Extrait des mémoires de Marmont.

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Le général Desaix. . . vint rejoindre le Premier Consul. Il trouvait l’affaire dans ce fâcheux état; il en avait mauvaise opinion. On tint, à cheval, une espèce de conseil auquel j’assistai; il dit au Premier Consul:  » Il faut qu’un feu vif d’artillerie impose à l’ennemi avant de tenter une nouvelle charge; sans quoi, elle ne réussira pas; c’est ainsi, Général, que l’on perd les batailles. Il nous faut absolument un bon feu de canon. « 

Je lui dis que j’allais établir une batterie avec les pièces encore intactes et au nombre de cinq; en y joignant cinq pièces restées sur la Scrivia et venant d’arriver, et, de plus, les huit pièces de sa division, j’avais une batterie de dix-huit pièces.  » C’est bien, me dit Desaix: voyez, mon cher Marmont, du canon, du canon, et faites-en le meilleur usage possible.  » Les dix-huit pièces furent bientôt mises en batterie. Elles occupaient la moitié de droite du front de l’armée, tant ce front était réduit. Les pièces de gauche étaient à la droite du chemin de San-Giuliano. Un feu vif et subit causa d’abord de l’hésitation à l’ennemi, puis l’arrêta.

Pendant ce temps, la division Boudet se formait, partie en colonne d’attaque par bataillon, et partie déployée. Quand le moment fut venu, le Premier Consul la parcourut et l’électrisa par sa présence et quelques paroles. Après environ vingt minutes de feu de cette artillerie, l’armée se porta en avant. Ma batterie fut bientôt dépassée, et je donnai l’ordre de suivre le mouvement. Je fis faire demi-tour à mes pièces pour marcher, mais j’avais peine à l’obtenir. Les canonniers tiraient malgré moi, par les grands intervalles de nos petits bataillons.

Enfin, le mouvement général s’était successivement établi, pièce par pièce, et j’étais arrivé à la gauche, près du chemin où étaient trois bouches à feu, deux pièces de 8 et un obusier servi par des canonniers de la garde des Consuls; à force de menaces, je les mettais en mouvement, et les chevaux étaient à la hauteur des pièces, à la prolonge, pour faire le demi-tour, quand, tout à coup, je vis, en avant de moi et à gauche, la 30e demi-brigade en désordre et en fuite. Je fis remettre promptement les trois bouches à feu en batterie et charger à mitraille; mais j’attendis pour faire tirer. J’aperçus, à cinquante pas de la 30e, au milieu d’une fumée épaisse et de la poussière, une masse en bon ordre; d’abord, je la crus française; bientôt, je reconnus que c’était la tête d’une grosse colonne de grenadiers autrichiens. Nous eûmes le temps de tirer sur elle quatre coups à mitraille avec nos trois bouches à feu, et, immédiatement après, Kellermann, avec 400 chevaux, reste de sa brigade, passa devant mes pièces et fit une charge vigoureuse sur le flanc gauche de la colonne ennemie, qui mit bas les armes.

Si la charge eût été faite trois minutes plus tard, nos pièces étaient prises et retirées; et peut-être que, n’étant plus sous l’influence de la surprise causée par les coups de canon à mitraille, la colonne ennemie aurait mieux reçu la cavalerie. Il en aurait peut-être été de même si la charge eût précédé la salve. Ainsi, il a fallu cette combinaison précise pour assurer un succès aussi complet, et, il faut le dire, inespéré. Jamais la fortune n’intervint d’une manière plus décisive; jamais général ne montra plus de coup d’oeil, plus de vigueur et d’à-propos que Kellermann dans cette circonstance.

3,000 grenadiers autrichiens, à la tête desquels se trouvait le général Zach, quartier-maître général, chef véritable de l’armée, furent sabrés ou pris. Cette réserve de l’armée avait été mise en mouvement à l’instant où notre nouvelle résistance avait exigé un nouvel effort. 2,000 hommes de cavalerie autrichienne, placés à une demi-portée de canon, virent tout ce désordre sans’ tenter d’y remédier. En chargeant les 400 chevaux français, ils pouvaient facilement reprendre leurs prisonniers et tout réparer; leur repos couvrit de honte leur commandant.

Voilà les circonstances exactes de la crise de la bataille de Marengo. C’est sous mes yeux mêmes et à quelques pas de moi que tout cela s’est passé. On a beaucoup discuté sur cet événement; mais les choses furent telles que je viens de les raconter. Kellermann avait été mis aux ordres du général Desaix; il avait pour instruction de suivre le mouvement des troupes et de charger quand il verrait l’ennemi en désordre et l’occasion favorable. Il a reconnu, en homme habile, l’urgence des circonstances; car c’est quand le désordre commençait chez nous, et non pas chez l’ennemi, qu’il a chargé et qu’il a exécuté sa résolution avec une vigueur incomparable. Il est absurde et injuste de lui contester la gloire acquise dans cette mémorable circonstance et l’immense service qu’il a rendu. . . . .

 Mémoires du duc de Raguse.

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Publié dans : Desaix. Bataille de Marengo. les bulletins et rapports. | le 30 novembre, 2007 |Commentaires fermés

Brevets donnés à des sous-officiers et soldats de la 9e légère.

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POUR LE CITOYEN PETIT.

Au citoyen Petit, sergent-major dans la 9e demi-brigade d’infanterie légère, à l’affaire de Marengo, où ce sous-officier s’avança seul sur les tirailleurs autrichiens, en tua plusieurs et en fit trois prisonniers, un fusil d’honneur.

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POUR LE CITOYEN DAVION.

Au citoyen Davion, sergent-major dans la 9e demi-brigade d’infanterie, à l’affaire qui eut lieu le 25 prairial an 8, à Marengo, où ce sous-officier pénétra plusieurs fois dans les rangs ennemis et y fit quatre prisonniers, un fusil d’honneur.

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POUR LE CITOYEN MAQUART.

Au citoyen Maquart, sergent dans la 9e demi-brigade d’infanterie légère, à l’affaire de Marengo, où ce sous-officier, à la tète d’un piquet de six hommes, fit preuve de beaucoup de fermeté en résistant avec succès à une charge de douze cavaliers ennemis, un fusil d’honneur.

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POUR LE CITOYEN JACQUES.

Au citoyen Jacques, sergent dans la 9e demi-brigade d’infanterie légère, à l’affaire de Marengo, où ce sous-officier, à la tête des tirailleurs, ayant été chargé par la cavalerie ennemie, dont le but était de tomber sur le bataillon, la tint en respect par son intrépidité, démonta plusieurs cavaliers et força les autres à renoncer au projet d’avancer davantage, un fusil d’honneur.

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POUR LE CITOYEN BENOIST.

Au citoyen Benoist, sergent dans la 9e demi-brigade d’infanterie légère, à l’affaire de Marengo, où ce sous-officier, détaché en tirailleur, ayant été chargé par deux cavaliers autrichiens, en démonta un et fit l’autre prisonnier, un fusil d’honneur.

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POUR LE CITOYEN BOUVIER.

Au citoyen Bouvier, caporal de carabiniers dans la 9e demi-brigade d’infanterie légère, à l’affaire qui eut lieu le 25 prairial an 8, à Marengo, où ce militaire pénétra à diverses reprises dans les rangs ennemis et y tua plusieurs hommes à coups de baïonnette, un fusil d’honneur.

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POUR LE CITOYEN MAHUT.

An citoyen Mahut, caporal de carabiniers dans la 9e demi-brigade d’infanterie légère, à l’affaire de Marengo, où ce militaire, voyant un officier de dragons sur le point de tomber au pouvoir de l’ennemi, vole à son secours, tue un des Autrichiens qui le poursuivaient, met les autres en fuite, et reçoit un coup de feu au moment où il allait saisir le cheval du cavalier qu’il avait tué, un fusil d’honneur.

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POUR LE CITOYEN CAMUS.

Au citoyen Camus, carabinier dans la 9e demi-brigade d’infanterie légère, à l’affaire du 16 prairial, en avant de Plaisance, et notamment à la bataille de Marengo, où ce militaire démonta deux cavaliers qu’il fit prisonniers, un fusil d’honneur.

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POUR LE CITOYEN SALLIOR.

Au citoyen Sallior, chasseur dans la 9e demi-brigade d’infanterie légère, à l’affaire de Plaisance, et principalement à la bataille de Marengo, où ce militaire, détaché en tirailleur, ayant été chargé par deux cavaliers autrichiens, en tua un et démonta l’autre, un fusil d’honneur.

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POUR LE CITOYEN VINOT.

Au citoyen Vinot, chasseur dans la 9e demi-brigade d’infanterie légère, à l’affaire de Marengo, où ce militaire, ayant été assailli par deux cavaliers autrichiens et un grenadier hongrois, démonta l’un des cavaliers, mit le grenadier hors de combat d’un coup de baïonnette, et força l’autre cavalier à se retirer, un fusil d’honneur.

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Publié dans : Desaix. Bataille de Marengo. les bulletins et rapports. | le 30 novembre, 2007 |Commentaires fermés

Le saviez-vous.

 

Sujets traités dans cette rubrique.

 
 

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L’Astrée, le premier roman-fleuve français. 

Masha Bruskina…Un symbole.

Une voix d’enfant…Anne Frank.

 Lidice et ses enfants martyres.

Stalingrad, un prêtre en enfer.

Des hommes très ordinaires.

Ignorance ou je m’en foutisme militaire?.

Maltraitance des animaux de boucherie!       Ce site est d’actualité.

 
 

Publié dans : LE SAVIEZ-VOUS ? | le 12 novembre, 2007 |Commentaires fermés

Il y a deux siècles.

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 Même le diable n’y avait pas pensé.

Une fantastique opération de propagande. 

La révolte de Fouesnant.

Chouannerie et guerres de Vendée.

Les pestiférés de Jaffa.

La page sombre de l’épopée napoléonienne.

Fournier Sarlovèse  ou  une légende tenace…

C’était dans le journal.

Un métier d’autrefois.

La Justice Révolutionnaire.

Profanation des tombes royales.

Bérézina, la bataille de Bolchoï-Stakhov.

Relation du passage de la Bérézina.

Un jeu de carte oublié.

Napoléon, une mise au point.

 

Publié dans : IL Y A DEUX SIECLES. | le 12 novembre, 2007 |Commentaires fermés

Une fantastique opération de propagande.

La mort du jeune Barra ou Bara.

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 .La naissance d’une légende.

 

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Joseph Barra est un jeune enfant de 13 ans engagé volontaire, qui demande à l’automne 1792, de pouvoir servir comme tambour au 8e de hussards dans les troupes républicaines combattant en Vendée. Mais lors de l’attaque de Jallais par les Vendéens le 17 frimaire an II (30 novembre 1793),  il est tué, frappé au front d’un coup de sabre, il tombe et meurt à l’âge de 14 ans, en pressant la cocarde tricolore sur son cœur.

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La légende qui se développe alors explique que le jeune Barra est pris à partie près de Cholet par des Chouans. Contraint de crier « vive le Roi! » afin de sauver sa vie, le jeune Barra préfère mourir en criant « vive la République! » et tombe sous les coups des royalistes..

Etrange histoire que celle du jeune tambour, Joseph Barra,

que Robespierre voulut faire entrer au Panthéon.

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Une fantastique opération de propagande. dans IL Y A DEUX SIECLES. Acte-de-naissance-de-Bara-300x255

 Acte de baptême de Joseph Bara.

 Né à Palaiseau le 30 juillet 1779, tué le 30 novembre 1793, neuvième enfant d’un garde chasse du prince de Condé. Trop jeune pour pouvoir s’engager dans l’armée, Joseph Barra sert de domestique à un ami de son père, le général Desmares, de l’armée de Bressuire.

Alors qu’il promène deux chevaux à travers les prés, il est attaqué par des voleurs qui le tuent pour s’emparer de ses montures.

Cette mort paraît si héroïque, pour un enfant d’un âge ordinairement insouciant et consacré au jeu, que le général Desmares décide d’en donner avis à la Convention et envoie un rapport au ministère de la guerre sur la conduite généreuse du garçon et demande à la Convention de secourir sa famille, très pauvre.

Afin de mieux cacher sa défaite (car il fut en réalité battu à Jallais), le général Desmares, préfère mettre l’accent sur l’épisode fameux de la mort du petit Joseph Barra.. 

 Rapport du général Desmares au ministre de la guerre (1 décembre 1793).

J’implore ta justice et celle de la convention pour la famille de Joseph Barra. Cet enfant m’a accompagné depuis l’année dernière, monté et équipé en hussard. Toute l’armée l’a vu charger toujours à la tête de la cavalerie, elle a vu ce généreux enfant terrasser deux brigands qui avaient osé l’attaquer. Ce faible enfant entouré hier (30 novembre) par les brigands, a mieux aimé périr que de se rendre et de leur livrer deux cheveaux qu’il conduisait. Se bornant à sa nourriture et à son habillement, il faisait passer à sa mère ce qu’il pouvait se procurer. Il l’a laissée avec plusieurs filles et un jeune frère infirme sans aucune espèce de secours. Elle demeure à Palaiseau, district de Versailles.

L’exemple de Bara semble de nature à exciter le patriotisme et le civisme parmi la jeunesse, son histoire est citée dans les recueils d’actions héroïques, où il est bientôt rejoint par Joseph Agricol Viala  un autre jeune tambour des armées de la nouvelle république.

(Mais qu’on ne s’y trompe pas, les Bara, Viala et autres jeunes de vertu républicaine n’ont été que des outils de propagande. Les révolutionnaires ont maintes fois manifesté leur peu d’égards pour les enfants.)

Le 8 nivôse (28 décembre 1793) suivant, Robespierre, désireux de tirer profit de cette histoire, car il est dans un contexte de lutte contre les Hébertistes, propose à la tribune de la Convention de décerner les honneurs du Panthéon au jeune héros. Le député Barère surenchérit en demandant que la gravure qui doit représenter l’action héroïque de Joseph Barra, de Palaiseaux, soit faite aux frais de la République, et envoyée par la Convention nationale dans toutes les écoles primaires.

Le décret suivant est voté:

La Convention Nationale décerne les honneurs du Panthéon au jeune Barra. Louis David est chargé de donner ses soins à l’embellissement de cette fête nationale. La gravure qui représentera l’action héroïque de Joseph Barra sera faite aux frais de la République, d’après un tableau de David, un exemplaire, envoyé par la Convention nationale, sera placé dans chaque école primaire.

Le transfert au Panthéon n’aura jamais lieu et le tableau jamais exécuté.

La Convention décide que la patrie adopte la mère de Barra. Le 10 prairial an II (29 mai 1794), cette pauvre femme est admise avec deux de ses enfants dans l’enceinte de l’Assemblée et prend place quelques instants à côté du président, qui était alors Prieur de la Côte-d’Or. Des applaudissements unanimes s’élevèrent et se prolongèrent dans toutes les parties de la salle. Un orateur lui adressa quelques paroles de consolation; « Non, tu n’as rien perdu, lui dit-il, ton fils n’est pas mort, il a reçu une nouvelle existence, et il est né à l’immortalité. »

 Les Souvenirs de Madame de La Bouëre, dans ses souvenirs évoque  la mort du jeune Bara. Elle en parle comme d’un  » petit pillard » qui aurait tenté, de s’emparer de deux chevaux chez des paysans, et aurait donc été abattu par ceux-ci. Contrairement à la légende, Bara n’est en effet pas mort au cours d’un combat. On peut aussi  penser que si les Vendéens avaient tué cet enfant pour saisir ses chevaux, le Général Desmarres aurait lancé ses hommes à leur poursuite pour venger ce crime. Pourtant il n’en a rien été.

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Inauguration de la statue de Bara  réalisée par Louis-Albert-Lefeuvre, pour la commune de Palaiseau (1881)..

 

Publié dans : IL Y A DEUX SIECLES. | le 11 novembre, 2007 |Commentaires fermés

Les fusillades du champ des Martyres

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 Dans cet album, la longue liste et le nom des personnes fusillées.

Pour avoir accés directement à la liste des noms, allez directement à la page 9O .

Sources: ABIBNUM la Bibliothèque Vendéenne

 

Publié dans : IL Y A DEUX SIECLES. | le 11 novembre, 2007 |Commentaires fermés

La révolte de Fouesnant.

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Prélude aux grands soulèvements des masses paysannes..

10 juillet 1792, la loi martiale est proclamée à Fouesnant et les gardes nationaux tiraient sur tout attroupement. Autour de l’église, plus de 500 paysans s’étaient rassemblés, à l’appel d’un des leurs:

Alain Nédellec, homme de loi (juge de Paix dans son canton) et laboureur, Nédellec voulait prendre Quimper, changer la municipalité et les juges, déraciner l’arbre de la liberté.

Les révoltés ne tinrent pas longtemps devant les 150 gardes nationaux et 16 gendarmes de Quimper, qui bien armés donnérent l’assaut, et suite à une vive fusillade les révoltés s’enfuirent.

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Le lendemain, les vainqueurs défilaient dans Fouesnant, encadrant prisonniers et bléssés. 

Nédellec s’échappa et ne fut capturé que cinq mois après le 2 décembre 1792. Et comme il y avait eu des morts dans l’affaire de Fouesnant, Nédellec, fut donc condamné et exécuté le 20 mars 1793, il avait 35 ans. Il fut le premier guillotiné à Quimper. 

Mais la révolte de Fouesnant, avait une autre portée, elle était le prélude aux grands soulévements qui allaient soulever les masses de paysans contre la Révolution; la guerre de Vendée, qui embrasa plusieurs départements de mars à décembre 1793, et la chouannerie, qui s’étendit à tout l’ouest et qui dura jusqu’en 1801..

 

Le Juge qui condamna à mort Nédélec.

Joseph-Jean LE GUILLOU de KERINCUFF, président du tribunal criminel.

Né à Coray en 1748, Joseph-Jean Le Guillou de Kérincuff était d’abord avocat. Farouche partisan des réformes, il fut élu député aux Etats Généraux et à la Constituante jusqu’en novembre 1789. Il participa au Comité Permanent, et fut élu premier Maire de Quimper en janvier1790. Dès novembre, il abandonna cette tâche, pour celle de Juge au Tribunal de District. En janvier 1792, il devint Président du Tribunal Criminel du Finistère, et occupa ce poste jusqu’à la fin de la Révolution (sauf pendant la « régénération » où il sera même emprisonné). Nommé Juge au Tribunal d’Appel de Rennes en 1800, il y finit sa carrière en 1816 comme Premier Président à la Cour. Il mourut à Quimper en 1823.

 .Pour consulter le jugement du tribunal criminel de Quimper. Cliquer ici

.Rapport sur la capture de Nédellec. 

                                  Document pdf.  La révolte de Fouesnant. dans IL Y A DEUX SIECLES. pdf

 

 

Publié dans : IL Y A DEUX SIECLES. | le 11 novembre, 2007 |Commentaires fermés

Campagne de Syrie

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 Mars 1799.  le premier massacre colonial moderne. 

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Un courrier intercepté, révèle que les Ottomans préparent une expédition. Bonaparte passe aussitôt à l’offensive. En cas de coup d’état royaliste, il espère rentrer en France, mais en l’absence de navires, la voie maritime est pour le moins compromise. Dans ce contexte, comme il le confiera plus tard, et à plusieurs reprises, il envisage une conquête de l’Empire ottoman et un retour en France par Constantinople. Mais celui qui se veut un nouvel Alexandre rêve aussi de s’emparer des Indes et d’y bâtir un Empire. Avec un corps expéditionnaire de treize mille hommes, l’un ou l’autre projet requiert une forte armée locale. Quoi qu’il en soit, les Britanniques prennent la menace au sérieux.

El-Arich, dans le Sinaï, est prise le 20 février 1799 après un siège de treize jours. Les assiégés capitulent dans des conditions très favorables, mais les accords sont aussitôt trahis par les Français. Les Mamelouks sont envoyés en Égypte, les mercenaires engagés de force. Délié de toute promesse, le reste des troupes part en Syrie rejoindre Djezzar Pacha le « boucher » maître de la région.

Gaza, prise sans combat le 24 février, les Français trouvent vivres et munitions.

Le 28, Ramallah est l’objet de quelques pillages malgré l’absence de résistance. Mais les montagnards , que les Français appellent les Naplousains, ne faiblissent pas. La percée de Bonaparte se réduit bien vite au seul littoral. Aux avant-postes, l’aide de camp Eugène de Beauharnais parvient en vue de Jérusalem. Il est aussitôt rappelé. L’effort doit être porté tout entier sur Djezzar, replié dans Saint-Jean d’Acre.

Dernière étape sur la route, Jaffa est assiégée le 3 mars 1799. Le 7, le chef d’état-major Berthier entame des négociations à la demande du général en chef. Le parlementaire envoyé pour exiger la reddition est décapité, sa tête brandie en haut des remparts. Le général en chef se voit contraint d’ordonner l’assaut. Les troupes se rendent maîtres d’une grande partie de la ville en trois heures. Bonaparte résume ainsi les vingt-quatre heures qui suivent: « La fureur du soldat était à son comble, tout fut passé au fil de l’épée; la ville, ainsi au pillage, éprouva toutes les horreurs d’une ville prise d’assaut. » Sur les cinq mille hommes de la garnison, deux mille meurent au combat ou durant les pillages. Les autres trouvent refuge dans de vastes bâtiments, formés d’une grande tour entourée de constructions.

Les aides de camp Beauharnais et Croisier, envoyés en reconnaissance, obtiennent leur reddition contre promesse de leur laisser la vie sauve, malgré l’arrêt de mort prononcé contre toute la garnison de la ville prise d’assaut.

À leur retour, Bonaparte s’emporte en apprenant la nouvelle: « Que veulent-ils que j’en fasse? Ai-je des vivres pour les nourrir? Des bâtiments pour les transporter en Égypte et en France? » Les aides de camp font savoir qu’ils se sont trouvés en bien mauvaise posture. « Il fallait mourir et ne pas m’amener ces malheureux! » leur est-il répondu.

Les exécutions commencent le 8 mars et se poursuivent jusqu’au 10. Pour épargner les munitions, la tâche est achevée à la baïonnette. Un témoignage publié en 1979, dix-neuf lettres écrites par François Bernoyer, chef de l’atelier d’habillement de l’armée d’Orient, laisse entendre qu’un sort semblable est réservé aux femmes ramenées au camp par les soldats pour en faire le commerce.

S’appuyant sur les Mémoires de Bourrienne, de nombreux historiens accréditeront la version d’un conseil de guerre de trois jours ayant précédé les exécutions. Or celles-ci commencent le 8 mars. On ne trouve aucune trace d’une telle réunion, et Bonaparte n’en fait jamais état. Quelques centaines de prisonniers sont épargnés, presque tous égyptiens.

Devant le scandale suscité par ces massacres en Angleterre et dans la contre-révolution, Bonaparte cherchera à se justifier, invoquant la gêne représentée par cette masse de prisonniers, et le fait d’avoir reconnu parmi eux neuf-cents combattants présents au siège d’El-Arich, qui n’auraient pas tenu parole. Ce contingent, s’il existait (on a vu que les Français avaient eux aussi trahi leurs promesses) ne pouvait représenter plus d’un quart à un tiers des soldats en présence. La raison du massacre est ailleurs.

Dans son rapport au Directoire, Bonaparte ne cherche pas à dissimuler à ses chefs son action à l’égard de la garnison de Jaffa, qu’écrit-il : « Quatre mille hommes des troupes de Djezzâr ont été passés au fil de l’épée; il y avoit huit cents canonniers: une partie des habitans a été massacrée. » Il mélange donc les massacres du 7 et ceux du 8. Pourtant ceux-ci sont différents.

Le 7 : pas de négociation, pas de reddition.  massacres et violents combats de rues menés par des soldats difficilement contrôlables et qui se terminèrent dans les ténèbres de la nuit. 

Le 7 :  tout répond aux lois de la guerre relatives aux villes prises d’assaut.

Le 8 : négociation suivie de reddition. Massacre ordonné hors combat, contre un ennemi sans arme et qui s’était rendu. Tout pouvait ce jour là être réfléchi sereinement avec l’assurance que les ordres allaient être exécutés à la lettre.  

Le 8 :  aucune loi n’autorisait  Bonaparte à se débarrasser des prisonniers. 

Confiant dans la portée de son geste, il fait le 9 mars cette déclaration aux Palestiniens: « Tous les efforts humains sont inutiles contre moi, car tout ce que j’entreprends doit réussir,  si je suis terrible pour mes ennemis, je suis bon et miséricordieux pour mes amis. »  une partie des prisonniers vient de la garnison d’El Arish et sont parjures. Mais aussi de mentir pour se justifier auprès de la troupe : « si nous ne les tuons pas nous courrons à la famine ». 

Tous ceux qui ont rapporté ces faits n’ont jamais mélangé les deux massacres et n’ont expliqué le second, non pas au nom des lois de la guerre, mais au nom des justifications du général en chef.

L’armée reprend sa route le 14.

Le siège de Saint-Jean d’Acre commence le 19. Mais les soldats de Djezzar ont compris qu’ils n’avaient rien à perdre, et le siège est levé dans la nuit deux mois plus tard.

L’armée se replie sur Jaffa, où la peste fait des ravages. Bonaparte ordonne à Desgenettes d’administrer aux malades une dose mortelle de laudanum, mais ce dernier refuse. L’ordre est appliqué par le pharmacien en chef de l’armée. Une trentaine de soldats sont empoisonnés, d’autres abandonnés au Mont Carmel. Sept survivront, et raconteront leurs déboires à l’arrivée des Anglais. Par orgueil semble-t-il, Bonaparte a refusé de leur confier les blessés.

La propagande contre-révolutionnaire saura tirer profit de l’événement, portant jusqu’à cinq-cents le nombre des empoisonnés.

Le tableau de Jean-Antoine Gros, fondateur de l’orientalisme et de la propagande impériale, fait référence au deuxième séjour de Bonaparte à Jaffa. L’anecdote est tirée du témoignage de Desgenettes, pourtant peu enclin à la théâtralité. Jacques-Philippe Vioart écrit que, sur la toile de 1804, les Français « ont pris l’air et le caractère du pays ». Conforme à sa légende, entouré d’officiers supérieurs, Bonaparte apparaît comme un être d’exception, respectueux de la hiérarchie mais attentif à chaque soldat.

Aux postures antiques et au décor oriental, il faut ajouter une référence thaumaturgique que Chateaubriand est le premier à souligner, dix ans plus tard, en 1814 : « Dans les arts, même servitude: Buonaparte empoisonne les pestiférés de Jaffa; on fait un tableau qui le représente touchant, par excès de courage et d’humanité, ces mêmes pestiférés. Ce n’était pas ainsi que Saint-Louis guérissait les malades qu’une confiance touchante et religieuse présentait à ses mains royales. »

Les massacres de Jaffa ne firent pas grand bruit en leur temps. Lors du salon de 1804, l’Anglais John Pinkerton, de passage à Paris, fait état de rumeurs sur les crimes de Bonaparte. La propagande a porté ses fruits jusqu’à nos jours, en France tout au moins.

Mais cette expédition marque surtout un réel tournant dans l’attitude de Bonaparte. Débarquée huit mois plus tôt avec des principes républicains, l’armée fusille en masse des prisonniers. Les techniques pour tenter de garder le contrôle du pays, annoncent celles, profondément destructrices, de la campagne d’Algérie, où l’on retrouve de nombreux vétérans d’Égypte. Les fusillades de Jaffa apparaissent comme le premier massacre colonial français moderne, un avant-goût des massacres dans la conquête du Tchad, par les colonnes infernales de Voulet et Chanoine, qui juste un siècle plus tard, vivront jusqu’au bout leur rêve mortifère d’un royaume colonial, détaché de la métropole.

Dans la retraite, le général Kléber reçoit l’ordre de pratiquer la politique de la terre brûlée.

Quelques années plus tard, l’Empereur confie à Chaptal: « Il n’y a que Wellington et moi, en Europe, capables d’exécuter ces mesures. Mais il y a cette différence entre lui et moi, c’est que cette France, qu’on appelle une nation, me blâmerait, tandis que l’Angleterre l’approuvera. Je n’ai jamais été libre qu’en Égypte. Aussi m’y suis-je permis des mesures pareilles. »

Sources: Olivier Favier  (Quand la France s’inventait en Syrie.)

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Publié dans : IL Y A DEUX SIECLES. | le 11 novembre, 2007 |Commentaires fermés

Chouannerie et guerres de Vendée.

 

Le petit journal août 1894.

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La petite patriote.

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La légende  de l’article nous dit :

Dans le bivouac des Vendéens, est amenée une trés jeune fille, sur cette enfant on a trouvé une cocarde tricolore. 

C’est une espionne, une patriote, une ennemie.

On lui fait subir un interrogatoire sévère, et la petite qui a vu fusiller quelqu’un des siens a bien peur.

Mais l’interrogatoire restera bon enfant, elle est encore si près du berceau.

 Chouannerie et guerres de Vendée. dans IL Y A DEUX SIECLES. barre..

« Soyons terribles pour éviter au peuple de l’être » Danton.

 Scène de guerre et d’horreur a l’ouest.

 Souvenez-vous, c’était la guerre civile et les Français s’égorgeaient.

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La tête coupée de Louis XVI est un message aux têtes couronnées. Hors des frontières, l’écho est très négatif, la majorité des intellectuels et journalistes, condamne cette mort inutile. La France devient le pays des sans-culottes anthropophages et sanguinaires. En réponse, la guerre se généralise, l’Angleterre, l’Espagne et le piémont se joignent aux Autrichiens et Prussiens. La menace qui pèse sur toutes les frontières renforce le durcissement de la politique intérieure. La Convention décide donc de lever des hommes supplémentaires.

La Pratique d’en appeler à des volontaires n’est pas nouvelle lorsque la Convention vote, en février 1793, la levée de trois cent mille hommes. Mais le contexte politique et social est, à ce moment là, très tendu. Une partie de la population française est contrariée par l’incomplète abolition des privilèges, elle ne comprend pas la necessité de la constitution civile du clergé, et s’inquiète du cours et de la valeur de l’assignat. A ce malaise, s’ajoutent les modalités de la levée, les départements qui ont peu donné de volontaires sont priés de faire un gros effort, et le tirage au sort, une ancienne institution honnie qui date de l’ancien régime, menace…. La France se soulève, mais les émeutes vendéennes prendront une dimension unique et s’étendront jusqu’à la Bretagne après la pitoyable et misérable  « Virée de Galerne ».

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Les paysans brulent les titres féodaux, dénoncés si souvent dans les cahiers de doléances.

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Les prêtres réfractaires, sont devenus clandestins, ils célèbrent les offices religieux en plein air.

messeenmer dans IL Y A DEUX SIECLES.

ou en pleine mer..

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Les émeutes.

 .La levée de 300 000 hommes fut déterminante dans le soulevement des paysans.

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Bagarre entre paysans et patriotes.

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Ci-dessus, la mort de Sauveur, telle qu’elle fut représentée comme victime de la barbarie des insurgés.

« Cette scène c’est passée à la Roche-Bernard, entre Nantes et Vannes, les paysans trainent Sauveur, ( président du directoire du district) au pied d’un calvaire pour lui faire faire amende honorable, mais à l’ordre de crier vive le Roi ! il répond par  vive la République! ».   .

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 1793.

La guerre entre français commence.

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Le 3 mars 1793, les habitants de Chollet rassemblés sur une place pour le tirage au sort font savoir haut et fort qu’ils ne partirons pas. Cette foule clame :  nous ne donnerons pas nos nom pour le tirage au sort.  Une salve de fusil pour disperser les émeutiers, mais quelques hommes tombent. Cette contestation va devenir de la fureur et nombreux sont les hameaux gagnés par la révolte.

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Le 10 et 11 mars 1793, le bourg de Machecoul est attaqué par les insurgés, causant la mort de centaine d’habitants.

Ce massacre fut considéré par les républicains comme un exemple de cruauté des révoltés Vendéens. Pourtant les deux camps rivalisaient de barbarie et de cruauté..

Les Vendéens, ont besoin de chefs.

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 Les paysans Vendéens, demandent à Cathelineau de prendre la tête de leur insurrection.

Surnommé  « le Saint d’Anjou », de sont engagement dans les troupes insurgés en mars 1793, et de sa mort le 14 juillet 1793, seulement une épopée de quatre mois.

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12 mars. Révolte à Saint Florent le Vieil. (Maine et Loire).

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13 mars. Prise de Jallais. (Maine et Loire). 

Prise du château de Jallais, où des soldats de ligne et des gardes nationaux tiennent garnison, par des paysans commandés par Cathelineau.

C’est lors de l’attaque du château de Jallais, que les Vendéens, prennent leur premier canon qu’ils nomment  ” le Missionnaire”.

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14 mars. Prise de Chollet. (Maine et Loire).

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15 mars. Combat de Coron. (Maine et Loire).

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 19 mars. Attaque du général Marcé par les insurgés. Bataille de Mané-Corohan. ( Morbihan).

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22 mars. Prise de Chalonne. (Maine et Loire).

Cathelineau conservera une immense influence sur les paysans, et il combattit  à Chalonne avec sa bravoure ordinaire.

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23 mars. Massacre de paysans à Pornic. (Loire Atlantique).

Pornic.  Le Vieux Château. Léon Gaucherel

27 mars. Prise de Pornic, (Loire Atlantique). les insurgés s’emparent de la ville.

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29 avril. Charette repousse les républicains autour de la ville de Legé. (Loire Atlantique).

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1 mai.  Prise d’Argenton le Chateau ( Deux Sèvres) par La Rochejaquelein .

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 2 mai. Investissement de Bressuire. ( Deux Sèvres). 

Le 2 mai, la ville de Bressuire est prise par l’armée catholique, les insurgés y trouvent  du pain, de la farine, des cartouches et de la poudre laissé là par le général Quétineau qui s’est replié très rapidement sur Thouars.

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5 mai. Prise de Thouars. ( Deux Sèvres).

Le général Quétineau s’est replié sur Thouars, la clé d’accès au Poitou, ceci gêne les Vendéens,  alors ils  attaquent le 5 mai dès 6h du matin. En milieu de matinée les troupes de La Rochejaquelain et de Lescure ont franchi la rivière et l’artillerie Vendéenne aux ordres de Marigny fait céder la porte principale de la ville. Le général Quétineau est obligé de capituler.

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13 mai. Prise de Parthenay par les Blancs ( Deux Sèvres), et la Chataigneraie. (Vendée). 

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24 mai. Prise de Fontenay-le Comte. (Vendée). 

 Les insurgés récupèrent à cette occasion 42 canons, 5000 fusils et 240 prisonniers. Mais incapable de maintenir une garnison dans la ville, Fontenay est évacuée par les Vendéens le 27 mai.

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9 juin. Prise de Saumur (Maine et Loire). Prise de Machecoul (Loire Atlantique) par Charette et Cathelineau.

 Le 9 juin la bataille de Saumur s’engage. La colonne de Lescure doit prendre à revers les redoutes Républicaines, violemment accrochée par un régiment de cuirassiers elle finit par les repousser mais Lescure est blessé dans cette affaire.

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29 juin. Echec des blancs devant Nantes. Cathelineau blessé.

Lors de l’attaque de Nantes, Cathelineau est blessé d’une balle à la poitrine. Il est ramené à l’arrière puis évacué à Saint Florent le Vieil où il meurt le 14 juillet.

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14 juillet. Mort de Cathelineau à Saint Florent le Vieil. (Maine et Loire).

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   26 juillet. Bataille de Ponts de Cé. (Maine et Loire).

 La glorieuse légende du célèbre épisode de la Roche des Murs:  Acculée sur cette roche qui se dresse à pic et domine la Loire près des Ponts de Cé, la troupe républicaine, dans un acte héroique, plutôt que de se rendre, se précipite dans le fleuve. Seuls restent sur la corniche l’épouse du commandant du 8° bataillon et son enfant, protégés par un soldat qui se sacrifie pour les protéger tandis qu’elle décide de se jeter quand même dans le vide. 

Voici certainement la véritable histoire, en cliquant ici, les témoignages sur cet épisode.

 

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14 août. Defaite de Luçon. (Vendée).

L’artillerie légère des bleus,  plus une mauvaise entente entre les chefs cause la déroute chez les Vendéens lors de cette bataille en rase campagne. 

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 Septembre 1793, la Convention vote la Terreur à l’ordre du jour. 

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(les femmes obligent leurs hommes à retouner combattre.)

 10 septembre. Défaite de Charette à Port Saint Père. (Loire Atlantique).

Les 9 et 10 septembre, les Mayençais ( bleus ) s’emparent successivement de Port-Saint-Père, Saint-Philbert-de-Grandlieu, Legé, le quartier général de Charrette, Remouillé, Montaigu et de Clisson le 17 septembre.

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16 Octobre , le tournant de la Guerre de Vendée.  

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(Source: canalblog.com/archives/2010/10/16/19344230.html)

L’offensive républicaine d’octobre 1793.

                                       14 octobre. l’Armée des Mayençais quitte Montaigu pour Tiffauges, tandis que celle de Luçon, commandée par Marceau, marche sur les Herbiers. La première entre le 15 octobre dans Mortagne, que les Vendéens viennent d’ évacuer.

 

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  15 octobre. Bataille au lieu dit ” La Tremblaye”. (Maine et Loire). Lescure blessé mortellement

 Lescure tente d’arrêter les Bleus à La Tremblaye, le 15 octobre. Il doit se replier sur Cholet, après avoir été grièvement blessé à la tête.

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           16 octobre. Les soldats républicains rassemblés devant Mortagne se heurtent à leurs adversaires sur une ligne allant de Saint-Christophe-du-Bois à l’ouest, jusqu’au château de la Tremblaye à l’est. D’Elbée commande l’aile droite des Vendéens, Lescure l’aile gauche. Dans ce combat, Lescure reçoit un coup qui lui sera mortel. Les blancs perdent confiance et se replient alors sur Cholet qu’ils sont par manque de munitions obligés d’évacuer.

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17 octobre .Défaite à Cholet.(Maine et Loire).  Bonchamps blessé mortellement.

 La Rochejacquelein, aidé de Bonchamps et Elbée, lance l’offensive sur Cholet. A l’issue de combats violents, les insurgés finissent par céder et s’enfuient en direction de la Loire.

L’armée vendéene prise de flanc dans les landes de Cholet, est dispersée et mise en fuite par les bleus républicains.

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La sépulture de Bonchamps, profanée par les bleus.

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Une décision va engager les Blancs dans une campagne tragique:

la Virée de Galerne.

 Le 18 octobre.  80000 Vendéens, dont la moitié de combattants passent la Loire à Saint-Florent-le-Vieil.

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C’est le début de la Virée de Galerne.

L’objectif des « Blancs » est de rejoindre les Chouans et d’atteindre un port, ce sera Granville. Ils espèrent en effet les renforts d’un débarquement anglais dans le port Normand.

 

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18 octobre. Début de la “ Virée de Galerne “.

 

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 Sur les quatre vingt mille environ qui,  le 18 octobre, ont passés la Loire, on estime généralement qu’ils ne sont pas plus de quatre mille à revoir leur pays. Et le comble de l’horreur est pourtant encore à venir.

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20 octobre. Carrier arrive à Nantes et va semer la terreur.

Le supplice de la baignoire nationale, a fait l’objet de multiples descriptions toutes aussi atroces.

( Rappelé par la Convention, Carrier, le missionnaire de la Terreur, est jugé pour cruauté excessive et guillotiné le 16 décembre 1794 ).

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 22 octobre. Victoire des insurgés à Entrammes ( Mayenne) conduits par La Rochejaquelein.

La bataille commença sur les collines au nord d’Entrammes, elle dura toute la journée. La Rochejaquelein s’y distingue à la tête de toutes les attaques, et surtout dispersant jusqu’à Château-Gontier l’armée républicaine.

 L’armée républicaine est totalement mise en déroute, et ses débris ne se rallient qu’à Angers. 

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23 octobre. Jean Chouan rejoint les vendéens de la ” Virée de Galerne”.

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4 novembre. Décès de Lescure. ( Lescure est mortellement touché à la tempe gauche ).

Transporté par l’armée des “brigands”, après la défaite de Cholet, il passe la Loire à St Florent le Vieil le 18 octobre.  Sa blessure s’aggrave à mesure que l’armée vendéenne avance dans cette “virée de galerne”.  Sur le chemin de Granville, Lescure apprendra la mort de la Reine Marie Antoinette, à laquelle, il était très dévoué.

Il décèdera  le 4 novembre 1793, entre Ernée et Fougères, dans la voiture qui le transporte, sur la route de Granville. Le marquis de Donnissan le fera inhumer, à l’insu de Mme de Lescure, aux abords de la ville de Fougères dans un lieu resté inconnu. Sa dépouille ne sera jamais retrouvée.

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C’est décidé, à défaut  de Saint-Malo, jugé trop difficile à prendre, ce sera Granville.

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  Mort du maire de Granville, Clément Desmaisons, lors du siège de la ville par les Vendéens.

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15 novembre. Défaite des blancs à Granville. (Manche).

Les batailles pour s’emparer de Granville, sont très meurtrières, plus de 2000 morts. Les républicains forts de 11000 hommes commandés par le commissaire Julien, est largement victorieuse. Et les Anglais n’arrivent toujours pas, ” puisque les alliés ne sont pas au rendez-vous, rentrons dans nos chaumières”. 

L’echec de Granville, sonne le glas de leurs derniers espoirs, c’est désormais le reflux.

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 Le retour des Vendéens est infiniment plus dramatique que l’aller.

Marceau, qui a la confiance de l’armée, assure le commandement en chef. Les combats de Pontorson, d’Antrain et de Dol, sont très meurtriers.  

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13 décembre. Défaite du Mans. 

Après le combat, le général Marceau, vainqueur, ne peut contenir ses propres soldats et ni les sans culottes, entrainés au carnage par le maire. Les enfants, les vieillards et les femmes des brigands sont traqués et massacrés. C’est ainsi que quelques officiers et habitants tentent de sauver ceux qu’ils viennent de battre. De même, durant ces combats d’Autichamps, fait prisonnier, doit la vie sauve à son cousin, Saint-Gervais, officier républicain, qui le déguise en hussard.

Acculés à la Loire, vers Ancenis, seuls trois ou quatre cents Vendéens à peine atteignent l’autre rive.

Les autres repartent vers l’ouest, ils évitent les villes de Nantes et Chateaubriant trop bien défendues, ils sont rejoints par les bleus à coté de la bourgade de Savenay

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23 décembre. Les insurgés sont écrasés à Savenay. (Loire Atlantique).

La troupe acculée contre la Loire est attaquée, mais il ne sera fait aucun prisonnier, tous seront tués.

La tragique épopée s’achève sous le sabre de celui qui s’applique toujours davantage à mériter son surnom de ” boucher de la Vendée “, et auquel il convient de laisser le dernier mot.

“  Il n’y a plus de Vendée, citoyens républicains, annonce Westermann au Comité de Salut Public. Elle est morte sous notre sabre libre, avec ses femmes et ses enfants. Je viens de l’enterrer dans les marais et les bois de Savenay, suivant les ordres que vous m’aviez donnés. J’ai écrasé les enfants sous les pieds des cheveaux, massacré les femmes qui, au moins pour celles-là, n’enfanteront plus de brigands. Je n’ai pas un prisonnier à me reprocher. On fusille sans cesse à Savenay, car à chaque instant il arrive des brigands, qui prétendent se rendre prisonniers. Kléber et Marceau, ne sont pas là, nous ne faisons pas de prisonniers, il faudrait leur donné le pain de la Liberté, et la pitié n’est pas révolutionnaire ”.

On a coutume de prendre cette date du 23 décembre 1793 pour marquer la fin de la guerre de Vendée, mais à compter de ce jour, on entre dans la  ”chouannerie”. 

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Une autre guerre commence, celle de l’embuscape et de la clandestinité. 

La chouannerie.

Au lendemain de la bataille de Savenay, son commandant le général républicain Marceau, homme honnète, indigné par ce qu’il a vu après la victoire de son armée, a demandé son transfert. Il est remplacé par le général Turreau, celui-ci décide de pratiquer la politique de la terreur et de la terre brûlée, il va créer les fameuses et célèbres ” colonnes infernales ”, car la république ne se sent pas encore maitre de l’Ouest, alors il faut se débarasser définitivement de la Vendée.

 

1794.

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D’Elbée, blessé est réfugié à Noirmoutier, là, il est capturé par les troupes du général Haxo qui s’est emparé de l’ile. Très affaibli par ses blessures, ne pouvant se tenir debout, il est fusillé dans un fauteuil le 6 janvier 1794.  Son épouse sera fusillée le lendemain par les mêmes soldats.  

 

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Le fauteuil dans lequel d’Elbée aurait été exécuté. 

6 janvier. Execution de d’Elbée à Noirmoutier (Vendée)..

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 La Convention va faire le plus mauvais des choix, mettre la terreur à l’ordre du jour. Les abus qui découleront de cette décision feront de cette période la plus noire de l’histoire de France et ne résoudront rien, bien au contraire.

 À présent débarrassés de l’armée vendéenne, les révolutionnaires peuvent mettre en œuvre leur plan d’extermination. Protégé de Robespierre, le général Turreau en est chargé. Ses troupes, les Colonnes infernales, déferlent sur la Vendée, semant partout la mort et l’incendie. Les comptes rendus des généraux républicains sont implacables de vérité sur les massacres qu’ils commettent. Traumatisés par ces crimes, les Vendéens survivants reprennent les armes et parviennent à contrer la marche des Colonnes.

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   21 janvier. Début des colonnes infernales du général Turreau.

 Le plan de Turreau est simple, il répartit ses troupes en deux armées de douze colonnes chacune, avançant de l’est et de l’ouest à la rencontre l’une de l’autre avec pour mission de ” passer à la baïonnette”, hommes, femmes, enfants convaincus voire même simplement suspectés d’avoir pris les armes contre la République, incendier les villes, les villages, les bois, les landes, les métairies de la région entière, à l’exception de treize localités qui sont déclarées patriotes. Ces troupes vont être rapidement surnommées les ” colonnes infernales”, pour la raison des ravages systématiques qu’elles opèrent. Cependant, la Convention rappelle Turreau, le 13 mai 1794, et le suspend de ses fonctions..

Turreau n’attachait pas d’importance à l’espèce rebelle, et ne voyait vraisemblablement pas de problème éthique à massacrer toute une population, dès lors qu’il était couvert par le comité de salut public.

Question du général Turreau à la Convention, le 17 janvier 1794. « Que doit-on faire des enfants, des femmes, des suspects, des prisonniers ? » 

Réponse de la Convention sous la plume de Barère de Vieuzac. « Tue ! Tue ! Extermine les brigands jusqu’au dernier ! » 

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Interrogatoire Talmont. (Son interrogatoire se passe selon les règles de la justice révolutionnaire, privé de défenseur, l’accusé doit répondre d’actes pour lesquels sa condamnation est acquise avant même le procès).

27 janvier. Exécution du prince de Talmont.

Pendant la Virée de Galerne, il dirige l’attaque qui conduit à la prise de Fougères après la défaite du Mans, il veut rejoindre Jean Chouan, mais le 30 décembre 1793 il est arrêté au moulin de Malagra. Conduit à Rennes, il est condamné à être guillotiné devant son château de Laval. La tête sanglante de Talmont, fut mise sur une pique et exposée au-dessus de la porte de la grille du château,  les jours suivants, la tête du prince fut enterrée dans la cour du château.

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« Si de ma vie dépend le bonheur de la Vendée, alors je suis prêt à la sacrifier toute entière » (Henri De La Rochejaquelein) 

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28 janvier. La Rochejacquelein tué, stupidement, dans une embuscade à Nuaillé, par un prisonnier républicain. ( Maine et Loire).

Le corps de Henri de La Rochejacquelein est enseveli à la hâte, il sera inhumé plus tard dans l’église de Saint-Aubin de Baubigné, sa ville natale.

Stofflet a pris tous les moyens pour dissimuler sa mort le plus longtemps possibles aux vendéens. C’est seulement le 13 Février 1794 que Turreau communique au Comité de Salut Public, depuis Saumur :  « Le général Cordelier me marque que La Rochejaquelein est tué et enterré à Trémentines. Trente rapports me sont faits sur cet événement et tous s’accordent. Ce qu’il y a de certain, c’est qu’il n’était pas à Cholet et que c’était son armée qui attaquait cette ville ; elle était commandée par Stofflet. J’ai ordonné à Cordelier de faire déterrer La Rochejaquelein et d’acquérir des preuves de sa mort. »

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8 février. Stofflet prend Cholet  ( Maine et Loire)..

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20 mars. Charette victorieux aux Clouzeaux ( Vendée).

 Le général Nicolas Haxo tué aux  Clouzeaux.

 A la bataille de Cholet, son sang-froid et la précision de ses manœuvres amenèrent la victoire prête à échapper aux républicains. C’est à lui qu’on dut, en 1794, la prise de Noirmoutiers. Il périt les armes à la main, écrasé par le nombre, à la malheureuse journée de la Roche-sur-Yon. Un décret de la Convention ordonna qu’il serait élevé, au milieu du Panthéon, une colonne sur laquelle serait gravé le nom du général Haxo..

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 13 avril. Général républicain Beysser exécuté à Paris.

Voila le remerciement de la Convention envers ses généraux.

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 17 mai. Baron Turrreau suspendu de ses fonctions,  pour méthodes inhumaines.

” On est plus occupés à se battre pour le pillage que pour la république “, s’alarme Dubois-Crancé, ancien président de l’Assemblée, il n’est pas seul à se rendre compte de la folie qui s’empare des hommes du général Turreau, Kléber tente de s’y opposer, Haxo s’effraye des dérives qu’il constate, on attaque avec un acharnement qui est de l’horreur. En exemple le petit village de Lucs-les- Boulogne ou l’église est incendiée et dans laquelle 500 femmes et enfants ont été enfermés.

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 Les colonnes infernales répandent la mort et le feu sur leur passage  et jusqu’au 17 mai 1794. Allant bien au-delà des ordres, les colonnes massacrent la population civile et militaire, torturent, violent, massacre et ne laissent que désolation sur leur passage. Turreau n’est pas seul coupable. Il partage les responsabilités avec le comité de Salut Public et avec certains de ses généraux. Le comité a validé chacune de ses propositions tandis que certaines colonnes se délectaient de cette sale besogne et commettaient plus d’exactions que Turreau ne le préconisait. Oui, je le crois, Turreau est coupable, il porte une responsabilité importante dans ce génocide, il ne faudrait pas pour autant qu’il soit l’arbre qui cache la forêt. Le gouvernement parisien, et certains militaires républicains sont tout autant coupables que lui. Le 17 mai 1794 , Turreau est suspendu. Le 29 septembre il est arrêté. Acquitté le 19 décembre 1795, faute de preuve. Il continue sa carrière militaire enchaînant les commandements et les distinctions. Il meurt le 10 décembre 1816, à Conches..

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La Closerie des Poiriers, maison de Jean Cottereau, dit “Jean Chouan “, existe toujours et elle peut se   visiter à Saint-Ouën-des-Toits en Mayenne .

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25 juillet. Mort de Jean Chouan dans le bois de Misedon ( Mayenne ).

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16 décembre. Carrier guillotiné à Paris.

Carrier, le député du Cantal, représentant en mission,  responsable de la répression à Nantes dans l’automne et l’hiver 1793-1794. Les actes que Carrier a couverts sont terribles, mais l’homme ne se différenciait pas de ses collègues reconvertis en épurateurs (Barras, Tallien, Fouché, Le Bon, Javogues, etc…).  L’un de ses dénonciateurs, soutenus par Fouché qui se fait ainsi oublier, est Babeuf, qui vient d’être libéré et a des comptes à régler avec Robespierre. La France apprend avec horreur les noyades et « les mariages républicains », les fusillades, les massacres et viols, dont Carrier et deux de ses proches se sont rendus coupables. En décembre 1794,  à la suite d’un procès suivi par la France entière, les trois hommes sont exècutés.  

Ce « missionnaire de la Terreur », ne mérite pas une gravure, il a laissé un souvenir tellement sanglant dans la ville de Nantes et ses environs.

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 1795.

Les Vendéens se sont réorganisés et repris possession de leur territoire. Incapable de les mater, les républicains concèdent une paix favorable à leurs adversaires. Pour un temps seulement, car la reprise en main des armées par le général Hoche aura raison des derniers combattants royalistes en 1796. 

 17 février. Accords de la Jaunaye. 

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Traité d’amnistie signé par les représentants du peuple près les armées de l’Ouest pour la pacification de la Vendée

20 avril. Accords de la Mabilais.

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Le traité de la Mabilais, signé entre le général Hoche et les chefs chouans, met fin théoriquement à l’insurrection bretonne. Mais seulement sur le papier car, en réalité, il n’apaise pas les esprits, le parti royaliste conserve une rancune tenace contre la République et particulièrement contre Hoche, son plus sérieux adversaire. Aussi voit-on resurgir des partisans prêts à attenter à la vie du pacificateur de l’Ouest. C’est le cas d’un nommé Charles-Martial Teyssière, vivant à Rennes mais soi-disant domicilié à Paris. Teyssière ? C’est du moins le nom par lequel il se fait appeler, car sa véritable identité n’est pas connue de façon certaine. Agent actif du parti royaliste, il se dit marchand de chevaux. Le flou entourant ce personnage tient au fait que, comme la plupart de ses frères d’armes en lutte contre les bleus, il change fréquemment de patronyme afin de détourner les soupçons. Malgré l’ambiguïté qu’il entretient sur sa vie privée, l’homme est néanmoins connu de la police. Le mieux informé sur le compte de cet individu est apparemment le général Hoche lui-même, qui assure qu’il se nomme en réalité Alexandre Rossignol, maquignon intrigant qui arrondit ses fins de mois dans la chouannerie, où il jouit d’une confiance générale. Et c’est donc ce Rossignol Alexandre, qui, sur une place de Rennes, déchargera ses pistolets en direction du général Hoche, mais celui-ci ne sera pas atteint.

2 mai. Traité de Saint- Florent signé par Stofflet.

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25 mai. Cormatin arrêté et conduit à l’ile Pelée ( Manche ).

Le baron Cormatin, chef d’état-major du comte de Puisaye, se fait, chez les chouans, le champion de la négociation, il n’aura de cesse de rallier les chefs chouans de Morbihan et de l’Ille et Vilaine, et parvient à persuader un certain nombre d’entre eux de se rendre au chateau de la Mabilais, pour discuter les modalités d’un accord qui aboutira à la signature d’une trêve le 20 avril 1795. Le texte est inspiré de celui  de la Jaunaye, ou les insurgés s’engagent à cesser le combat, en échange de quoi la république promet de cesser toute poursuite contre les insoumis et les émigrés, d’autoriser le culte des prêtres réfractaires, et de dégager des indemnités pour les pertes subies du fait des hostilités.

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17 juin. Boishardy tué à Moncontour ( Côtes d’Armor ).

Dans la nuit du 17 au 18 juin 1795, un détachement du camp de Meslin découvre sa cachette grâce à un traitre. Atteint de trois coups de fusils tirés par le capitaine Ardillos, Boishardy s’écroule dans un verger près de la chapelle de Saint-Malo. Un soldat lui coupe la tête et, à six heures du matin, le macabre trophée est promené dans les rues de Moncontour, d’abord posé sur le rebord d’une fenètre, puis à Lamballe et enfin le cadavre est jeté dans l’étang de Launay.

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Lettre d’indignation du général Hoche, au sujet de la mort de Boishardy. Les deux assassins ne seront que très légèrement punis. .

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25 juin. Débarquement de Quiberon ( Morbihan ).

La contre-révolution débarque d’Angleterre au cœur de la bretagne. En fait, si l’uniforme est anglais, il s’agit essentiellement d’émigrés, venus pour rétablir la monarchie. Bien que celui-ci semble s’être déroulé pour le mieux, les attentes des uns vont se heurter aux espoirs des autres sans qu’il soit possible de trouver de compromis. Les chefs, tous d’abord, ne vont pas réussir à se mettre d’accord, incapables de s’entendre, ils vont en appeler à un arbitrage des anglais, erreur fatale !, pendant que les insurgés se disputent et tergiversent, les troupes républicaines, commandées par Hoche, qui a eu le temps de rassembler toutes les troupes disponibles, se préparent à  cadenasser la presque île de Quiberon.

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Hoche, dirige les opérations depuis son Q.G. à Vannes, il dispose d’une armée de 13000 hommes, il écrit à cette lettre à Paris ”ne craignez rien pour Lorient, ni des suites de la descente, elle ne fera qu’ajouter à la gloire des armées républicaines.“ Effectivement, les chouans se font refouler irrémédiablement, car ils sont les seuls à combattre, les émigrés sont restés à Carnac, ce qui fait dire à Cadoudal, ” les monstres auraient dû être engloutis dans la mer avant d’être arrivés à Quiberon.” Le 7 juillet, Hoche écrit au chef de son état-major, ” les troupes anglo-émigrés-chouans sont, ainsi que des rats, enfermés dans Quiberon, où l’armée les tient bloquées.“   

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28 juillet. Capitulation des émigrés à Quiberon.

Les derniers moments de Charles de Sombreuil, entouré des derniers combattants de l’armée Royaliste, il essaie d’enrayer l’avancée des républicains et de protéger les femmes, les enfants, les bléssés qui tentent vainement de rejoindre la flotte anglaise.

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Le désastre de Quiberon met définitivement fin à la pacification et marque le début d’une nouvelle forme de chouannerie.

 Le terme de ”chouannerie-guérilla” n’a jamais si bien défini le nouveau mouvement  insurgé.  

 

Maintenant ce sont des guerres d’embuscade.

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2 octobre. Débarquement du comte d’Artois à l’ile d’Yeu ( Vendée ).

Le 21 novembre 1795, trois émissaires vinrent remettre à Charette, une lettre du comte d’Artois. Il indiquait les raisons pour lesquelles il n’avait pu débarquer, en imputant la responsabilité aux Anglais. Il donnait aussi ses instructions quant aux prochaines campagnes et promettait de revenir, Charette eut la générosité de déclarer :

“Les Anglais ont joué nos princes et par contrecoup nous ont indignement trahis,  il ne nous restera de ressources qu’en nous-mêmes et nos moyens sont faibles”..

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1796.

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10 janvier. Circulaire du général Hoche.

Le 20  nivôse an IV. Pour qui, pourquoi portez-vous les armes ? Est-ce pour rétablir vos seigneurs, leurs droits féodaux, la dîme, les corvées personnelles, la gabelle, les impôts et billots, etc…? Vous protégez vos bourreaux, et vous vous armez contre ceux qui veulent vous rendre à vos droits naturels !.

Valeureux défenseurs de l’Etat, c’est principalement à vous qu’il appartient de faire respecter et de chérir le régime républicain. N’oubliez jamais que, si vous devez aussi protéger l’innocent, accueillir le faible, et respecter la propriété de tous.. 

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25 février. Stofflet fusillé à Angers.

Le 22 février, les bleus, avertis de la présence d’insurgés au lieu-dit La Saugrenière, y envoient un détachement qui, au petit matin, capture Stofflet..

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29 mars. Charette fusillé à Nantes.

Le 23 mars 1796, Charette, acculé dans un bois, près de la Chaboterie, est fait prisonnier par le général Travot. Il est exécuté place Viarme, à Nantes le 29 mars, après avoir refusé le bandeau qu’on voulait poser devant ses yeux..

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18 juin. Les chefs des insurgés se rendent à Vannes, afin de faire leur soumission.

19 juin. Cadoudal rend les armes au général Quantin..

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16 juillet. Le directoire annonce au conseil la pacification de la Vendée.

Après la mort de Charette les Vendéens rendent les armes. Hoche termine la pacification en Anjou et en Bretagne. Le 15 juillet 1796 le Directoire annonce que les troubles dans l’Ouest sont apaisés, et ce, grâce à l’action de Hoche.  Hoche reçoit les honneurs de la patrie..

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1797.

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19 septembre. Mort du Général Hoche.

Hoche est le général qui est venu à bout de la Vendée. Cet homme intelligent et d’une exceptionnelle honnêteté a servi son pays avec abnégation. A 25 ans, il était général, commandant en chef de l’armée de Moselle. Deux ans plus tard, il mettait fin à la guerre civile en pacifiant la Vendée et la Bretagne. Toujours respectueux de ses hommes, de la discipline et dans le respect de ses adversaires, il a su mettre fin au conflit vendéen. Il meurt  le 19 septembre 1797 à Wetzar (Prusse) à l’âge de 29 ans, d’une tuberculose, ( certains ont parlé d’un empoisonnement, )  alors qu’il sert encore et toujours son pays, cette fois en Prusse.  Les honneurs militaires lui sont rendus. La Vendée de son côté organise des funérailles d’honneurs à la mémoire de celui qui y a ramené la paix.

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1799.

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15 septembre. Réunion des chefs insurgés au chateau de la Jonchère ( Vendée ).

15 octobre. Reprise des combats dans plusieurs villes du grand Ouest..

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1800.

 

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13 janvier. Pacification proposée par le général d’Hédouville.

13 février. Traité de Beauregard.

 La chouanerie a pris fin le 13 février 1800, date à laquelle, Cadoudal signera à Saint-Avé, le traité de Beauregard, par lequel il accepte de mettre bas les armes.

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  Conclusion.

 Les guerres qui ont ravagé l’ouest du pays prennent fin avec le traité de Beauregard, mais les contre-révolutionnaires s’agitent toujours, Cadoudal a été contraint à cette paix, mais il reste toujours insoumis. De retour en Bretagne, après son séjour en auprès du comte d’ Artois en Angleterre, Cadoudal prépare sa dernière bataille, tout simplement l’enlèvement de Bonaparte! Mais ce projet n’est un secret pour personne, Polignac, Moreau, Rivière, Pichegru, ses principaux complices, sont arrêtés par la police de Fouché avant d’avoir pu agir.

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Le 9 mars 1804, Cadoudal, est arrêté à son tour rue des Boucheries, après une véritable course poursuite dans les rue de Paris, il sera jugé en compagnie de 41 accusés, condamné à mort et exécuté le 12 juin 1804. 

La mort de Cadoudal, ne met pas fin au courant de contestation, mais désormais le conflit va être politique, les Bretons et Vendéens soignent leurs profondes blessures, la guerre de Vendée aura duré de 1793 à 1796, et la chouannerie jusqu’à 1800.

On eut prévenu l’insurrection de l’ouest, si on n’avait pas rendu la révolution odieuse à ceux même qui devaient en recueillir les fruits, si on eut mis plus de modération, de justice, de prudence, d’impartialité dans l’exercice du pouvoir. 

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C’était une armée de géants.

« Et même les chiens ont compris, ils n’aboient que contre les bleus. »

 

Les chefs Vendéens et Chouans, morts pour pour leurs idées.

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François Athanase de Charette de la Contrie.

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Henri du Vergier, comte de La Rochejaquelein.

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Jean Nicolas Stofflet.

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Charles Melchior de Bonchamps.

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Antoine-Philippe de La Trémoïlle prince de Talmont.

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Jacques Cathelineau.

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Georges Cadoudal.

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Maurice, Joseph, Louis Gigost D’Elbée.

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Marie Pierre-Louis,comte de Frotté.

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Pierre-Jean-Baptiste Constant, comte de Suzannet.

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Gaspard de Bernard de Marigny.

(Le seul chef vendéen fusillé injustement par les siens sur ordre de Stofflet)

 

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Louis-Marie de Salgues, marquis de Lescure.

  

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La marquise de La Rochejaquelein.

 Elle est l’auteur des mémoires les plus célèbres consacrés à la guerre de Vendée. 

La plupart des commandants et des généraux n’avaient aucune pratique de l’art militaire. C’étaient, à peu d’exceptions prés, des jeunes gens, des séminaristes, des bourgeois, des paysans. La cavalerie était encore plus surprenante que l’infanterie. Elle était sur des chevaux de meuniers, de colporteurs, de poissonniers,  avec des brides et des étriers de corde et des sabots. Aussi n’a-t-elle guère été employée que dans les déroutes, pour la poursuite de l’ennemie. Cependant, ce sont ces troupes si ignorantes, si mal équipées, et dans le commencement sans canons et presque sans fusils, dont aucun de munition, qui d’abord avec leur courage et leur enthousiasme, puis avec des talents qu’une prompte expérience développa, firent trembler la république, conquirent une partie de la France, obtinrent une honorable paix, et défendirent leur cause avec plus de succès et de gloire que toutes les puissances alors coalisées. 

( Mémoires de la Marquise de La Rochejaquelin )

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N’oublions pas cette armée de braves paysans qui sont morts en héros.

 Ceux-là n’avaient pas la noblesse du nom, ils avaient celle du coeur, et leur âme fière et libre en a fait des héros dignes de figurer à côté des grands chefs de cette gigantesque épopée.

L’orsqu’on jugeait nos paysans, c’était bientôt fait, on leur disait: Vous faisiez partie de l’armée des brigands?   Ils répondaient: Il ne faut pas mentir. Oui, monsieur. Vous vous êtes battus? – Oh! oui, monsieur.  C’était fini, on les rentrait à la prison et on les exécutait deux heures après. Ils s’en allaient en priant Dieu et disant aux prisonniers qu’ils rencontraient: “Adieu, nous allons en paradis, vive le roi!” 

Ils avaient l’air aussi tranquilles que s’ils avaient suivi une procession. Ils n’avaient pas un mot pour s’excuser  au tribunal, n’avaient fait aucune plainte pendant les deux heures qu’ils attendaient la mort et priaient avec le plus grand calme, sans pleurer ni murmurer, ni se plaindre.  

  Leur nom n’est pas resté dans l’Histoire, mais c’est à nous de nous en souvenir.

Voici comment l’histoire des Vendéens et des Chouans s’acheva et fut oubliée par l’Histoire de France, voilà comment on obligea une région à fêter le 14 juillet qui marquait la mort de ses enfants, voilà comment on inscrit sur les murs des monuments parisiens les noms de généraux criminels de guerre, voilà comment un pan de l’histoire fut occulté et la mémoire travestie camouflant l’holocauste,  on parlera alors de  mémoricide. 

 Les scélérats même qui paraissent conduire la révolution, n’y entrent que comme de simples instruments, et dès qu’ils ont la prétention de la dominer, ils tombent ignoblement. Ceux qui ont établi la république, l’ont fait sans le vouloir et sans savoir ce qu’ils faisaient; ils y ont été conduits par les événements, un projet antérieur n’aurait pas réussi.  Jamais Robespierre, Collot ou Barère, ne pensèrent à établir le gouvernement révolutionnaire et le régime de la Terreur, ils y furent conduits insensiblement par les circonstances, et jamais on ne reverra rien de pareil. Ces hommes, excessivement médiocres, exercèrent sur une nation coupable le plus affreux despotisme dont l’histoire fasse mention, et sûrement ils étaient les hommes du royaume les plus étonnés de leur puissance. (Joseph de Maistre, Considérations sur la France.)

   Les listes des éxécutés lors des fusillades du champ des Martyres. 

Publié dans : IL Y A DEUX SIECLES. | le 11 novembre, 2007 |15 Commentaires »

Les pestiférés de Jaffa.

    Propagande et mensonges d’un tableau..

Au salon de 1804, entre la proclamation de l’Empire et le Sacre, Antoine-Jean Gros présente un tableau de sept mètres sur cinq au musée du Louvre, tout juste rebaptisé musée Napoléon. Le Premier Consul lui en a fait commande l’année précédente.

 Afin de faire oublier un épisode noir de la campagne d’Égypte, Jean Antoine Gros représente Bonaparte en thaumaturge courageux se préoccupant du sort de ses soldats.

Mais c’est bien le tableau, Les Pestiférés de Jaffa, qui assoit sa réputation d’artiste officiel. . 

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La mise en valeur du héros.

La scène se déroule dans un monastère arménien transformé en hôpital de fortune, et fait place à la cour d’une mosquée. La partie droite, où Bonaparte, entouré de son état-major, visite et réconforte les malades français touchés par l’épidémie, est baignée de lumière et renforce l’idée d’un Occident vainqueur. La partie gauche, où des médecins arabes sont impuissants à secourir des mourants, est placée dans la pénombre qui convient à un Orient vaincu. À l’arrière-plan, on voit la brèche ouverte par l’armée républicaine, des fumées rappellent la dureté des combats lors de la prise de la ville signifiée par un drapeau tricolore qui flotte au-dessus des murailles. Presque au centre de la composition, Bonaparte, le héros sans peur, touche la plaie d’un soldat demi-nu, quand le chirurgien en chef Desgenettes essaie de l’en dissuader. Il est habité d’un calme qui contraste avec l’anxiété de son entourage. Devant lui, agenouillée et disproportionnée, presque spectrale, est plantée une figure d’homme nu recevant des soins d’un médecin arabe chrétien. Cet homme jette au général un regard qui s’apparente à une supplique.

Une histoire tragique.

Le tableau présente un général guérisseur impassible, prêt à risquer sa vie pour réconforter des malades. La réalité historique est hélas tout autre. D’une part, la prise de la ville fut suivie d’une répression terrible et impitoyable. Les soldats turcs, qui s’étaient rendus contre la promesse d’être libérés s’ils acceptaient de ne plus porter les armes, furent massacrés, transpercés de coups de baïonnettes afin d’épargner les munitions. « Il se forma, puisqu’il faut le dire, une pyramide effroyable de morts et de mourants dégouttant le sang, et il fallut retirer les corps déjà expirés pour achever les malheureux qui, à l’abri de ce rempart affreux, épouvantable, n’avaient point encore été frappés » écrit François Yiot, commissaire adjoint des Guerres dans ses mémoires pour servir à l’histoire des expéditions en Égypte et en Syrie.

D’autre part, en ce qui concerne l’épisode de la visite aux pestiférés, un témoin oculaire, Fauvelet de Bourrienne, secrétaire de Bonaparte, écrit dans ses Mémoires: « Je marchais à côté du général, j’affirme ne l’avoir pas vu toucher à un pestiféré ».

Cette commande avait donc pour but de transformer l’ordonnateur d’un carnage en guérisseur, et du même coup de blanchir la réputation ternie du général meurtrier.

              massacreenegypte.jpg

 .« En Égypte, je me trouvais débarrassé du frein d’une civilisation gênante. Je rêvais toutes choses et je voyais les moyens d’exécuter tout ce que j’avais rêvé. »  Napoléon Bonaparte.

Campagne de Syrie, le premier massacre colonial.(lien.)

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Publié dans : IL Y A DEUX SIECLES. | le 11 novembre, 2007 |1 Commentaire »
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