Archive pour la catégorie 'Desaix. Bataille de Marengo. les bulletins et rapports.'

Extrait des mémoires de Marmont.

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Le général Desaix. . . vint rejoindre le Premier Consul. Il trouvait l’affaire dans ce fâcheux état; il en avait mauvaise opinion. On tint, à cheval, une espèce de conseil auquel j’assistai; il dit au Premier Consul:  » Il faut qu’un feu vif d’artillerie impose à l’ennemi avant de tenter une nouvelle charge; sans quoi, elle ne réussira pas; c’est ainsi, Général, que l’on perd les batailles. Il nous faut absolument un bon feu de canon. « 

Je lui dis que j’allais établir une batterie avec les pièces encore intactes et au nombre de cinq; en y joignant cinq pièces restées sur la Scrivia et venant d’arriver, et, de plus, les huit pièces de sa division, j’avais une batterie de dix-huit pièces.  » C’est bien, me dit Desaix: voyez, mon cher Marmont, du canon, du canon, et faites-en le meilleur usage possible.  » Les dix-huit pièces furent bientôt mises en batterie. Elles occupaient la moitié de droite du front de l’armée, tant ce front était réduit. Les pièces de gauche étaient à la droite du chemin de San-Giuliano. Un feu vif et subit causa d’abord de l’hésitation à l’ennemi, puis l’arrêta.

Pendant ce temps, la division Boudet se formait, partie en colonne d’attaque par bataillon, et partie déployée. Quand le moment fut venu, le Premier Consul la parcourut et l’électrisa par sa présence et quelques paroles. Après environ vingt minutes de feu de cette artillerie, l’armée se porta en avant. Ma batterie fut bientôt dépassée, et je donnai l’ordre de suivre le mouvement. Je fis faire demi-tour à mes pièces pour marcher, mais j’avais peine à l’obtenir. Les canonniers tiraient malgré moi, par les grands intervalles de nos petits bataillons.

Enfin, le mouvement général s’était successivement établi, pièce par pièce, et j’étais arrivé à la gauche, près du chemin où étaient trois bouches à feu, deux pièces de 8 et un obusier servi par des canonniers de la garde des Consuls; à force de menaces, je les mettais en mouvement, et les chevaux étaient à la hauteur des pièces, à la prolonge, pour faire le demi-tour, quand, tout à coup, je vis, en avant de moi et à gauche, la 30e demi-brigade en désordre et en fuite. Je fis remettre promptement les trois bouches à feu en batterie et charger à mitraille; mais j’attendis pour faire tirer. J’aperçus, à cinquante pas de la 30e, au milieu d’une fumée épaisse et de la poussière, une masse en bon ordre; d’abord, je la crus française; bientôt, je reconnus que c’était la tête d’une grosse colonne de grenadiers autrichiens. Nous eûmes le temps de tirer sur elle quatre coups à mitraille avec nos trois bouches à feu, et, immédiatement après, Kellermann, avec 400 chevaux, reste de sa brigade, passa devant mes pièces et fit une charge vigoureuse sur le flanc gauche de la colonne ennemie, qui mit bas les armes.

Si la charge eût été faite trois minutes plus tard, nos pièces étaient prises et retirées; et peut-être que, n’étant plus sous l’influence de la surprise causée par les coups de canon à mitraille, la colonne ennemie aurait mieux reçu la cavalerie. Il en aurait peut-être été de même si la charge eût précédé la salve. Ainsi, il a fallu cette combinaison précise pour assurer un succès aussi complet, et, il faut le dire, inespéré. Jamais la fortune n’intervint d’une manière plus décisive; jamais général ne montra plus de coup d’oeil, plus de vigueur et d’à-propos que Kellermann dans cette circonstance.

3,000 grenadiers autrichiens, à la tête desquels se trouvait le général Zach, quartier-maître général, chef véritable de l’armée, furent sabrés ou pris. Cette réserve de l’armée avait été mise en mouvement à l’instant où notre nouvelle résistance avait exigé un nouvel effort. 2,000 hommes de cavalerie autrichienne, placés à une demi-portée de canon, virent tout ce désordre sans’ tenter d’y remédier. En chargeant les 400 chevaux français, ils pouvaient facilement reprendre leurs prisonniers et tout réparer; leur repos couvrit de honte leur commandant.

Voilà les circonstances exactes de la crise de la bataille de Marengo. C’est sous mes yeux mêmes et à quelques pas de moi que tout cela s’est passé. On a beaucoup discuté sur cet événement; mais les choses furent telles que je viens de les raconter. Kellermann avait été mis aux ordres du général Desaix; il avait pour instruction de suivre le mouvement des troupes et de charger quand il verrait l’ennemi en désordre et l’occasion favorable. Il a reconnu, en homme habile, l’urgence des circonstances; car c’est quand le désordre commençait chez nous, et non pas chez l’ennemi, qu’il a chargé et qu’il a exécuté sa résolution avec une vigueur incomparable. Il est absurde et injuste de lui contester la gloire acquise dans cette mémorable circonstance et l’immense service qu’il a rendu. . . . .

 Mémoires du duc de Raguse.

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Publié dans:Desaix. Bataille de Marengo. les bulletins et rapports. |on 30 novembre, 2007 |Commentaires fermés

Brevets donnés à des sous-officiers et soldats de la 9e légère.

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POUR LE CITOYEN PETIT.

Au citoyen Petit, sergent-major dans la 9e demi-brigade d’infanterie légère, à l’affaire de Marengo, où ce sous-officier s’avança seul sur les tirailleurs autrichiens, en tua plusieurs et en fit trois prisonniers, un fusil d’honneur.

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POUR LE CITOYEN DAVION.

Au citoyen Davion, sergent-major dans la 9e demi-brigade d’infanterie, à l’affaire qui eut lieu le 25 prairial an 8, à Marengo, où ce sous-officier pénétra plusieurs fois dans les rangs ennemis et y fit quatre prisonniers, un fusil d’honneur.

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POUR LE CITOYEN MAQUART.

Au citoyen Maquart, sergent dans la 9e demi-brigade d’infanterie légère, à l’affaire de Marengo, où ce sous-officier, à la tète d’un piquet de six hommes, fit preuve de beaucoup de fermeté en résistant avec succès à une charge de douze cavaliers ennemis, un fusil d’honneur.

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POUR LE CITOYEN JACQUES.

Au citoyen Jacques, sergent dans la 9e demi-brigade d’infanterie légère, à l’affaire de Marengo, où ce sous-officier, à la tête des tirailleurs, ayant été chargé par la cavalerie ennemie, dont le but était de tomber sur le bataillon, la tint en respect par son intrépidité, démonta plusieurs cavaliers et força les autres à renoncer au projet d’avancer davantage, un fusil d’honneur.

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POUR LE CITOYEN BENOIST.

Au citoyen Benoist, sergent dans la 9e demi-brigade d’infanterie légère, à l’affaire de Marengo, où ce sous-officier, détaché en tirailleur, ayant été chargé par deux cavaliers autrichiens, en démonta un et fit l’autre prisonnier, un fusil d’honneur.

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POUR LE CITOYEN BOUVIER.

Au citoyen Bouvier, caporal de carabiniers dans la 9e demi-brigade d’infanterie légère, à l’affaire qui eut lieu le 25 prairial an 8, à Marengo, où ce militaire pénétra à diverses reprises dans les rangs ennemis et y tua plusieurs hommes à coups de baïonnette, un fusil d’honneur.

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POUR LE CITOYEN MAHUT.

An citoyen Mahut, caporal de carabiniers dans la 9e demi-brigade d’infanterie légère, à l’affaire de Marengo, où ce militaire, voyant un officier de dragons sur le point de tomber au pouvoir de l’ennemi, vole à son secours, tue un des Autrichiens qui le poursuivaient, met les autres en fuite, et reçoit un coup de feu au moment où il allait saisir le cheval du cavalier qu’il avait tué, un fusil d’honneur.

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POUR LE CITOYEN CAMUS.

Au citoyen Camus, carabinier dans la 9e demi-brigade d’infanterie légère, à l’affaire du 16 prairial, en avant de Plaisance, et notamment à la bataille de Marengo, où ce militaire démonta deux cavaliers qu’il fit prisonniers, un fusil d’honneur.

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POUR LE CITOYEN SALLIOR.

Au citoyen Sallior, chasseur dans la 9e demi-brigade d’infanterie légère, à l’affaire de Plaisance, et principalement à la bataille de Marengo, où ce militaire, détaché en tirailleur, ayant été chargé par deux cavaliers autrichiens, en tua un et démonta l’autre, un fusil d’honneur.

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POUR LE CITOYEN VINOT.

Au citoyen Vinot, chasseur dans la 9e demi-brigade d’infanterie légère, à l’affaire de Marengo, où ce militaire, ayant été assailli par deux cavaliers autrichiens et un grenadier hongrois, démonta l’un des cavaliers, mit le grenadier hors de combat d’un coup de baïonnette, et força l’autre cavalier à se retirer, un fusil d’honneur.

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Publié dans:Desaix. Bataille de Marengo. les bulletins et rapports. |on 30 novembre, 2007 |Commentaires fermés

Rapport Ismert, chef d’escadron, au 11e régiment de hussards.

Rapport fait par le citoyen Ismert, chef d’escadron, au 11e régiment de hussards.

Le 25 (14 juin), le général Victor nous a envoyés sur la gauche, pour couvrir nos flancs entre la Lemme et l’Orba, et inquiéter ceux de l’ennemi. J’ai manoeuvré dans cette partie en exécutant de petites charges de temps à autre,  jusqu’à 11 h. 1/2, où je fus contraint de repasser la Lemme . Là, j’ai trouvé un faible bataillon de la 43e commandé par son chef. Un aide de camp du général Victor est venu nous dire de nous maintenir dans cette position.

Vers les 2 heures, l’ennemi nous força, par sa supériorité, à la retraite. Son artillerie et son infanterie faisaient un grand ravage; nous étions sans canons et sans munitions. Nous la fîmes donc la retraite par 400 toises. Les ennemis nous assaillirent de tous côtés sans nous entamer. Leur cavalerie, qui avait coupé la retraite, exécuta une charge sur nous ; les obstacles qu’elle avait à traverser mirent un peu de désordre dans ses rangs. J’en profitai et exécutai une charge vigoureuse; je parvins à percer leur ligne et je ralliai ma troupe à 4 ou 500 toises de cette dernière action.

Pendant que l’ennemi était occupé de notre infanterie, que je ne pouvais plus secourir, je donnai des ordres pour faire ramasser tous les fuyards. Cette recherche m’a procuré une cinquantaine de fantassins, un capitaine du 2e de cavalerie et douze hommes qui menaient des vivres, lesquels m’ont servi très utilement. J’ai divisé mes hussards en trois parties: la droite commandée par le capitaine Sainte-Marie, la gauche par le capitaine Briche et le centre, où j’avais placé les cavaliers du 2e et l’infanterie, fut sous ma direction.

La cavalerie ennemie, devenue plus audacieuse par la petite capture qu’elle venait de faire, vint pour me charger. Mon infanterie embusquée fit une décharge sur elle et de mon côté je fis faire une légère charge et retirer mon infanterie. L’ennemi, devenu plus circonspect, m’a suivi, mais sans acharnement.

Le brave capitaine Briche a reconnu une colonne de cavalerie qui débouchait sur ma gauche, venant de San-Carlo. Cet officier intelligent s’est éloigné aussitôt de moi, afin d’attirer l’ennemi le long de la Lemme pour ne pas lui laisser le temps de se reconnaître. Cette petite manoeuvre a parfaitement réussi. De mon côté, j’ai profité de tous les avantages des positions et je me suis retiré jusqu’à San-Giuliano.

A deux milles de distance, j’ai jugé par la canonnade que l’ennemi était repoussé.

J’ai fait faire une charge par les cavaliers du 2e et l’ennemi s’est replié en ordre. Le capitaine Briche m’a fait sou rapport le lendemain, dans lequel il a porté la cavalerie ennemie à environ 400 hommes; de mon côté j’en ai compté 600 et plus.

Dans cette journée mémorable, j’ai eu beaucoup il me louer du courage et de la bravoure des officiers, sous-officiers et soldats qui étaient sous mon commandement et particulièrement du capitaine Noël, qui s’était déjà distingué à l’affaire de Romano et qui, dans cette journée du 25, a été blessé et a eu un cheval tué. Le capitaine Briche mérite également les plus grands éloges pour son sang-froid, son courage héroïque et ses talents militaires. Le capitaine Sainte-Marie s’est parfaitement conduit.

Je ne dois pas oublier de faire une mention honorable de l’intrépidité des citoyens Charpentier, Paton et Moreau, maréchaux des logis (ce dernier, le plus ancien de ce corps, s’est signalé antérieurement dans plusieurs autres reconnaissances et depuis il s’est encore illustré au dernier passage du Mincio en prenant une pièce de canon à l’ennemi) ; Patrin, brigadier; Truchot (ce cavalier a remonté son capitaine dont le cheval était tué et a continué à se battre à pied) ; Deshayes, Bitry et Morat, hussards, ont fait des prodiges de valeur et ont contribué, avec les braves ci-dessus désignés, aux succès que nous avons eus dans cette campagne.

ISMERT,

Chef d’escadrons au 11e hussards, actuellement au 2e carabiniers.

 

Publié dans:Desaix. Bataille de Marengo. les bulletins et rapports. |on 30 septembre, 2007 |Commentaires fermés
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