Rapport du général de division Monnier, au général en chef.

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Castel-Ceriolo, le 26 prairial an 8 (15 juin 1800).

La division arriva hier sur le champ de bataille, à 2 heures après-midi; elle fut dirigée sur notre droite, où l’ennemi s’avançait en force. La 19e, conduite par le général Cara-Saint-Cyr, se porta à droite, s’avança en colonne serrée sur le village de Castel-Ceriolo; elle l’enlevait de vive force, tandis que la 70e, commandée par le général Schilt, qui suivait à hauteur son mouvement sur sa gauche, menaçait de prendre à revers le centre de l’ennemi. Les colonnes, nombreuses en infanterie et cavalerie, ne purent résister à notre choc impétueux; elles se replièrent dans le plus grand désordre dans les marais en avant de la Bormida, en nous abandonnant deux pièces d’artillerie et trois caissons.

Notre attaque dégagea la droite; mais l’ennemi, qui s’était renforcé sur son centre, ayant obligé les troupes qui soutenaient notre gauche à se replier, nos deux colonnes se trouvèrent enveloppées dans le village et dans la plaine; elles se défendirent avec vigueur; l’ennemi ne put jamais les entamer. Après une heure de résistance, n’ayant pas été secourues, elles se dégagèrent et firent leur retraite dans le plus grand ordre sur San-Giuliano, où l’armée se ralliait; elles prirent leur rang de bataille à gauche de la division Chambarlhac.

L’attaque ayant recommencé, elles attaquèrent, réunies à la garde des Consuls, conduite par l’adjudant général Léopold Stabenrath, et à la 40e, les colonnes nombreuses qui longeaient sur notre droite et manoeuvraient pour nous envelopper; elles les chargèrent avec vigueur, les culbutèrent et les obligèrent à la retraite la plus précipitée. La 24e légère soutenait l’attaque. A 8 heures, nous rentrâmes de vive force à Castel-Ceriolo. L’ennemi se retira par la route d’Alexandrie.

Deux bataillons de la 72e, qui étaient restés en réserve, combattirent à gauche avec les troupes de la division du général Boudet. Le 3e essuya, au centre, trois charges de cavalerie sans être ébranlé.

La conduite des 19e, 70e et 72e est digne des plus grands éloges; elles prouvèrent, hier, que les braves ne savent que vaincre, mais qu’ils ne comptent jamais le nombre des ennemis qu’ils ont à combattre.

La perte de l’ennemi est incalculable; le champ de bataille était couvert de morts, de blessés, d’armes et de chevaux. Nous lui enlevâmes deux pièces de canon et quatre caissons; sa cavalerie souffrit considérablement. Les généraux de brigade Carra-Saint-Cyr et Schilt dirigèrent leurs troupes avec autant de talent que de sang-froid.

J’ai vu les adjudants généraux Girard et Delage et l’aide de camp, chef d’escadron Demoly, se montrer avec distinction à la tête des colonnes.

J’ai perdu deux pièces d’artillerie. Il manque aux appels d’aujourd’hui de 8 à 900 hommes sur les trois demi-brigades, mais il rentre toujours quelques hommes.

MONNIER.

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