Une fantastique opération de propagande.

La mort du jeune Barra ou Bara.

mortdejosephbarra.jpg

 

 .La naissance d’une légende.

 

bara1.jpg

Joseph Barra est un jeune enfant de 13 ans engagé volontaire, qui demande à l’automne 1792, de pouvoir servir comme tambour au 8e de hussards dans les troupes républicaines combattant en Vendée. Mais lors de l’attaque de Jallais par les Vendéens le 17 frimaire an II (30 novembre 1793),  il est tué, frappé au front d’un coup de sabre, il tombe et meurt à l’âge de 14 ans, en pressant la cocarde tricolore sur son cœur.

bara.jpg

La légende qui se développe alors explique que le jeune Barra est pris à partie près de Cholet par des Chouans. Contraint de crier « vive le Roi! » afin de sauver sa vie, le jeune Barra préfère mourir en criant « vive la République! » et tombe sous les coups des royalistes..

Etrange histoire que celle du jeune tambour, Joseph Barra,

que Robespierre voulut faire entrer au Panthéon.

portraitprsumdejosephbarra17801793.jpg

Une fantastique opération de propagande. dans IL Y A DEUX SIECLES. Acte-de-naissance-de-Bara-300x255

 Acte de baptême de Joseph Bara.

 Né à Palaiseau le 30 juillet 1779, tué le 30 novembre 1793, neuvième enfant d’un garde chasse du prince de Condé. Trop jeune pour pouvoir s’engager dans l’armée, Joseph Barra sert de domestique à un ami de son père, le général Desmares, de l’armée de Bressuire.

Alors qu’il promène deux chevaux à travers les prés, il est attaqué par des voleurs qui le tuent pour s’emparer de ses montures.

Cette mort paraît si héroïque, pour un enfant d’un âge ordinairement insouciant et consacré au jeu, que le général Desmares décide d’en donner avis à la Convention et envoie un rapport au ministère de la guerre sur la conduite généreuse du garçon et demande à la Convention de secourir sa famille, très pauvre.

Afin de mieux cacher sa défaite (car il fut en réalité battu à Jallais), le général Desmares, préfère mettre l’accent sur l’épisode fameux de la mort du petit Joseph Barra.. 

 Rapport du général Desmares au ministre de la guerre (1 décembre 1793).

J’implore ta justice et celle de la convention pour la famille de Joseph Barra. Cet enfant m’a accompagné depuis l’année dernière, monté et équipé en hussard. Toute l’armée l’a vu charger toujours à la tête de la cavalerie, elle a vu ce généreux enfant terrasser deux brigands qui avaient osé l’attaquer. Ce faible enfant entouré hier (30 novembre) par les brigands, a mieux aimé périr que de se rendre et de leur livrer deux cheveaux qu’il conduisait. Se bornant à sa nourriture et à son habillement, il faisait passer à sa mère ce qu’il pouvait se procurer. Il l’a laissée avec plusieurs filles et un jeune frère infirme sans aucune espèce de secours. Elle demeure à Palaiseau, district de Versailles.

L’exemple de Bara semble de nature à exciter le patriotisme et le civisme parmi la jeunesse, son histoire est citée dans les recueils d’actions héroïques, où il est bientôt rejoint par Joseph Agricol Viala  un autre jeune tambour des armées de la nouvelle république.

(Mais qu’on ne s’y trompe pas, les Bara, Viala et autres jeunes de vertu républicaine n’ont été que des outils de propagande. Les révolutionnaires ont maintes fois manifesté leur peu d’égards pour les enfants.)

Le 8 nivôse (28 décembre 1793) suivant, Robespierre, désireux de tirer profit de cette histoire, car il est dans un contexte de lutte contre les Hébertistes, propose à la tribune de la Convention de décerner les honneurs du Panthéon au jeune héros. Le député Barère surenchérit en demandant que la gravure qui doit représenter l’action héroïque de Joseph Barra, de Palaiseaux, soit faite aux frais de la République, et envoyée par la Convention nationale dans toutes les écoles primaires.

Le décret suivant est voté:

La Convention Nationale décerne les honneurs du Panthéon au jeune Barra. Louis David est chargé de donner ses soins à l’embellissement de cette fête nationale. La gravure qui représentera l’action héroïque de Joseph Barra sera faite aux frais de la République, d’après un tableau de David, un exemplaire, envoyé par la Convention nationale, sera placé dans chaque école primaire.

Le transfert au Panthéon n’aura jamais lieu et le tableau jamais exécuté.

La Convention décide que la patrie adopte la mère de Barra. Le 10 prairial an II (29 mai 1794), cette pauvre femme est admise avec deux de ses enfants dans l’enceinte de l’Assemblée et prend place quelques instants à côté du président, qui était alors Prieur de la Côte-d’Or. Des applaudissements unanimes s’élevèrent et se prolongèrent dans toutes les parties de la salle. Un orateur lui adressa quelques paroles de consolation; « Non, tu n’as rien perdu, lui dit-il, ton fils n’est pas mort, il a reçu une nouvelle existence, et il est né à l’immortalité. »

 Les Souvenirs de Madame de La Bouëre, dans ses souvenirs évoque  la mort du jeune Bara. Elle en parle comme d’un  » petit pillard » qui aurait tenté, de s’emparer de deux chevaux chez des paysans, et aurait donc été abattu par ceux-ci. Contrairement à la légende, Bara n’est en effet pas mort au cours d’un combat. On peut aussi  penser que si les Vendéens avaient tué cet enfant pour saisir ses chevaux, le Général Desmarres aurait lancé ses hommes à leur poursuite pour venger ce crime. Pourtant il n’en a rien été.

inaugbara-300x245 dans IL Y A DEUX SIECLES.

Inauguration de la statue de Bara  réalisée par Louis-Albert-Lefeuvre, pour la commune de Palaiseau (1881)..

 

Publié dans : IL Y A DEUX SIECLES. |le 11 novembre, 2007 |Pas de Commentaires »

Vous pouvez laisser une réponse.

Laisser un commentaire

validation des acquis |
St Etienne GAY |
JEM School ... ج... |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Réflexions d'un voyant-astr...
| 5 ème Vitesse
| Palabre en Français