L’aventure commence.

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Pour le jeune Louis, l’aventure commence. 

À la sortie d’Effiat, il présente comme beaucoup de ses camarades qui ne sont pas élèves du roi, une demande d’entrée dans le corps des officiers. Après avoir obtenu de Chérin (généalogiste du roi) un certificat de noblesse le 3 octobre 1783.

Effectivement le 18 octobre 1783, l’aventure de Louis Desaix commence, en effet le Comte de Grillon, colonel du régiment de Bretagne, le proposa pour un emploi de sous-lieutenant en 3ème dans son régiment, sans appointements, dans la 1ère compagnie du régiment d’infanterie de Bretagne. A Grenoble puis Briançon, ou il fut envoyé en garnison, il se retrouva au milieu d’un corps d’officiers remarquables. Tous ceux qui en faisaient partie avaient des idées philosophiques très avancées et Desaix, le chevalier de Veygoux, comme on l’appelait alors s’était laissé facilement gagné aux idées nouvelles.

Il entendait parler de constitutions, de droits des peuples, d’émancipation de l’être humain, des idées qui toutes lui ouvraient des horizons nouveaux, mais sympathiques à son coeur. C’est qu’en effet, les opinions nouvelles commençaient à se faire jour et Desaix comme Kléber, Marceau, Hoche et bien d’autres généraux de la république, fut un ardent patriote et embrassa fortement la cause de la révolution.

Quand il venait en congé à Veygoux, sa famille ne le reconnaissait plus et il se trouva plusieurs fois en désaccord avec sa mère et son frère sur des questions politique. 

 L'aventure commence. dans Desaix 1

 

Un vrai républicain.

Son régiment ayant été envoyé à Strasbourg, et étant attaché comme aide de camp à la personne du colonel Dumas, il accompagna ce dernier à Landau, où il retrouva son frère aîné. Celui-ci voulut le persuader d’émigrer, mais il refusa et resta le seul de sa famille à défendre la France contre les ennemis. Il rentra à Huningue, dans son ancien régiment devenu le 46ème de ligne.

etatmajor2 dans Desaix

Presque tous les militaires de sa famille avaient émigré, leur conduite semblait condamner la sienne, sa mère et sa soeur lui témoignaient de la froideur dans leurs lettres et ne lui épargnaient pas les reproches, mais il ne céda pas, dans ses convictions.

Après sa nomination le 9 janvier 1792, à Clermont-Ferrand comme commissaire ordinaire des guerres, il subit un des plus rudes assauts de sa vie. En effet, quand il parut à Veygoux, sa mère envisageait avec douleur la marche des événements:

j’avais cru lui dit-elle, que vous auriez suivi vos frères!

Maman, répondit-il, pouvais-je me séparer de mon régiment, quand tous les officiers y sont démeurés.

- Votre refus d’émigrer, ajouta-t-elle, vous portera malheur, et fera rejaillir une honte éternelle sur votre famille. il ne vous reste plus qu’à venir garder nos troupeaux, pendant que vos frères combattront pour la défense du trône.

De si sévères remarques pénétrèrent Desaix de douleur, et déjà il se sentait ébranlé. Mais quand il apprit, qu’on tenait note des dates d’émigration, et quand il fut menacé par une de ses parentes, comme c’était alors à la mode, de l’envoi d’une « quenouille ».

Alors ses convictions furent un instant ébranlées, mais il sut résister, sa réponse fut sans appel non jamais je n’émigrerai, je ne veux pas servir contre mon pays! je veux demeurer et avancer dans l’armée.

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Publié dans : Desaix |le 2 février, 2008 |2 Commentaires »

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2 Commentaires

  1. le 3 juillet, 2011 à 14:02 desaix écrit:

    Nous savons tous que les émigrés n’étaient pas les ennemis de la France, ils combattaient seulement la république naissante. Mais rendons a César ce qui est a César, Kléber n’a jamais écrit à la convention de telle missive, remettons cette horeur au détestable général Westermann « le boucher des Vendéens », Kléber n’était peut-être pas un sain, mais ne lui mettons pas sur le dos les atrocités des guerres de vendée, il est quand même intervenu auprès de Carrier pour épargner la vie des prisonniers vendéens dans l’affaire de Savenay.
    (( Quant aux femmes et aux enfants, qui étaient au nombre de 1 679, ils furent envoyés dans les prisons de Nantes. Certains officiers républicains comme Kléber et Savary intervinrent auprès de Carrier, lui demandant de les épargner. Mais Carrier n’en tiendra pas compte, et à leur arrivée à Nantes, toutes les femmes et tous les enfants furent fusillés ou noyés en masse.))

  2. le 2 juillet, 2011 à 22:45 Chamborant écrit:

    Article très intéressant.
    Serait-il possible toutefois d’abandonner cette détestable habitude française de politiser l’histoire, et de désigner en permanence des Bons et des Méchants ?
    Les émigrés ne sont pas les ennemis de la France. Ce sont les ennemis de la République, un régime qu’ils considèrent, à tort ou à raison, comme illégitime. Ils veulent rétablir le régime qui leur semble celui de la France, et mettre fin à cette Révolution qui fait couler des ruisseaux de sang sans jugement, et où Kléber écrit à la Convention que conformément à ses ordres, « je n’ai aucun prisonnier à me reprocher, j’ai écrasé les femmes et les enfants sous les sabots de mes chevaux »

    C’est comparable au fait de dire que les Russes blancs étaient les ennemis de la Russie : ils voulaient pour elle mieux que la tyrannie bolchévique et étaient prêts à mettre leur vie au service de cette cause pour le bien de leur peuple. On peut être de l’ »avis opposé. Mais on ne peut pas s’attribuer le monopole du Bien? Ou alors, on verse dans le totalitarisme.

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