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Egypte, les Soldats Dromadaires.

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 La campagne d’Egypte, fut l’occasion d’employer pour la première fois des dromadaires, destinés aux combats dans un corps spécifique.

 

Pourquoi employer des dromadaires de combats?

Pourquoi et comment en est-on arrivé là? 

Fin décembre 1798, Bonaparte se trouvant à Suez, remarqua l’emploi que les arabes font des dromadaires dans cette région desertique.

L’officier Devernois nous relate:  » Il (Bonaparte) rencontre une caravanne escortée par des autochtones montés sur ces animaux et s’étonne de l’adresse de leurs conducteurs autant que de l’agilité des bêtes. »

A cette vision Bonaparte conçoit de suite l’idée de les utiliser, en effet le 6 janvier 1799, Bonaparte rentré au Caire publie trois jours plus tard, un arrêté stipulant la création du Régiment de Dromadaires.

Il est évident que le dromadaire constitue une réplique au manque de bêtes de charge, de trait et de monte auquel se trouve confrontée l’Armée depuis son occupation de l’Egypte. Cela est dû à l’insuffisance des moyens de transport maritime de cette armée de 30 000 soldats en direction de l’Egypte. Le grand commandement militaire a renoncé à prendre en France les chevaux nécessaires à cette armée d’Orient.

La cavalerie, 3000 hommes environ, sont embarqués sans leurs montures,

 Ils emportent avec eux que leur sellerie. Les attelages d’artillerie eux sont réduits au minimun même pas suffisant pour assurer le débarquement des pièces et des caissons.

Le faît de ne pas embarquer de chevaux, peut sembler une erreur de logistique, mais ceci est excusé parce que l’on prétend que là bas Mamelouks et Arabes montent de très belles et nombreuses montures:  » dans le pays où nous allons, écrit Bonaparte au Directoire, on peut compter facilement sur la réquisition de 10 000 à 12 000 très bons chevaux ».

 Hélas cette belle perspective va se montrer comme une des nombreuses illusions dont se sont bercés les organisateurs de cette expédition. La réalité est bien différente, car les chevaux sont en Egypte en nombre relativement restreint, car les Mamelouks les ont entraînés avec eux dans leur exode vers la Syrie. Quant à certaines bêtes que les français récupèrent après les combats, ce ne sont que des chevaux fourbues, fatigués ou blessés.

L’ approvisionnement devient difficile devant l’hostilité des Arabes qui cachent leurs chevaux, ceux-ci étant un bien des plus précieux, dans certainent occasions, s’ils acceptent de vendre, mais c’est à un prix très fort et avec paiement immédiat.

La remonte de la cavalerie devient quasiment impossible, c’est donc à pieds que chasseurs, dragons et hussards se dirigent vers le Caire depuis leur débarquement, en transportant sur leur dos leur équipement équestre, hormis les officiers ou assimilés et membres de l’état major, qui contrairement aux ordres, ont pu introduirent dans les transports leurs montures. Ces bêtes seront réquisitionnées et distribuées à la troupe et ainsi deux mois après le débarquement, huit cent cinquante cavaliers trouvent enfin une remonte, mais toute-fois, plus de deux mille cavaliers restent encore à pieds.

Les chevaux meurent de fatigue; très vite ces chevaux s’acclimatent très mal au climat du Moyen-Orient et à la nourriture locale. Presque tous les chevaux qui tirent les pièces d’artillerie et une grande partie des montures cédées par le corps des officiers à la troupe meurent de privation et de fatigue. Après de radicales réquisitons, Bonaparte se procure enfin de bons chevaux locaux enlevés aux indigènes et aux  tribus arabes. Malheureusement un autre problème se pause, les selles sont difficilement utilisables sur des chevaux minces et fragiles et qui s’en trouvent donc  bléssés. Tous les harnachements doivent être refaits, en plus ces montures sont incapables de porter de lourdes charges, alors les lourdes pièces seront transportées par mulets ou par voie d’eau lorsque possible.

A chaque rencontre l’ennemi et repoussé avec des pertes sévères,

La victoire qui semble acquise s’avère en faite partielle par manque de cavalerie et  l’écrasement total s’avérant ainsi impossible.

Au ledemain des combats de Sediman, Desaix, dispose que d’un effectif de seulement vingt-deux chevaux, aussi écrit-il à Bonaparte; «  Je dois me débarrasser des Mamelouks, mais mon Général, vous savez que les succès sont sans fruit sans cavalerie » . En effet, le commandement n’a pas manqué de constater qu’à chaque bataille où infanterie et artillerie se trouve confrontées aux Mamelouks, le succès est décisif, au contraire, lorsque l’affrontement oppose les cavaleries française et adverse, l’issue de l’engagement est longtemps restée indécise.

Au sujet de la bataille de Chobrakil, le colonel Vigo Roussillon écrit dans ses mémoires; « Cette première bataille nous fit connaître que nous aurions à faire en Egypte à la meilleure cavalerie du monde, que les Mamelouks étaient parfaitement montés et consommés dans l’art de conduire leurs excellents chevaux et de manier les armes ».

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 Constatation: La cavalerie française ne peut l’emporter qu’à effectif égal ou supérieur, une conduite s’impose: éviter le combat de cavalerie. L’infanterie seule a le devoir de faire basculer le sort des batailles, comme l’écrit le capitaine de la Greverie; « Quand l’ennemi est agresseur, comme à Chabrakit, aux Pyramides, à Sediman, pour ne parler que de la première phrase belliqueuse de la conquête, rien n’est plus aisé que de lui imposer les invulnérables carrés d’infanterie. Mais est-il en retraite ou en fuite? se dérobe-t-il? comment le joindre avec des colonies de piétons? ». Bonaparte va répondre à cette question en inaugurant une nouvelle tactique, le recours à l’infanterie montée. C’est à cette période ou les chevaux se font cruellement sentir que date la création du Régiment des Dromadaires, ainsi l’armée se trouve renforcée d’un excellent moyen d’intervention militaire et pouvoir remédier à la difficulté de remonte de la cavalerie.

Le dromadaire est-il apte à suppléer totalement au cheval?

A cette question, les généraux répondent négativement, les cavaliers, très affaiblis par la faiblesse de la remonte hippique, doivent garder le plus possible leurs montures habituelles et concerver les tactiques de combats qui leur sont propres, tandis que les corps équipés de dromadaires doivent répondrent aux necessités nouvelles et particuliaires à cette campagne.

Comme une troupe de fantassins ayant la faculté de se transporter très vite à destination.

Un dragon Dubois écrit;  » Bonaparte, vient de décider l’organisation d’un corps qui tiendra à la fois de l’infanterie et de la cavalerie, et que la rapidité de sa marche appelle à rendre de grands services »

Ce corps n’est pas fait pour charger l’ennemi, sa tactique est toute autre, le capitaine la Greverie nous dit; « Les effectifs du Régiment de Dromadaires s’approchent t-ils de l’ennemi qu’au lieu de l’attaquer du haut de leur montures ils s’empressent de mettre pied à terre, se forment en carré, tantôt plaçant au centre leur montures, tantôt les faisant coucher en cercle devant eux pour s’abriter des tirs adverses ».

Un autre Jomard précise; » Les soldats descendent des chameaux, se formrnt en carré, repoussent l’ennemi puis remontent sur leur dromadaires, les poursuivent à outrance. » 

Ils excellaient dans leur tactique,

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Capitaine de la Greverie; « car ces soldats-dromadaires pouvaient joindre la mobilité de la cavalerie à la solidité de l’infanterie. Désormais , nul besoin de craindre pour une troupe l’assaut brutal et l’attaque percutante des cavaliers orientaux. Non seulement les soldats-dromadaires sont en situation d’assurer leur propre défense, mais ils se trouvent encore capables de prêter leur appui à des forces plus vulnérables. En leur compagnie, des escadrons, des détachements, peuvent s’aventurer loin du gros des armées sans pour cela encourir des risques néfastes. D’autre part, si l’adversaire visé s’avère comme peu nombreux, il est loisible aus soldats-dromadaires de l’écraser à eux seuls. Se muant tour à tour de prompts assaillants en lutteurs opiniâtres, et opérant isolément, ils acquièrent alors une allure si rapide que les fuir devient impossible. Les services rendus à l’armée d’Orient par un pareil corps sont multiples et inappréciables. » . 

Bonaparte a très vite compris le rôle capital que pourrait tenir une pareille unité. il préconise à Kléber qui va lui succéder la création de six régiments de Dromadaires supplémentaires pour vaincre difinitivement les Arabes du désert. 

Desaix, responsable de la Haute-Egypte, partage le même opinion; il écrit à Bonaparte: « Je regarde l’armée d’egypte comme invincible, si à 12 000 fantassins et 4 000 cavaliers on adjoint 2 000 dromadaires.« 

On peut dons être étonné que ne soient pas immédiatement multipliées les unités de ce type nouveau.

Toutefois sans être régimentaires et sans calquer sur le Régiment de Dromadaire, des centaines de soldats sont affectés à la monte de dromadaires, sous l’impulsion du général Desaix.

 Grâce à lui l’utilisation des dromadaires fut non seulement étendu comme moyen de transport mais surtout comme moyen tactique. Sur les instructions de Desaix, les généraux Belliard (vers la mère rouge) Reynier (sur les confins de la Syrie) et Bayer (en Haute-Egypte) disposèrent de troupes montées sur dromadaires pour des missions d’éclairage ou expéditionnaires.  

 

Premières armes au cours de la campagne de Syrie.

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 Où le Régiment de Dromadaire remplit un rôle très actif de protection des convois et des colonnes en marche, il transporte les dépèches et les ordres tout en participant aux attaques et coups de main. 

Pendant que Bonaparte poursuit sa campagne , Desais s’efforce de soumettre et de pacifier la Haute-Egypte, avec ses dromadaires qu’il utilise avantageusement. 

Desaix, écrit à Kleber: »L’infanterie ne peut atteindre ces ennemis qui fuient toujours. J’ai imaginé de les combattre monté sur des dromadaires ».  

Toutefois, si Desaix n’est pas l’inventeur de cette nouvelle arme, il donne aux unités de dromadaires une ampleur considérable et un intérêt bien plus grand que n’en donnera Bonaparte à son Régiment de Dromadaires (qui comprend un effectif de 210 hommes, pour ensuite être porté à 236, puis 308 et pour arriver au chiffre final de 389 et 24 officiers et sous-officiers et à la tête de ce corps, Jacques Cavalier, un officier très estimé de l’armée).

 Desaix, presse ses subordonnés à requisitionner un maximum de dromadaires.

Ambulance volante installée sur le dos d'un chameau Mémoires de chirurgie militaire et campagnes

Ambulance volante installée sur le dos d’un chameau. Mémoires de chirurgie militaire et campagnes

 Il écrit à ses généraux; « Général, je tiens beaucoup à mon dessein sur les trois cents dromadaires, je vous prie de les réunir. Avec cela on peut aller partout et harceler l’ennemi. »

Ou encore; « Les Mamelouks sont sur les dents, mais nous échappent. Je l’ai dit et répété cent mille fois, on ne les détruira qu’avec des hommes d’infanterie montés sur des dromadaires. Au nom de ce qu’il y a de plus intéressant dans le monde, n’épargnez rien pour avoir des dromadaires, ni dépenses, ni peines. Pardon, mon cher Général, si je vous rappelle si souvent cet objet, mais il est si intéressant qu’il mérite toute notre attention. »

L’empressement de Desaix va donner des résultats,

Il écrit à Bonaparte;  » J’ai organisé des dromadaires. Il en part d’ici après-demain deux cents qui me donnent les moyens de détruire Mourad Bey. L e général Belliard aura sous peu à Syene et à Esnch trois cents hommes montés à dromadaires. A Siout, j’en aurai cinq cents. »

Les unités montées de Desaix vont sans cesse prouver leur efficacité, mais toutefois la résistance de Mourad Bey va durer encore de longs mois.

Lorsque, Bonaparte, à l’insu de tous, embarque pour la France, le général Kleber se trouve en charde de l’Armée d’Orient et Desaix, qui poursuit son effort en Haute Egypte lui écrit; » quant aux dromadaires, j’en ai levés huit cents et je viens d’ordonner qu’on en rassemble encore trois cents à Esnch ».

Deux colonnes sont constituées,

Kléber écrit au Directoire;  » l’une est commandée par le général Desaix, l’autre par le général Boyer. Le temps des poursuitent lentes, des poursuites vaines est enfin passé. »

Au premier contact avec cette armée, les Mamelouks et Arabes, terrifiés prennent la fuite et notre infanterie remontée sur les dromadaires se met à leur pousuite aussitôt l’ennemi est rejoint. Au contact des soldats-dromadaires, en carrés et par-dessus les dromadaires contraints à se coucher, lachent des tirs meurtriers. Arabes et Mamelouks, ont compris qu’il n’est plus possible de ce dérober et que leur retraite ne sera plus avantageuse que de coutume.

La preuve est faite de l’excellent stratagème si intelligemment mis en application par Desaix. 

Augmentez le nombre de vos dromadaires; écrirat Desaix, lorsqu’il quittera la Haute-Egypte; « Quand on a peu de troupes, la vitesse de marche y supplée, les dromadaires vous rendent ce service ».

Et ce conseil sera bien suivi, Belliard dans la région de Teneh et de Esnh et le général Friand dans celle de Béni Souef et de Sioul, ne cessent d’augmenter leurs colonnes de dromadaires.

Les actions de ces détachements seront bénéfiques jusqu’a l’évacuation de la Haute-Egypte qui suivra la signature d’El Arich.

Kléber est acquis à ces unités d’infanterie montées à dromadaires.

Il a à disposition le Régiment de Dromadaires cette unité d’élite, crée par Bonaparte, mais dans quel état! elle est presque devenue insignifiante suite à la pénurie. Les officiers n’ont plus habits militaire et ne sont plus payés depuis six mois, le corps de troupe n’est pas plus loti, ils sont en guenilles et leur sellerie en partie brisée et leur fusils en mauvais état. Beaucoup d’entre eux sont à terre, leurs montures n’ayant jamais été remplacées, ils réclament depuis longtemps des sabres et des pistolets pour chaque homme, sur ce corps, seulement un quart est en état d’entreprendre une campagne.

Sur ce régiment en ruine que lui a laissé Bonaparte, Kléber va reconstruire une unité digne de ce nom et l’augmentant même de deux à trois escadrons. Suite à la pénurie permanente de chevaux, qui laisse un nombre important de cavaliers démontés, Kléber va recruter ces cavaliers sans monture,  pour ses unités de dromadaires.

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Les arriérés de soldes sont tous payés, des armes et arnachements neufs sont distribués et enfin un rutilant uniforme de parade, est délivré à chaque soldats, dont Kléber a personnellement surveillé le moindre détails

La mort de Kléber, va avoir de funestes répercussions.

Au grand dam de la totalité du corps des officiers, le général Menou est désigné pour le remplacer. Tandis que les mois passent, le Régiment de Dromadaires, continue dans le désert sa surveillance et la destruction d’éléments hostiles, mais Menou va excercer son incompétence envers ce corps d’élite, en voulant le charger inutilement de pièces de canon, enlevant ainsi la mobilité et la rapidité d’éxécution, qualité première de cette unité, mais cette décision tombe très vite en désuétude et les canons regagnent les corps d’artillerie. 

Mais sur le terrain, la double invasion des Anglais,  Turcs et des Arabes, qui délivrés de toute contrainte, se mettent eux aussi à attaquer les forces française isolées. A partir de ce moment, les défaites et les revers vont se succéder et accumuler peu à peu l’armée française à une défaite générale. Le seul succés du drapeau français viendra, au jour néfaste de la bataille de Canope, du Régiment de Dromadaires, qui malgré la progression ennemie, le Régiment de Dromadaires multiplie ses interventions, protégeant les colonnes en mouvement, portant aux troupes isolées les instructions et assurant l’introduction de convois de subsistance dans les villes encerclées comme le Caire et Alexandrie. 

C’est lors d’une de ces missions de ravitaillement en blé et orge que le général Cavalier, suivit de 78 soldats-dromadaires d’élite, d’un bataillon à pied de 200 hommes, de quelquess dragons et de 600 chameaux de bât, est capturé par les Anglais, Cavalier cachant la faiblesse de son détachement, va négocier une reddition honorable (stipulant notamment le retour en France des unités rendues) et qui servira de modèles aux autres unités qui suivront.

Suite à la reddition de Cavalier, le général Menou, furibond; s’efforce de marquer d’infamie le chef du Régiment de Dromadaires et ses hommes, taxés de lâcheté inqualifiable. Il retire au Régiment de Dromadaires ses étendards et ne va cesser dès lors, même rentré en France, de tenter de desservir ce corps auprés de Bonaparte, devenu depuis premier Consul..

Pourtant le 31 août, il écrit à son tour sa propre reddition d’Alexandrie, dans des termes identiques, Belliard, ayant été poussé a cette extrémité avec sa garnison du Caire, deux mois auparavant.

Revenus en France, ce qui reste des corps et unités tentent de se reconstituer à Marseille, malgré l’action de Menou, Bonaparte décide que le Régiment de Dromadaires, considéré comme un corps d’élite, recevra une distinstion spéciale avant d’être officiellement dissous. Officiers, sous-officiers et hommes de troupes, soit 283 hommes au total sont par récompense, versés dans la gendarmerie.

 

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Le souvenir de cette unité d’élite restera gravé longtemps;  jusqu’en 1867,  ou à l’occasion de l’Exposition Universelle, on fit une reconstitution du Régiment de Dromadaires, qui obtint un grand succès.

Par la suite, le Régiment de Dromadaires servira de modèle un siècle plus tard à toutes les puissances coloniales européennes, qui l’emploieront, notamment en Afrique.

Sources: Histoire Militaire des Animaux. Martin Monestier.

 

 

 

Publié dans:Desaix. les Soldats Dromadaires. |on 22 janvier, 2008 |1 Commentaire »

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