Lhomaca , drogman ; Jean Renuo , interpréte du général en Chef ; Damien Bracevich.

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   Premier interrogàtoire de Soleyman êl-Hhaleby. dans SOLEYMAN EL-HHALEBY (Suleyman al-Halabi). menou--206x300

Général Menou.

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Interrogatoire des trois cheykhs accusés.

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       Cejourd’hui 25 prairial , an 8 de la République française , à huit heures du soir, ont été conduits dans la maison du général Menou , commandant l’armée , les nommés Seyd A’bd – Allah él-Ghazzy, Mohhammed él – Ghazzy , et Seyd Ahhmed èl-Oualy, tous les trois accusés de complicité dans l’assassinat du général en chef Kleber.

      Le général Menou ayant ordonné leur interrogatoire, il a été procédé en présence de divers généraux réunis à cet effet , par l’entremise du citoyen Lhomaca , interprète , de la manière qui suit ;

   Le nommé Seyd A’bd-Allah él-Ghazzy a été interrogé le premier , séparément , comme ci-après ;

     Interrogé de ses noms, âge et profession ;

     Répond s’appeler Seyd A’ bd- Allah él-Ghaz7y , natif de Ghazah, domicilié au Kaire , où il exerce depuis dix ans l’emploi de lecteur du koràn à la grande mosquée dire Gamè – èl – Azhar, et ne pas savoir son âge , qu’il croit être environ trente ans.

     Interrogé s’il demeure à la mosquée et s’il a connoissance des étrangers qui viennent y loger;

     Répond qu’il reste nuit et jour dans la mosquée , et qu’il est à portée de connoître les étrangers qui il remarque.

     Interrogé s’il a connu des hommes arrivant de la Syrie il y a un mois ;

     Répond que  depuis cinquante jours il n’a vu arriver personne de la Syrie.

    A lui représenté qu’un homme , arrivé de l’armée du vizir depuis trente jours , déclare le connoître , et qu’il ne paroît pas dire la vérité ;

   Répond qu’il s’occupe uniquement de son emploi , qui il n’a vu personne de la Syrie , mais qu’il a entendu dire qu’il étoît arrivé une karavanne de l’Orient.

     A lui représenté de nouveau que des hommes arrivés de la Syrie soutiennent lui avoir parlé et le connoître ;

     Répond que cela est impossible, et qu’on peu  le confronter avec ceux qui l’accusent.

     Interrogé s’il ne connoît pas un nommé Soleyman, écrivain arabe , venu d’Alep depuis trente-un jours ;

      Répond que non.

     A lui représenté que cet homme assure l’avoir vu , et lui avoir communiqué divers objets importans  ;

     Répond qu’il ne l’a pas vu , que cet homme a menti et qu’il consent à périr s’il est convaincu de ne pas dire la vérité.

      De suite le général ayant fait appeler  Mohhammed él-Ghazzy également prévenu de complicité dudit assassinat, il a été procédé à son interrogatoire comme il suit :

      Interrogé de ses noms , âge , demeure et profession

 Répond s’appeler Cheykh Mohhammed êl-Ghazzy âgé d’environ vingt-cinq ans, natif de Ghazah, et domicilié au Kaire , il exerce l’état de lecteur du koran à la grande mosquée dite él- Azhar , depuis cinq ans , et d’où il ne sort que pour prendre des vivres.

      Interrogé s’il connoit les étrangers qui viennent loger à la mosquée ;

      Répond qu’il en vient quelquefois mais que le portier seul a affaire à eux ; que pour lui il couche quelquefois à la mosquée ou chez le cheykh Cherkaoui.

       Interrogé s’il ne connoit pas un nommé Soleyman , venu de la Syrie il y a environ un mois ;

      Répond qu’il ne le connoit pas , qu’il ne peut voir tous ceux qui arrivent , parce que la mosquée est grande.

      Interrogé de déclarer ce que lui a dit Soleyman , attendu qu’il a assuré lui avoir parlé à la mosquée  ;

     Répond  qu’il le connoit depuis trois ans , qu’ il sait qu’il a été à la Mekke,  mais que depuis cette époque il ne l’a pas vu,  et que s’il est revenu c’est à son insu.

      Interrogé si Seyd A’bd-Allah èl-Ghazzy l’a connu aussi ;

Répond que oui.

      A lui représenté qu’il est sûr qu’il a causé long-temps hier avec ce Soleyman , et qu’il y a des preuves à cet égard  ;

      Répond que cela est vrai.

      Interrogé de dire pourquoi il a commencé de dire qu’il ne l’a point vu  ;

      Répond qu’il ne croit pas l’avoir dit ,  et que les interprètes se sont trompés.

      Interrogé si ce Soleyman ne lui auroit pas parlé d’une chose très-criminelle, ce qui est d’autant plus vrai qu’on sait qu’il a voulu l’en empêcher ;

      Il répond qui il ne sait rien de cela ; que Soleyman a fait différens voyages au Kaire, et qui il y est depuis un mois.

      A lui représenté qu’il y a des preuves que ce Soleyman lui a dit qu’il vouloit tuer le général en chef, et qui il a voulu l’en empêcher ;

Répond qu’il ne lui en a pas parlé ; que hier seulement il lui a dit qu’il s’en alloit , et qu’il ne reviendroit plus.

      De suite le nommé Seyd A’bd-Allah èl-Ghazzy a été reconduit pour être interrogé de nouveau ainsi qu’il suit  :

     Interrogé pourquoi il a dit qu’ il ne connoissoit pas le nommé Soleyman d’Alep, lorsqu’on a des preuves que depuis trente – un jours il l’a vu souvent , et lui a parlé tous les jours  ;

      Répond qu’il est vrai qu’il ne le connoit pas.

      Interrogé s’il ne connoît pas le nominé Mohhammed èl-Ghazzy, qui est comme lui lecteur à la grande mosquée dite èl-Azhar  ;

      Répond que oui.

      Et de suite lesdits cheykhs ont été confrontés de la manière qui suit   ;

     Interrogé ledit Mohhammed èl-Ghazzy s’il n’a pas dit que Seyd,A’ bd-Allah connoissoit ledit Soleyman ;

 Répond que oui.

     Interrogé ledit Seyd A’bd-Allah pourquoi il a nié la vérité  ;

    Répond qu’on lui  a mal expliqué la demande , et que maintenant qu’on lui a parlé de Soleyman d’Alep , il avoue qu’ il le connoit.

      A lui représenté qu’on sait qu’il a vu Soleyman plusieurs fois et qu’il lui a parlé souvent ;

     Répond qu’il y a trois jours qu’il ne l’a pas vu.

     Interrogé s’il n’a pas voulu l’empécher d’assassiner le général en chef ;

    Répond qu’il ne lui a jamais parlé de ce projet , et que , s’il l’avoit fait , il l’auroit empêché de tout son pouvoir.

    Interrogé pourquoi il ne dit pas la vérité, puisqu’il y a des  preuves ;

    Répond que cela ne peut pas étre , et qu’il n’a vu ledit Soleyman que pour se saluer réciproquement lorsqu*ils se sont rencontrés.

Interrogé si Soleyman ne lui avoit pas dit ce qui il venoit faire au Kaire ;

     Répond qu’il ne lui a jamais dit.

    Les deux prévenus ont été reconduits ; et le nommé Seyd Ahhmed él-Oualy a été amené pour être interrogé à son tour sur les faits ci-après  ;

     Interrogé de ses noms , âge , demeure et profession ;

     Répond s’appeler Seyd Ahhmed êl – Oualy , natif de Ghazah ;  être lecteur du koran à la grande mosquée depuis environ dix ans , et ne pas savoir son âge.

      Interrogé s’il a connoissance des étrangers qui arrivent à la mosquée  ;

      Répond que son état est de lire le koran à la grande mosquée , qu’il ne s’occupe pas des étrangers.

      A lui représenté que des étrangers arrivés depuis quelque temps, disent l’avoir vu à la mosquée ;

  Répond qu’il n’a vu personne.

      Interrogé s’il n’a pas vu un homme arrivé de Syrie , et envoyé par le grand-vizir , lequel homme assure le connoitre ;

      Répond que non , et qu’on peut faire venir cet homme pour le confronter avec lui.

      Interrogé s’il connoît le nommé Soleyman d’Alep  ;

     Répond qu’il connoît un nommé Soleyman qui alloit étudier chez  un effendy, que cet homme étoit postulant pour entrer dans les mosquées ; qui lui a dit être d’Alep ; qu’il I’a vu il y a vingt jours , que depuis il ne l’a pas rencontré ; qu’il !ui a dit que le vizir étoit à Jaffa , et que ses troupes étoient mal payées , et le quittoient.

      Interrogé s’il n’est pas le protecteur de ce Soleyman qui s’est réclamé de lui ;

      Répond qu’il ne le connoît pas assez pour en répondre.

      Interrogé si les deux prévenus d’autre part ne sont pas de sa connoissance , et si tous les trois ensemble n’ont pas parlé à Soleyman depuis peu de temps et notamment hier;

Répond que non ; que cependant il sait que ce Soleyman est venu faire des  invocations dans la mosquée , qu’il y a placé des papiers dont le contenu étoit qu’il avoit confiance dans son créateur.

        Interrogé si hier il n’étoit pas venu aussi placer de ces papiers ;

        Répond qu’il n’en sait rien.

        Interrogé s’il n’a pas voulu empêcher Soleyman de commettre une action criminelle ;

        Répond qu’il ne lui a jamais parlé de cela ; que cependant il lui a raconté qu’il vouloit faire des folies , dont il a cherché à le détourner.

        Interrogé quelles étoient les folies dont il lui a parlé  ;

        Répond qu’il lui a dit qu’il vouloit entrer dans le combat sacré et que ce combat consiste à tuer un infidèle , sans cependant qu’il lui ait nommé personne ; qu’il a voulu l’en détourner , en lui disant que Dieu avoit donné le pouvoir aux Français , et que rien ne pouvoit les empècher de gouverner le pays.

 Ledit accusé a été reconduit , et le présent interrogatoire a été clos en présence des officiers généraux assemblés , et signé tant par le général Menou que par le commissaire-ordonnateur Sartelon qui a rédigé ce présent interrogatoire , requis à cet effet par le général Menou. Lecture faite aux accusés , ils ont persisté , et ont signé.

          Au Kaire , les jour , mois et an que dessus.

         Suivent trois signatures en arabe.

         Signé   le général de division AB. J. MENOU , SARTELON B. SANTI  LHOMACA , DROGMAN.

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(Sources: Pièces diverses et correspondances, relatives aux opérations de l’armée d’Orient en Egypte.)

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Publié dans : Desaix. le procès de Soleyman êl Halaby | le 21 septembre, 2007 |Commentaires fermés

Nouvel interrogatoire de Soleyman êl-Hhaleby et de ses complices .

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Nouvel interrogatoire de Soleyman èl-Hhaleby.

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Nouvel interrogatoire de Soleyman êl-Hhaleby et de ses complices . dans SOLEYMAN EL-HHALEBY. SOLEYMAN-193x300·

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Cejourd’hui vingt-six prairial , an huit de la République française, moi soussigné , conimissaire-ordonnateur, remplissant  les fonctions de rapporteur près la commission chargée de juger les assassins du général en chef Kleber,  ai fait traduire devant moi le nommé  Soleyman d’Alep, prévenu dudit assassinat, pour l’ interroger de nouveau sur les  faits ci-après ; auquel intérrogatoire j’ai procédé , assisté du citoyen Pinet , greffier nommé par la commission , et par l’entremise du citoyen Bracewich , premier secrétaire interprète du général en chef.

       Interrogé de nouveau sur les faits résultans dudit assassinat;

      A répondu qu’il était venu sur un dromadaire faisant partie d’une karavanne arabe , chargée de savon et de tabac ; que cette karavanne craignant d’entrer au Kaire, s’en est allée directement au village de Ghayttah , province d’Attfiéhhly ; que là il a pris un âne pour se rendre au Kaire ; qu’il avoit loué cet âne à un paysan qu’il ne connoît pas ;

      Qu’il a été chargé d’assassiner le général par Ahhmed , agha et Yassyn , aga des janissaires d’Alep; que ces deux aghas lut avoient bien défendu de s’en ouvrir à qui que ce fût, parce que c’étoit une chose délicate  ;  qu’on l’a envoyé , parce qu’il connaissait beaucoup le Kaire où il avoit resté trois ans ; qu’on lui a dit d’aller à la grande rnosquée , de bien prendre son temps et ses mesures , et de ne pas manquer de tuer le général ;

      Qu’il s’est ouvert cependant aux quatre cheykhs qu’il a nommés parce que sans cela ils n’auroient pas voulu le loger à la mosquée ; qu’il leur a parlé tous les jours de son projet , dont ils ont voulu le détourner , en lui disant que cela était impossible; qu’il ne les avoit pas priés de lui aider , parce qu’ils sont trop poltrons ;

      Que le jour où il s’est déterminé à consommer ledit assassinat, il n’a trouvé des quatre cheyks qu’il a nommés que Mohhammed él -Ghazzy , à qui il a dit qu’il alloit à Gizeh pour cet objet ; qu’il étoit seul pour assassiner le général , et qu’il croit qu’il étoit fou depuis qu’il avoir fait ce projet , puisque sans cela il ne serait jamais venu de Ghazali pour consommer l’assassinat auquel il s’est porté ;

      Que les papiers qu’il a mis dans la mosquée n’étoient que des versets du koran, l’usage des écrivains arabes étant d’y en mettre souvent;

      Qui il n’a reçu d’argent de personne au Kaire ; que les aghas lui en avoient donné ;

      Que I’effendy chez qui il a étudié s’appelle Mustapha effendy, chez qui il alloit, suivant l’usage, tous les lundi et jeudi ;mais qu’il n’a pas osé lui en parler, parce qu’il craignoit d’être trahi ;

      Mais qu’il a dit aux quatre cheykhs qu’il a nommés quels étoient ses projets , parce qu’ils étoient Syriens comme lui ; qu’il leur a communiqué l’intention où il étoit  d’entrer dans le combat sacré, et qu’il l’a réellement dit à tous les quatre.

      Interrogé où il étoit lorsque le vizir est venu de l’Egypte au commencement du mois de germinal dernier , correspondant au mois turk appelé dou-I-qa’déh ;

       A répondu qu’il étoit à Jérusalem où il faisoit un pélerinage , et où il étoit même auparavant lorsque le vizir a pris él-A’rych.

       Interrogé  où  est-ce qu’ il a vu Ahhmed ,  agha , qu’il assure lui avoir proposé cet assassinat, et quel jour il l’a vu  ;

      Répond que lorsque le vizir a été battu,  il s’est retiré vers êl-A’rych et Ghazah , à la fin du mois turk chaoual, ou au commencement du mois dou-l-qa’déh , qui, correspond au mois de germinal de l’ère française; que Ahhmed agah faisait partie de cette armée ; qu’il étoit , depuis la prise d’él-A’ryh , détenu à Ghazah par l’ordre du vizir ; que cet agha a été transféré à Jérusalem dans la maison du Montsellem ou gouverneur de la ville ; que lui Soleyman étoit à cette époque à  Jérusalem ; qu’il est allé voir Ahhmed agha , le premier jour de son arrivé, pour se plaindre à lui de ce que son père, nommé Hhagy Mohhamed Amyn,  marchand de beurre à Alep , éprouvoit toujours des avanies par Ibrâhym , pâchâ dudit Alep ; qu’il lui en avoit fait une assez considérable avant, le départ du vizir de Damas pour Venir en Egypte ; que cette avanie avoit été payée;  que craignant qu’elles ne se renouvelassent , il lui avoit demandé sa protection ;

       Qu’il étoit retourné le jour suivant chez ledit Ahhmed agha ;  que ce jour là  l’agha lui avoit dit qu’il étoit l’ami d’Ibrâhim pâchâ , et qui il lui rendroit service auprès de lui s’il vouloit se charger de tuer le général de  l’armée  française ;

      Que le troisième et  le quatrième jour il lui avoit  fait les mêmes propositions, et qu’alors il l’avoit adressé à Yassyn agha , qui étoit à Ghazah , pour le défrayer ; qu’il étoit parti de Jérusalem  trois ou quatre jours après pour se rendre au village Khalil ,  sans qu »il eût reçu aucune lettre d’Ahhmed agha , qui avoit envoyé un domestique à Ghazah pour instruire de tout Yassyn  agha.

       Interrogé combien il a demeuré de temps à Kalil ;

       Répond qu’il y a demeuré vingt jours.

       Interrogé  pourquoi il a demeuré vingt  jours dans ce village , et s’il n’a reçu aucunes lettres des deux aghas ;

       Répond que non ; qu’ils lui ont , seulement offert la leur en cas qu’il parvint a réussir.

       Interrogé si le vizir a fait des proclamations contre les Français pour les faire assassiner ;

       Répond qu’il n’en sait rien ; qu’il sait seulement que le vizir avoit envoyé Trahir pàchâ pour secourir les insurgés du Kaire , et que ce pâchâ est rentré lorsqu’il a trouvé les osmanlis qui se retiroient.

       Interrogé s’il est le seul qui ait été chargé de cette mission

       Répond qu’il le croit , et qui il étoit seul dans le secret avec les deux aghas.

       Interrogé comment il devait informer les deux aghas de cet assassinat ;

        Répond qu’il devoit les aller trouver ,  ou leur envoyer promptement un exprès.

        Le présent interrogatoire a été clos par moi rapporteur soussigné, et il a été signé par l’accusé après lecture , et par le greffier et l’inferprête.

       Au Kaire ,  les jour , mois et an que d’autre part.

        Suit la signature de l’accusé en arabe.

                           Signé    Sartelon  ,  Damien Bracewich  ,  Pinet , greffier.

 

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Confrontation des accusés.

 

        Cejourd’hui 26 prairial an 8 de la République française , moi soussigné , rapporteur de la commission chargée de juger les assassins du général en chef Kléber, ai fait appeler le chcykh Mohhammed – èl – Ghazzy , prévenu de complicité dans ledit assassinat , pour l’interroger de nouveau et le confronter avec Soleyman d’Alep , prévenu d’être l’auteur dudit crime, auxquels interrogatoire et confrontations, j’ai procédé de la manière qui suit , conjointement avec le citoyen Pinet , greffier de ladite commission.

        Interrogé  ledit cheykh Mohhammcd él-Ghazzy s’il connoît le nommé Soleyman d’Alep ici présent ;

       Répond que oui.

       Interrogé ledit Soleyman d’Alep  s’il connoît le nommé Mohhammed él-Ghazzy ici présent ;

       Répond que oui.

       Interrogé   le nommé Mohhammed èl-Chazzy si Soleyman d’Alep ici présent ne lui a confié , depuis trenre-un jours qu’il était au Kaire , le dessein où il étoit de tuer le général en chef ; s’il ne lui a pas dit qu’il était venu de la Syrie pour cet objet ,  de la part des aghas Ahhmed et Yassyn ; s’il ne les en a pas entretenus à peu-près tous les jours ; et enfin si , la veille du jour où il a assassiné le général en chef, il ne lui a pas dit qu’il partait pour aller à Gizeh dans le dessein de le tuer ;

      A répondu que tout  cela est faux ; que lorsqu’ils se sont vus ils se sont seulement salués , et que la veille du jour où il est parti poup Gizeh , il lui a apporté du papier et de l’encre , et lui a dit qu’il ne reviendrait que le lendemain.

      A  lui représenté qu’il ne dit pas la vérité , puisque Soleyman qui est ici présent soutient qu’il lui a parlé tous les jours , et notamment la veille de l’assassinat , du dessein où il étoit de tuer le général;

      Répond que cet homme ment.

      Interrogé s’il ne va pas coucher souvent chez le cheykh Cherkaoui , et s’il n’y a pas été coucher ces jours derniers ;

      Répond que depuis l’arrivée des Français il n’y a jamais couché , et qu’il y alloit coucher quelquefois auparavant.

      A lui représenté qui il ne dit pas la vérité , puisque dans son interrogatoire d’hier il a déclaré qu’il alloit souvent coucher chez le cheykh Cherkaoui ;

      Répond qu’il ne l’a pas dit.

      Interrogé le nommé Soleyman de déclarer s’il persiste à soutenir au cheykh Mohhammed ici présent qui il lui a parlé tous les jours du projet où il étoit d’assassiner le général , et notamment la veille dudit assassinat ;

      Répond que oui ; qu’il a dit la vérité , et que le cheykh Mohhammed  èl-Ghazzy a peur.

      Le cheykh Mohhammed èl-Ghazzy persistant dans ses dénégations ,  j’ai jugé convenable, vu les preuves acquises , de lui faire infliger la bastonnade , suivant l’usage du pays , pour qu’il déclare ses complices : elle lui a été donnée jusqu’à ce qu’il ait promis de dire la vérité ; après quoi il a été délié et interrogé de nouveau , ainsi qui il suit :

      Interrogé si Soleyman lui a fait part de son projet d’assassiner le général en chef ;

      Répond qu’il lui a dit souvent qu’il étoit venu de Ghazah pour entrer dans le combat sacré contre les infidèles français ; qu’il  l’en a détourné en lui disant que cela aurait une mauvaise fin ;. que ce n’est que la veille de l’assassinat qu’il lui a dit qu’il vouloit  tuer le général en chef.

      Interrogé pourquoi il n’est pas venu dénoncer ledit Soleyman ;

      Répond que c’est parce qui il n’avoit  jamais cru qu’un homme de sa façon pùt tuer le général en chef, lorsque le vizir n’avoit pu le faire.

      Interrogé s’il n’a pas fait part  de ce que lui a dit Soleyman à plusieurs personnes de la ville , notamment au cheykh Cherkaoui ;

      Répond qu’il n’en  a parlé à personne , et  que quand on le  tueroit il ne le diroit pas.

      Interrogé s’il sait qu’il y ait au Kaire  d’autres personnes chargées d’assassiner les Français, et où elles sont ;

      Répond qu’il n’en a point connoissance , et que Soleyman ne lui en a jamais parlé.

      Interrogé ledit Soleyman de déclarer également où sont ses complices ;

      Répond qu’il n’en a point au Kaire , et qu’il ne croit pas qu’il y ait d’autres personnes que lui pour assassiner les Français.

      De suite ledit Mohhammed  él Ghazzy a été conduit à sa prison , et Soleyman est resté pour  être confronté avec Seyd Ahhmed  él-Oualy , qui a été amené pour cet objet.

      Interrogé s’il connoit Soleyman d’Alep ici présent ;

      A  répondu que oui.

     Interrogé ledit Soleyman s’il connoit le nommé Seyd Ahhmed èI-Oualy ici présent ;

     A répondu également que oui.

     Interrogé le cheykh Seyd Ahhmed él-Oualy si Soleyman lui a fait part d’assassiner le général français, notamment la veille dudit assassinat;

     Répond que Soleyman à sort arrivée , il y a environ trente jours , lui a dit qu’il venoit pour entrer dans le combat sacré contre les infidèles; qu’il l’en a détourné en lui disant que cela n’étoit pas bien fait ; mais qu’il ne lui a pas dit qu’il voulût assassiner le général en chef.

     Interrogé ledit Soleyman de déclarer s’il a dit à Seyd Ahhmed  él-OuàIy qu’il vouloit  assassiner le général en chef , et combien avant l’assassinat il y avoit  de jours qui en avoit  parlé ;

    Répond que les premiers jours de son arrivée il lui a dit qu’il venoit pour entrer dans le combat sacré , ce qu’il a désapprouvé , que six jours après il lui a fait part de son projet d’assassiner le général  ; que depuis il ne lui en a plus parlé ; et qu’il  y avoit  quatre jours qui il ne l’avoit  pas vu lors dudit assassinat.

    Représenté à Scyd Ahhmed èI-Oualy qu’il n’a pas dit  la vérité , en assurant que Soleyman ne lui a pas fait part de son projet d’assassiner le général ;

    Répond que maintenant que Soleyman le lui a rappelé il s’en souvient.

    Interrogé  pourquoi  il n’a pas dénoncé ledit  Soleyman  ;

    Répond que c’est pour deux motifs; le premier , parce qu’il croyoit qui il mentoit ; et le second , parce qu’il le méprisoit trop pour le croire capable d’une pareille action .

    Interrogé si Soleyman lui a dit qu’il eût quelque complice , et si lui Seyd Ahhmed èl-Oualy en a parlé à quelqu’un , notamment au cheykh de la grande mosquée, à qui il doit rendre compte de tout ce qui s’y passe ;

     Répond que Soleyman ne lui a point dit qu’il eût des complices qu’il n’a pas cru qu’il fût deson devoir d’en prévenir le cheykh  de la mosquée , et qu’il n’en a parlé  lui- même à personne.

    Interrogé s’il avoit connaissance d’un ordre du général en chef, qui ordonne de dénoncer tous les osmanlis qui arrivent au Kaire ;

    Répond qu’il n’en a pas connoissance.

    Interrogé de déclarer s’il n’a pas logé Soleyman à la mosquée parce qui i! a déclaré qu’il venoit  pour assassiner le général ;

    Répond que non ; que tous les musulmans peuvent loger à la Mosquée.

    Interrogé Soleyman s’il n’a pas dit qu’on ne l’auroit pas-reçu , s’il n’avoit pas déclaré quel étoit le motif qui l’amenoit au Kaire ;

    Répond que les arrivans sont obligés de le dire , mais qu’il doit à la vérité de déclarer qu’aucun des cheykhs n’a approuvé son projet .

    Ledit Seyd Ahhmed èI-Oualy a  être reconduit , et Soleyman est resté pour être confronté à Seyd  A’bd-Allah êl-Ghazzy  qui a été amené pour cet objet.

     Interrogé ledit Seyd A’bd.-Allah él-Ghazzy s’il  connoit  ledit Soleyman ici présent ;

     Répond que oui.

     Interrogé le nommé Soleyman s’il connait ledit Seyd A’ bd- Allah él- Ghazzy ici présent ;

     Répond que oui.

     Interroge Seyd A’bd – Allah éI-Ghazzy s’il n’avoit pas connoissance du projet de Soleyman pour assassiner le général en chef ;

     Répond et avoue qu’à son arrivée il lui a fait part de son dessein de combattre les infidèles et de tuer le général en chef, et qu’il a voulu l’en détourner.

     Interrogé pourquoi il n’a pas dénoncé ledit Soleyman .

     Répond qui il croyoit  qu’il serait allé trouvez les grands cheykhs du Kaire qui l’en auroient détourné , et qu’il  le fera à l’avenir.

     Interrogé s’il a parlé de ce projet à qhelqu’un , et s’il sait que Soleyman en ait également fait part à quelques personnes du Kaire ;

     Répond qu’il n’en sait rien,

     Interrogé s’il sait qu’il y ait au Kaire d’autres personnes chargées d’assassiner les Français ;

     Répond qui n’en sait rien et qu’il ne le croit pas.

     Lecture faite du présent procès-verbal de confrontation à Soleyman accusé , à Mohhammed él-Gliazzy,  à Seyd Ahhmed él-Oualy, et à Seyd A’bd-Allah él-Ghazzy , ils ont déclaré que leurs réponses contiennent vérité , qu’ils n’ont rien à ajouter ni diminuer , qu’ils persistent ; et ont signé avec nous , Braceswich et Lhomaca , interprètes , et le greffier.

        Au Kaire , les jour , mois et an que d’autre part.

        Suivent les signatures des accusés en arabe.

        Signé Baptiste Santi  Lhomaca , drogman ; le premier secrétaire – interprète du géniral en chef,  Damien

                    BRACEWICH ; SARTELON ;  Pinet  ,  greffier.

      Et  après avoir clos ledit interrogatoire , moi , commissaire rapporteur , ai demandé aux quatre prév enus s’ils vouloient se choisir un ami pour défenseur ; et nous ayant déclaré qu’ils ne pouvoient en désigner aucun , nous avons fait choix du nommé Lhomaca  interprète , pour remplir cet objet.

        Au Kaire , les jour , mois et an que dessus.

                                Signé  SARTELON ;  Pinet  ,  greffier.

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Interrogatoire de Mustapha effendy.

 

Aujourd’ hui , 26  prairial , an 8 de la République française moi  soussigné ,  rapporteur de ladite commission nommée pour juger les assassins du général en chef Kleber , ai fait  appeler devant moi Mustapha effendy  pour l’interroger sur les faits résultans dudit assassinat ; auquel interrogatoire j’ai procédé , assisté du citoyen Pinet,  greffier de la commission.

         Interrogé de ses noms , àge , domicile et profession.

         Répond  s’appeler Mustapha efFcndy , natif de Brouze en Bithynie , âgé de quatre-vingt-un ans , et être maitre d’école.

         Interrogé s’il a vu depuis un mois le nommé Soleyman d’Alep;

        Répond que cet homme a été son élève il y a trois ans;  qui il l’a vu  il y a dix ou vingt jours ; qu’il est venu coucher chez lui,  mais que comme il est pauvre il lui a dit de chercher un asyle ailleurs.

        Interrogé si le nommé Soleyman ne lui a pas dit qu’il étoit venu de Syrie pour assassiner le général en chef ;

        Répond que non, qu’il est venu seulement chez lui pour le saluer comme son ancien maître.

Interrogé si Soleyman ne lui a pas parlé des motifs qui l’avoient  amené , et si lui-même ne s’en est pas informé ;

       Répond qu’ il n’a  été occupé que de le renvoyer , parce qu’il est pauvre ; qui il lui  a cependant demandé ce qu’il venoit faire , et qu’il lui a dit qu’il venoit se perfectionner dans la lecture.

      Interrogé s’il ne sait point qu’il soit allé voir quelqu’un au Kaire, notamment des cheykhs considérables ;

        Répond qu’il n’en sait rien , parce qu’il l’a vu très-peu de temps et que d’ailleurs , vu son âge et ses infirmités , il sort peu de chez lui.

Interrogé s’il n’enseigne pas le qoran à ses élèves ;

Répond que oui.

Interrogé si le qoran ordonne les combats sacrés et prescrit de tuer les infidèles ;

Répond qu’il connoît les combats sacrés , et que le qoran en parle.

Interrogé s’il enseigne de pareils principes à ses élèves ;

     Répond qu’ un vieillard n’a rien à faire dans tout cela ; mais qu »il est vrai que le qoran parle des combats sacrés , et que celui qui tue un infidèle est dans le chemin de la direction.

      Interrogé s’il a appris d’aussi belles choses à Soleyman ;

Répond qu’ il ne lui a appris qu’à écrire.

      Interrogé s’il sait qu’un musulman a tué hier le général en chef de l’armée française , qui n’étoit pas de sa religion , et ni , d’après les principes du qoran , cette action est louable et approuvée par le prophète ;

     Répond que celui qui tue doit être tué ; que, quant à lui , il croit que l’honneur des ‘Français est aussi l’honneur des musulmans ; et que si le qoran dit autre chose , ce n’est pas sa faute.

     De suite ledit Soleyman a été confronté avec ledit Mustapha effetidy.

     Interrogé s’il a vu plus d’une fois l’effendy Mustapha , et s’il lui a fait part de son projet ;

Répond qu’il ne l’a vu qu’une fois comme son ancien martre qu’il est venu seulement pour le saluer , que cet homme est vieux et infirme , et qu’il ne lui convenoit pas de lui faire part de son projet.

Interrogé s’iI n’est pas de la secte des combats, sacrés , et si les cheykhs de la ville ne l’ont pas autorisé à tuer au Kaire les infidèles pour gagner les bonnes graces du prophète Mohhammed ;

     Répond qu’il a parlé des combats sacrés seulement aux quatre cheykhs qu’il a nommés.

     Interrogé s’il n’en a pas parlé au cheykh Cherkaoui ;

     Répond qu’il ne voit  pas ce cheykh , parce qu’ils ne sont pas musulmans du même rite ; que le cheykh Cherkaoui est de la secte de Chafe ‘ y , et lui de la secte de Hhanefy.

     Lecture faite à Soleyman et à Mustapha de leurs réponses , ils ont déclaré qu’elles contenoient vérité, qu’ils n’avoient rien à ajouter ni à diminuer ; et ils ont signé avec nous , le greffier, et le citoyen Lhomaca , interprète.

      Au Kaire , les jour , mois et an que d’autre part.

      Suivent les signatures des accusés arabe.

                  Signé   B. Santi Lhomaca ; Sartelon ; Pinet , greffier.

 (Sources: Pièces diverses et correspondances, relatives aux opérations de l’armée d’Orient en Egypte.)

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Publié dans : Desaix. le procès de Soleyman êl Halaby | le 21 septembre, 2007 |Commentaires fermés

Déclaration des témoins .

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Déclaration des témoins.

 

 Le-KaireDescription-Vue-du-jardin-du-palais-dElfy-Bey-quartier-général-de-larmée

 Palais d’Elf-Bey, quartier général de l’armée Francaise

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      Cejourd’hui vingt-six prairial an huit de la République française , pardevant moi commissaire-ordonnateur soussigné , chargé par !’arrêté du général Menou , commandant l’armée , des fonctions de rapporteur près la commission nommée pour juger les assassins du général en chef Kléber, a comparu pour donner ses déclarations sur ledit assassinat , à quoi j’ai procédé , assisté du citoyen Pinet , greffier , nommé conformément audit arrêté , Joseph Perrin, maréchal-des-logis, chef des canonniers des guides , qui a déclaré que lui et le citoyen Robert , maréchal-des-logis , ont arrêté le turk Soleyman , accusé d’avoir assassiné le général; qu’ils l’ont trouvé dans le jardin des Bains-français, attenant à celui de l’état-major; qu’ il y étoit caché entre de petites murailles à moitié démolies , et que lesdites murailles étoient couvertes de sang en différens endroits ; que ledit Soleyman étoit également ensanglanté ; qu’ils l’ont arrêté dans cet état , et ont été obligé ensuite de lui donner des coups de sabre , pour le .faire marcher.  Ledit Perrin déclare qu’il a trouvé une heure après un poignard caché dans la terre au même endroit où il a arrêté  Soleyman, et qu’il l’a remis à l’état-major ; ledit poignard étoit ensanglanté.                 Lecture a lui faire de sa déposition , a déclaré ne savoir rien autre chose n’avoir rien à ajouter à sa déclaration, ni rien à y diminuer et a signé avec nous et le greffier.

Signé Perrin , maréchal- des – logis , chef ; Sarte!on , Pinet , greffier.

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        A comparu aussi le citoyen Robert , maréchal-des-logis dans l’artillerie des guides , lequel a déclaré qu’étant occupé à la recherche de l’assassin du général , il s’est rendu dans un jardin attenant à celui de l’état-major, et appartenant à la maison des Bains-français; qu’il y a trouvé, avec le maréchal-des-logis Perrin , son camarade , le nommé Soleyman d’Alep, caché dans un coin entre des murailles démolies; qu’il étoit tout ensanglanté, n’ayant rien sur la tête qu’un morceau de lisière de drap verd ; que dans ce costume il l’a reconnu pour être l’assassin du général ; que les murailles sur lesquelles il avoit passé étoient également ensanglantées ; que cet homme a montré de la frayeur, et qu’une
heure après son arrestation il a trouvé , avec le citoyen Perrin , à la même place où il étoit caché , un poignard rempli de sang, qu’il a apporté à l’état – major : ce poignard étoit enfoui dans la terre.

        Lecture faîte de sa déposition, il a déclaré qu’elle contenait vérité ; qui il n’avoit rien à ajouter ni à diminuer ; et a signé avec moi et le greffier.

        Au Kaire,  les jour , mois et an  que d’autre part.

        Signé Robert ,marécal-des-logis; Sartelon , Pinet , greffier.

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        Moi , dit commissaire rapporteur , me suis de suite transporté dans la maison du citoyen Protain , où il est détenu dans son lit par suite de ses blessures , et ai reçu sa déclaration ainsi que suit :

       Jean – Constantin Protain , architecte , membre de la commission des arts et de l’institut, a déclaré qu’étant à promener dans la grande galerie du jardin dit quartier-général, qui donne sur la place , avec le général en chef ,  un homme vêtu à la turke sortit du fond de la gallerie où se trouve un puits à roues ; qu’étant à quelques pas de distance du général et tourné du côté opposé , il entendit le général crier à la garde; qu’il se retourna pour connoître la cause ; qu’il vit alors ledit homme lui porter des coups de poignard ; qu’il courut à son secours , et voulut le défendre ; qu’il reçut plusieurs coups du même poignard qui le mirent à terre , et le firent rouler plusieurs pas : ayant entendu de nouveau crier le général, il se rapprocha de lui ; il vit ledit homme le frapper , et il reçut lui-même de nouveaux coups ; il perdit enfin connaissance , et ne peut donner d’autres détails ; il sait seulement que , malgré leurs cris répétés , ils sont restés plus de six minutes sans secours.

       Lecture faite au citoyen Protain de sa déclaration , il a dit qu’elle contient vérité , qu’il y persiste , qu’il ne veut y ajouter ni diminuer ; et a signé avec moi et le greffier.

      Signé  Protain , Sartelon , Pinet , greffier

       Après avoir signé, le citoyen Protain a déclaré vouloir ajouter que , lorsque Soleynian d’Alep , accusé d’avoir assassiné le général en chef et lui, lui fut présenté quelques instans après ledit assassinat, il le reconnut pour être le même qui , dans le jardin de la maison du quartier-général , porta au général en chef des coups de poignard qui le terrassèrent, et auquel il donna lui- même plusieurs coups de bâton , pour tâcher de défendre le général ; a la suite desquels il reçu,  lui-mème plusieurs coups de poignard de Soleyman d’Alep , qui lui firent perdre connoissance.

       Lecture faite au citoyen Protain de la présente addition , il a dit qu’elle contient la vérité , qui il y persiste , ne veut y ajouter ni diminuer ;  et a signé avec nous et le greffier.

        Signé  Protain,  Sartelon,   Pinet , greffier.

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        Aujourd’hui vingt-six prairial, an huit de la République française, moi soussigné, rapporteur de la commission nommée pour juger les assassins du général en chef Kleber, ai fait appeler les aides-de-camp dudit général, et ai reçu leur déclaration, assisté du citoyen Pinet, greffier de la commission, de la manière qui suit :

        Le citoyen Fortuné Devouges , âgé de 24 ans, lieutenant au vingt-deuxième régiment de chasseurs à cheval aide-de-camp du général en chef Kleber, a déclaré que le 25 prairial , ayant accompagné le général en chef dans la visite qu’il fit à son quartier-généraI du Kaire , où il avoit ordonné des réparations, un homme à turban verd, vêtu d’une mauvaise casaque , ne cessa de marcher à la suite du général pendant qu’il parcourut ses appartements , et chacun le prenant pour un ouvrier , on le laissa librement aller et venir; mais le général en chef ayant traversé son jardin pour aller dans celui du général Damas, le citoyen Devouges s’appercevant que le même homme se méloit toujours dans la suite du général , lui demanda ce qu’il vouloit ,  et  le fit chasser par un domestique : cet homme disparut en effet.

        Deux heures après, lorsque le général fut assassiné, le citoyen Devouges reconnut à côté du général le vêtement qu’avoit laissé l’assassin pour être le même que celui de l’homme dont il vient de parler , et peu de temps après on amena un homme couvert de sang qu’il reconnut parfaitement pour celui qu’il avoir précédemment fait chasser.

         Lecture à lui faite de sa déposition , le citoyen Devouges a déclaré qu’elle contenoit vérité ,  et qu’il n’avoit rien à y ajouter ni diminuer ; et a signé avec moi et le greffier .

         Au Kaire,  les jour , mois et an que d’autre part.

       Signé   Devouges ,  Sartelon , Pinet , greffier.

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(Sources: Pièces diverses et correspondances, relatives aux opérations de l’armée d’Orient en Egypte.)

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Publié dans : Desaix. le procès de Soleyman êl Halaby | le 21 septembre, 2007 |Commentaires fermés

Proclamations du Général ABD. J. MENOU .

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ABD. J. MENOU.  général de division , commandant en chef

 l’armée d’Orient par interim, à l’armée.

39960-9 

 

Au quartier-général du Kaire , le 26 prairial an 8 de la République française.

Soldats ,

    Un horrible attentas vient de vous enlever un général que vous chérissiez et respectiez. Un ennemi qui ne mérite que le mépris et l’indignation du monde entier, un ennemi qui n’avoit pu vaincre les Français commandés par le brave Kléber , a eu la lâcheté de lui envoyer un assassin !  Je vous dénonce ,  je dénonce au monde entier le grand-vizir , chef de cette armée que vous avez détruite dans les plaines de Matariéh et d’Héliopolis . C’est lui qui , de concert avec son agha des janissaires , a mis le poignard à la main du nommé Soleyman èl-Hhaleby , qui parti de Ghazah depuis trente-deux jours , nous a enlevé hier , par le plus noir des assassinats , celui dont la mémoire doit être chère à tout bon Français.

     Soldats , Kléber avoit dissipé , en marchant à votre tête , cette nuée de barbares qui de l’Europe et de l’Asie étoient venus fondre sur l’Egypte.

    Kléber , en dirigeant vos invincibles cohorttes , avoit reconquis l’Egypte entière en dix jours de temps .

     Kléber avoit tellement restauré les finances de l’armée , que tout l’arriéré étoit payé , et la solde mise au courant .

    Kléber , par les réglements les plus sages , avoit réformé une grande partie des abus , presque inévitables dans les grandes administrations .

     Le plus bel hommage que vous puissiez rendre à la mémoire du brave Kléber est de conserver cette attitude fière et imposante qui foit trembler vos ennemis par-tout où vous portez vos pas ; c’est de vous astreindre vous-mêmes à cette discipline qui fait la force des armées .

     C’est de vous rappeler sans cesse que vous êtes des républicains , et que par-tout  vous devez donner l’exemple de la moralité et de l’obéissance à vos chefs , comme vous donnez par-tout celui du courage et de l’audace dans les combats .

     Soldats , l’ancienneté de grade m’a porté provisoirement au commandement de l’armée . Je n’ai à vous offrir qu’un attachement sans bornes à la république , à la liberté , et à la prospérité de la France .

     J’invoquerai les mânes de Kleber , j’invoquerai le génie de Bonaparte , et marchant au milieu de vous , nous travaillerons tous de concert pour l’intérêt de la République.

     L’armée connoîtra incessamment tous les détails de l’horrible assassinat , ainsi que de la procédure qui a lieu pour la recherche et punition de l’assassin et de ses complices.

                                                                     ABD. J. MENOU .

 

 *******************************************************************************************

 

 MENOU.  général de division , commandant en chef

 l’armée d’Orient par interim.

 

1°.  Il sera formé une commission pour juger définitivement l’horrible assassinat commis dans la journée du 25 prairial sur le général en chef Kleber.

2°.   Elle sera composée de neuf personnes :  savoir  ;

Le général de division Regnier ;

Le général de division Friant;

Le général de brigade Robin;

L’adjudant-général Morand;

Le chef de brigade Goguet;

Le chef de brigade  Faure ( artillerie) ;

Le chef de brigade Bertrand ( génie);

Le commissaire des guerres Rerniér;

Le commissaire-ordonnateur Leroÿ ( marine ) ;

Rapporteur , le commissaire-ordonnateur Sartelon;

Le commissaire du pouvoir exécutif , le citoyen Lepère , commissaire des guerres.

3°.  La commission choisira le greffier.

4°.  La commission. ordonnera les arrestations , les mises en prison , généralement enfin tout ce qu’ elle jugera nécessaire pour découvrir les auteurs et complices du crime.

5°. Elle décernera le genre de supplice qu’elle jugera convenable pour l’assassin qui a commis le crime ainsi que ses complices.

6°. Elle s’assemblera aujourd’hui 26 , et continuera ses séances jusqu’à ce que le procès soit terminé.

Signé  AB. J. MENOU.

Pour copie conforme ,

L’adjudant-général, sous-chef de l’état-major général.

           Signé RENÉ

 

( Suit le procès-verbal d’installation de la commission ).

       L’an 8 de la République française et le 26 prairial , en vertu de l’arrété en date de ce jour du général de division Menou , commandant l’armée d’Orient par interim , se sont assemblés dans la maison du général de division Regnier,  le général de brigade Robin , l’ordonnateur de la marine Lerov , l’adjudant- général Martinet , en remplacement du général de division Friant , ensuite de l’ordre du général Menou , l’adjudant-général Morand , le chef de brigade d’infanterie Goguet , le chef de brigade, d »artillerie Faure , le chef de brigade du génie Bertrand ,  le commissaire des guerres Regnier , le commissaire ordonnateur Sartelon , rapporteur , et le commissaire Lepère , faisant fonction de commissaire du pouvoir éxécutif, pour procéder au jugement définitif de l’assassinat commis dans la journée d’hier sur la personne du général en chef Kléber.

       Ladite commission réunie sous la présidence du général Regnier, , il a été fait lecture de l’arrèté du général Menou , ci-dessus rappelé : elle a , conformément à I’article III dudit arrêté , nommé pour son greffier  le commissaire des guerres Pinet , qui a prêté serment et pris ses fonctions.

       Elle a autorisé le général de division Rcgnicr, et le commissaire-ordonnateur Sartelon , rapporteur , à ordonner, en conformité de l’article IV de l’arrêté , toutes arrestations et mises en prison , et faire tout ce qu’ils jugeront nécessaire pour découvrir les auteurs et complices dudit assassinat ; elle a ordonné que le poignard trouvé sur le prévenu lors de son arrestàtion sera déposé au greffe pour être représenté en temps et lieu comme pièce de conviction ; elle s’est ajournée à demain huit heures du matin  ; et ont les membres de la commission signé avec le greffier .

Signé , le commissaire des guerres de première classe Régnier ; le chef de brigade du génie Bertrand ; le chef d’artillerie Faure ; le chef de la vingt-deuxieme demi-brigade d’infanterie légère Goguet ; l’adjudant-général Morand; l’adjudant-général Martinet ; l »ordonnateur de marine Le Roy ; le général de brigade Robin; le général de division Régnier ; Pinet , greffier.

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