La campagne de la Haute-Egypte .

Pour cette campagne, les aides de camp du général Desaix sont: Savary, Rapp, Clément. Les généraux sont: Friant, Belliard, Davout, Duplessis, Lasalle. Le chef d’état-major est Donzelot.

Cet ensemble représente environ quatre mille hommes qui vont remonter le Nil jusqu’aux cataractes. La flottille dispose de plusieurs djermes armées qui sont : la Brueys, la Casablanca, l’Italie, la Victoire et une autre djerme armée. Des canges les accompagnent armées de pierriers. Les djermes sont armées de quatre pièces de six plus deux pièces de deux. Ce sont les seul bâtiments capables de remonter le Nil. C’est Guichard qui commande la flottille. Le Copte Moallem Jacob, ancien intendant de Soliman Bey accompagne Desaix et son action sera précieuse.

CONQUETE DE LA HAUTE- ÉGYPTE, LA REMONTÉE.

Desaix remonte la rive gauche du Nil, mais les Mamelucks fuient devant lui, refusant le combat.

Le 21 décembre, il atteint Minieh. Le pays est très riche et l’on y trouve quatre barques armées et des canons abandonnés avec quatre chameaux chargés de poudre.

Le 25 décembre, il est à Girgeh. Le cheik de Beni Adin s’allie aux Français et il assurera l’escorte de la caravane qui vient du Darfour et se dirige vers Le Caire. La flottille est très en retard et Desaix doit l’attendre avant de poursuivre, elle n’arrivera que trois semaines plus tard. Cette halte va permettre à Mourad Bey de rassembler des forces lui permettant de livrer bataille. Il est vers Hou et reçoit des renforts. I1 tente aussi de susciter des révoltes sur les arrières de Desaix vers Tahtah. Davout est envoyé avec ses cavaliers pour aller réduire ces foyers dangereux.

Le 3 janvier 1799, il se heurte à un rassemblement devant Saouaqui. Il va le disperser et massacre mille cinq cents révoltés, n’ayant que quinze blessés. Averti que vers Tahtah, des forces plus nombreuses sont groupées, il s’y rend. Des masses importantes entourent la colonne française et l’attaquent en queue. Le 20e dragons aidé par le 15e de Pinon vont repousser les charges tuant cent cinquante cavaliers. Ils attaquent ensuite les hommes à pied et en tuent huit cents. Comme un village voisin participe, les cavaliers légers vont l’envahir et exterminer cinq cents révoltés. Ces deux exemples terribles vont ramener la tranquillité sur les arrières.

Le 19 Janvier 1799, la flottille est enfin arrivée. Desaix repart le lendemain en sachant que Mourad l’attend, enfin prêt au combat.

 

LA BATAILLE DE SAMHOUD, LE 21 JANVIER 1799.

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Mourad Bey a ses mille cinq cents Mamelucks plus quatre cents amenés par Hassan Bey descendu d’Esneh, sa capitale. Des fantassins sont arrivés de la Mesque par Kosseir. Ces fantassins sont environ deux mille et sont braves et fanatiques, des Arabes complètent cette force avec environ trois mille cavaliers et sept mille hommes à pieds, mais on sait qu’ils s’enfuient facilement. Les Mecquains sont à Samhoud, derrière un canal presque à sec qui rejoint le Nil, les Mamelucks sont plus à gauche vers le désert. Desaix avance vers eux avec trois carrés: en avant Belliard se dirige vers le village, Friant est en retrait vers le Nil et entre les deux, la cavalerie est formée aussi en carré. Belliard repousse les Mecquain, Rapp qui l’appuie est blessé. Les Mamelucks s’ébranlent alors, ils vont entourer le carré de Friant sans succès. Ils sont alors chargés par la cavalerie de Davout et s’enfuient vers le désert. Les Mecquains sont enfoncés et Desaix avance vers Farchout emporté, puis marche vers Hou occupé la nuit. La victoire est totale.

L’avance continue et le 26, Thèbes est dépassée.

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Le 27 Esneh est occupée, Friant y reste. Belliard continue avec la cavalerie vers Syène.

Le 1er février 1799, la cavalerie entre dans Syène et le lendemain Belliard arrive.  

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Il va occuper la place d’Assouan et s’y organiser.

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Il devra attendre le 18 pour s’emparer de l’île de Philae.

La cavalerie redescend sur les deux rives du Nil. Le retour de Philaë vers Le Caire fut un va-et-vient constant le long du Nil.

LE 11 FÉVRIER : BATAILLE DE REDECIEH.

Davout, qui redescend la rive droite du Nil, est surpris par les cavaliers d’Osman-Bey, là se livre un terrible combat de cavalerie. Les pertes sont lourdes et égales des deux côtés. Le chef d’escadron, Fontête est tué par Osman, Lasalle s’est démené comme un lion, mais trente-sept Français sont morts dont six officiers et il y a quarante-quatre blessés. Osman-Bey blessé est reparti dans le désert.

Le 13 février, attaque de Keneh, Conroux les repousse mais est blessé. Deux cents assaillants sont tués et Dorsenne, alors chef de bataillon, va les poursuivre. Pas de pertes chez les Français.

Le 14 février, Friant va attaquer ces ennemis, en majorité Mecquains.

Le 17 février, il les débusque à Aboumanah et les écrase, s’emparant aussi de leur camp. Il y a quatre cents ennemis tués et un butin considérable. 

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 Friant descend alors vers Girgeh où il laisse Morand avec un bataillon.

Le 2 mars, Desaix quitte Kous et atteint Farchout le 3 mars. Il atteindra Siout le 8 mars.

LE 3 MARS 1799, DÉSASTRE DE BENOUT. LA FLOTILLE ANEANTIE. 

Hassan- Bey, a reçu des renforts importants et il va attaquer au-dessus de Benout la flottille retardée par des vents contraires. Morandi commande la djerme armée l’Italie, suivie de nombreuses barques portant des blessés  et de nombreux malades. Les ennemis s’emparent des petites barques malgré le feu intense de l’Italie qui tue beaucoup de monde. Ils se lancent ensuite à l’abordage de la canonnière qui finit par s’échouer. Morandi assailli de toutes parts, met le feu aux poudres et meurt dans le fleuve. Tous les Français sont massacrés, deux cents matelots et trois cents malades ou blessés.

LE 8 MARS, BENOUT…. LA REVANCHE.

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Belliard s’est avancé pour venger ce désastre. Dans la plaine de Coptos, il repousse les Mecquains qui sont trois mille appuyés par quatre cents Mamelucks. Il les refoule vers Benout et encercle les fantassins. Il lui faudra trois jours de combat pour anéantir plus de six cents ennemis. Il va se placer à Keneh comme base principale. Desaix à Siout, a organisé ses bases le long du fleuve. Detrès est à Minieh, Lasalle à Tahtah. Morand à Girgeh. Pinon restera à Siout. Desaix regroupant ses hommes, forme une colonne mobile qui va de nouveau remonter le Nil vers Keneh où il arrive le 27. 

LE 2 AVRIL, 1799.  BIR EL BAR. 

Le 2 avril 1799, Desaix, arrête les Mamelouks dans le défilé de Byr el Bar. Là, afin de se rendre compte sur place de la situation, son intrépidité lui fait courir le risque d’être tué lors d’une reconnaissance avancée à cheval.
Ce fut au général Belliard qu’il confia le raid sur Koseir, à 150 kms de désert, avec cinq cents cavaliers sur dromadaires et quelques civils dont Vivant Denon. Belliard s’empara du fort le 29 mai et du port protégé par un banc de corail où des bateaux anglais débarquaient du matériel et des munitions. Donzelot y fut laissé avec deux compagnies de la 21e légère pour fermer aux Mamelouks l’accès à la mer Rouge.

Bataille de Byr el Bar.

La colonne de Desaix suit la rive droite du Nil, l’infanterie près du fleuve et la cavalerie sur les hauteurs. Les éclaireurs annoncent la présence des ennemis. Le général qui s’est avancé, se trouve chargé et ramené à toute allure avec l’avant-garde par de très nombreux Mamelucks.

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Duplessis lance alors ses hussards dans un combat furieux où il va trouver la mort. Le chef d’escadron Bouvatier qui vient à leur secours avec ses dragons, est tué, lui aussi. Les Mamelucks sont repoussés mais les pertes sont lourdes. Après ce combat Hassan se replie. Desaix va redescendre le Nil, laissant Belliard tenir la partie haute. Il va rester un moment à Girgeh, puis descendra vers Siout où il arrivera le 15 mai. Pendant ce temps de nombreux combats se sont livrés le long du Nil.

LE 16 AVRIL.  BENI ADIN. 

Partant de Siout, Davout va vers Beni Adin où une révolte s’est déclenchée. Il va écraser les révoltés dont deux mille restent sur le terrain avec un butin considérable. Les Beys tiennent toujours la campagne, mais l’essentiel est fait lorsque Bonaparte revient de Syrie.

Juillet 1799, Bonaparte remporte la victoire d’Aboukir , Desaix put lui rendre compte du succès de sa mission en Haute-Égypte et sur la mer Rouge. Bonaparte aurait bien voulu lui confier le commandement de l’armée, mais sous pretexte activer la susceptibilité de Kléber, il préféra charger Desaix d’assurer la protection d’une seconde campagne de découvertes en Haute-Égypte.. 

Mourad-Bey, jure amitiés et fidélité.

Desaix reprit la piste. Il avait appris que Mourad-bey était revenu à Giseh revoir son palais, qu’il regrettait cette guerre où il avait perdu ses meilleurs Mamelouks et qu’il s’était réfugié au Fayoum.Le 9 octobre, sur le canal Yousef qui est un bras du Nil, près de Sediman, les Mamelouks furent écrasés et Desaix proposa à leur chef de devenir l’allié de la France. Les deux hommes s’estimaient. Mourad-bey jura amitié et fidélité, il succéda à Desaix dans le gouvernement de la Haute-Egypte où il assura la sécurité de la mission scientifique jusqu’à sa mort de la peste en 1801.  

 Desaix, rappelé au Caire. 

Le 31 octobre 1799, Desaix fut appelé au Caire par Kléber devenu commandant du corps expéditionnaire. Il fallait arrêter les Turcs débarqués à Damiette. Desaix avec cent cinquante dragons à dromadaire réussit à aider la garnison assiégée qui obligea les Turcs au repli. 

Après cette mission, Desaix pensait qu’il allait alors rejoindre « son » général comme il le lui avait prescrit, mais Kléber pensait autrement,il l’envoya le 11 janvier 1800 à El Arich afin de négocier un armistice. Cet armistice qui allait compromettre Desaix dans l’esprit de Bonaparte.

En effet Bonaparte écrira à Desaix : « J’ai reçu il y a deux mois la capitulation d’El Arich, je n’y fais aucune objection puisque vous l’avez signée ».  Desaix répondra:  « Certes nous pouvions garder l’Égypte. Mais Kléber ne voulait plus y rester. Le lot d’un soldat est d’obéir à son chef, ce que j’ai fait« .

Puis Kléber, chargea Desaix de porter au gouvernement la convention d’El Arich qui comportait l’évacuation des troupes d’Égypte.

La triste fin du rêve Oriental.

Le 3 mars 1800, le général Desaix accompagné de Davout embarqua sur un navire marchand afin de regagner le sol de la Patrie.

 

Publié dans : Desaix, l'expédition d'Egypte |le 22 janvier, 2008 |Commentaires fermés

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