La Justice Révolutionnaire….

Pour la Convention, l’année 1793 est celle de tous les dangers. Le 31 janvier, elle déclare la guerre à l’Angleterre et à la Hollande. Bientôt, elle doit se battre sur tous les fronts à la fois. Dans le même temps, plusieurs régions entrent en état d’insurrection : l’Ouest, et surtout la Vendée, mais aussi Toulon, que les royalistes livrent aux Anglais, Lyon également, sans compter les zones que l’on qualifie de fédéralistes. Aux yeux des inconditionnels de la Révolution, toutes ces menaces justifient le recours à la Terreur, et même l’excusent. C’est alors, dans un tel contexte que, le 21 Janvier, la Convention fait guillotiner le roi....

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Chronique de la Terreur..

On tue pour confisquer les biens, on tue le soldat mutilé sur le front qui mendie parce qu’il n’a pas de pain, on tue les victimes de la famine, on est tué parcequ’on appel son chien « citoyen ».

Les sommets de l’abject sont atteints dans le procès de Marie-Antoinette, le calvaire du dauphin et Madame Elisabeth, les carmélites de Compiègne, d’Arras, de Valenciennes, d’Orange, (immortalisées par le film de Philippe Agostini « Le dialogue des Carmélites ».)

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Dans l’horreur, il est rare que nous ayons été dépassés.

Ce qui étonne, c’est cette montée en puissance des tarés et des médiocres. Qui étaient-ils, ces bourreaux, pour le tribunal révolutionnaire, les juges, les substituts, l’accusateur public sont des hommes de loi professionnels. Les jurés sont des artisans et des commerçants pour l’essentiel.

Hommes de loi aussi, l’écrasante majorité des députés, du tiers état, grands meneurs de la Révolution,

Les avocats: Amar, Barbaroux, Barère, Barnave, Billaud-Varenne, Brissot, Buzot, Couthon, Danton, Desmoulin, Hérault de Séchelles, Pétion, Philippeaux, Robespierre, Vergniaud.

Les anciens procureurs ou notaires: Carrier, Coffinhal, Fouquier-Tinville, Hanriot, Herman, Vadier.

La mort était devenue leur métier, ces purs sont des voleurs, on le savait pour Danton, pour presque tous les Conventionnels, on le sais pour Fouquier-Tinville.

Fouquier Tinville, accusateur public du tribunal révolutionnaire, eut à trancher 5343 cas. Des grandes affaires politiques, Marie-Antoinette, les Girondins, Danton, Hébert , Robespierre. Les affaires relevant d’actes contre-révolutionnaires, elles ne furent pas plus de 580.

Et les autres?.  Dans la plupart des cas à Paris comme en province, ce qui est jugé ce sont des « propos » ou « attitudes » estimés hostiles à la révolution, surtout le plus souvent sur délation, et là n’importe qui peut-être condamné. Le tiers état fournit 71% des condamnés, 20% la noblesse et 9% le clergé. 

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Mais la fin justifiant les moyens,(les jacobins étant à leur tour massacrés par milliers après Thermidor) tiendra, toute entière, dans la célèbre formule de Saint-Just: « Ce qui constitue la République, c’est la destruction totale de tout ce qui lui est opposé. »

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Quelques exemples de condamnation…

18 avril 1793

Catherine Clère, domestique à valenciennes est menée au tribunal. Elle est accusée d’avoir, en état d’ébriété, crié « vive le Roi », chanté des chansons dans le sens inverse de la révolution, déclamé contre la convention «  disant qu’il fallait l’envoyer au devant de nos ennemis à la tête de nos armées… qu’il fallait massacrer cette canaille qui dictait la loi aux honnêtes gens… que notre numéraire passait en Suisse…qu’on ne souffrira pas que l’on coupe la tête au fils comme au père (Louis XVI et l’enfant du temple). M. de Wailly, son employeur, eut beau affirmer qu’il ne l’avait toujours entendue tenir que des propos favorables à la révolution, rien n’y fit. Catherine Clère périt sur l’échafaud quelques heures plus tard.

11 septembre 93

Jean Charles Bain, huissier à Angers, est jugé et condamné à mort pour avoir daté une lettre de « l’an dernier de la république et de la liberté ».

15 septembre 93

A Dinan, 14 personnes sont fusillées en présence du conventionnel Prieur de la Marne.

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23 septembre 93

Antoine Massan, curé de Saint-Sernin (Saône et Loire), est condamné à mort pour avoir notamment refusé, lors d’une procession, l’escorte de quatre gardes nationaux complètement ivres, le fait étant pourtant reconnu par les témoins.

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4 octobre 93

Pierre Lebrun, accusé de ne pas avoir sauvé les chevaux qui étaient sous sa garde à Saumur, lors de l’attaque de l’armée vendéenne, il est condamné à mort.

Plusieurs condamnations, dont trois à mort pour « propos » « Charlotte Corday était une honnête femme qui a bien fait de tuer un gueux. »

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8 octobre 93

Condamnation à mort de Henri Dupin, directeur de la poste aux chevaux de Saumur. Il n’aimait pas la dictature jacobine et le faisais savoir.

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16 octobre 93

Condamnation et éxécution de Marie Antoinette reine de France…

Cela n’empêche pas l’un des jurés, Trinchard, d’écrire à son frère:

 » Je t’aprans, mon frerre, que je été un des jurés qui ont jugé la bête féroche qui a dévoré une grande partie de la république, celle que lon califiait cideven de Raine. »-

Le jour de l’exécution de Marie-Antoinette, le théatre des Boulevards, qui met en scène les amours contrariés de la fée Urgande et de l’enchanteur Merlin, refuse du monde. 

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4 novembre 93

Marie Madeleine Coutelet, 32 ans, fileuse, reçoit la visite du comité révolutionnaire de la section Beaurepaire, on vient sur dénonciation, chercher sa tante. Celle-ci est absente, qu’à cela ne tienne, on fouille dans ses affaires et qu’y trouve-t-on ? des lettres ou il est écrit : «  Nous n’avons plus qu’à nous réjouir, les parisiens ont tant d’esprit que toutes nos affaires vont aller tout droit, ils se fêtent et font des réjouissances, mais ils n’ont pas le talent d’avoir du pain. » Faute de la tante (destinataire des lettres), on arrête, juge et condamne à mort… la nièce.

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2 novembre 93

Deux condamnations à mort : Louis Henri Duchesne pour « rolandisme » et Marie Chasle pour avoir regretté de ne pas savoir ou se trouvait son fils émigré.

22 décembre 93

Un cordonnier est traduit pour « mauvaises fournitures » l’accusation est fausse, elle émanait de l’un de ses ouvriers avec lequel il se trouvait en conflit: la mort pour le cordonnier.

24 décembre 93

Etienne Teyssier, 55 ans, condamné à mort pour de prétendues correspondances avec un fils qui « se serait enrôlé à l’étranger »; on se rendra compte plus tard de l’erreur, en fait le fils était en Vendée, aux cotés des « bleus ».

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Le même jour, cinq artisans de la banlieue de Thionville sont accusés « d’intelligences avec l’ennemi ». L’affirmation n’a pas pu être prouvée, la mort tout de même.

31 décembre 93

Le général de Biron, Armand-Louis de Gontaut Biron, duc de Lauzun.

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Son modérantisme à l’égard des Vendéens en est la cause. Il reçut son arrêt de mort avec un calme stoïque. Non sans avoir vertement apostrophé le tribunal révolutionnaire: « Vous ne savez pas ce que vous dites. Vous êtes des ignorants qui n’entendez rien à la guerre. Finissez vos questions, Obéissez (au comité du salut public) et ne perdons pas de temps.» De retour à la prison il demanda des huitres et du vin blanc. L’exécuteur entra pendant qu’il faisait ce dernier repas  » mon ami lui dit Biron, je suis à vous, mais laissez-moi finir mes huîtres, je ne vous ferai pas attendre longtemps. Vous devez avoir besoin de forces au métier que vous faîtes, vous allez boire un verre de vin avec moi ». Biron rempli le verre de l’exécuteur, celui du guichetier et le sien, et se rendit sur la place de l’exécution, où il a subi la mort avec le courage qui a illustré presque toutes les victimes de cette affreuse époque. 

5 janvier 1794

Le citoyen Hébrard, fabricant de savons, mais lié à une mauvaise fourniture de hampes de lances, est exécuté sur-le-champ.

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24 janvier 94

Nicolas Rouard et Laurent Migot n’ont aucune sympathie pour les « clubistes », ils le clament un peu trop bruyamment: la guillotine.

28 janvier 94

Le général de Marcé, excellent soldat, homme d’une loyauté exemplaire mais victime de dénonciations calomnieuses, est condamné à l’échafaud.

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31 janvier 94

La « fournée » des habitants de Coulommiers, quinze personnes accusées de fanatisme et fédéralisme.

3 février 94

Claude Jacques Ogier, 73 ans, est condamné à mort sur dénonciation : ont été trouvés chez lui des écrits proroyalistes.

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15 février 94

Condamné à mort, Gabriel Planchut la Cassaigne, ivre mort, il hurlait sous les arcades du palais Egalité:  » Vive Bourbon! Vive Monsieur! ». Arrêté par la section de la montagne, il affirme ne pas se souvenir.

23 février 94

Joseph Canel, perruquier, ivre, il a crié, le 18 juin précédent, sur les Champs-Elysées « Vive le Roi! j’aime la noblesse, je n’en veux qu’au clergé ». Ce subtil distinguo ne lui sauvera pas la vie.

Le général Dartaman est également condamné à mort, motif : un officier de la république ne recule pas!.

Durant le seul mois de février, outre les massacres de Vendée, 302 personnes sont guillotinées ou fusillés à Lyon et des centaines d’autres dans toute la France.

A Paris, les prisons sont bondées, plus de 5000 détenus ; 481 à la Conciergerie, 606 à la Grande Force, 290 à la Petite Force, 225 à Sainte-Pélégie, 233 aux Madelonnettes, 134 à l’Abbaye, 790 à Bicêtre, 342 à la Salpêtrière,456 au Luxembourg, 428 à la Bourbe, 194 aux Carmes.

5 mars 94

Condamnation à mort de Louis Robin, 74 ans, marchand à Troyes, il a affiché ce placard :

« A la dernière décade on a sélébré laniverser du soi-disan dernier tiran et la prochaine décade on célèbrera la nessance de cent mille tiran. Vive la république, au diable le clube ! Ces en qui fou tous le mal. Peuple naban donne jamai la loy de Dieu.« 

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12 mars 94

Une religieuse de 27 ans, Sophie Adélaïde Leclerc-Glatigny, est envoyée à l’échafaud: « il sera impossible, précise l’acte d’accusation, avec ces propos inciviques de ne pas reconnaître en elle un de ces êtres dans le cœur desquels le fanatisme est tellement invétéré qu’ils ne respirent que pour saper sourdement l’empire auguste de la liberté » (il s’agit de lettres envoyées à sa famille où elle fait état d’une fois ardente) elle était l’objet d’une dénonciation anonyme au comité révolutionnaire de Saint-Denis.-

Le même jour Marin Blanchet et Pierre Cauchoix sont jugés, Blanchet est accusé d’avoir refusé de marcher contre les Tuileries le 10 Août 1792, pourtant il sauve sa tête. Cauchoix, jeune architecte de 28 ans est accusé lui d’avoir dit  »qu’un tyran en valait mieux que cinq cents » ( il visait la Convention) il sera guillotiné pour ces propos.

15 mars 94

Un ci-devant noble est condamné pour être soupçonné d’avoir fait apprendre à l’une de ses filles une comédie, dont la postérité n’a pas cru bon de retenir le titre, mais qui aurait aux yeux de certains des allusions désobligeantes à l’égard de la représentation nationale.

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17 mars 94

Quatre accusés (dont deux femmes) sont envoyés à l’échafaud pour « propos », l’un d’eux avait été arrêté sous l’accusation d’avoir dit qu’il « préférait être chien que républicain » une autre, Marie Lavechain, que « ceux qui gouvernaient la France étaient des brigands et des égorgeurs de Roi » réels ou pas ! ces faits mènent leurs auteurs à la mort.

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La mort également, pour propos, pour deux fonctionnaires parisiens accusés  »de fomenter des plans pour assassiner le peuple »… Nulle preuve, ils ont été l’objet d’une dénonciation mensongère.

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20 mars 94

Le général Hoche, est arrêté, il devra sa libération qu’à la disparition de Robespierre.

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25 mars 94

Plusieurs accusés, dont trois d’une même famille, (Rougane) pour propos contre-révolutionnaire, la dénonciation mensongère est évidente (le délateur sera d’ailleurs arrêté) mais quatre des accusés sont, malgré tout, envoyés à la guillotine.

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Un évêque constitutionnel de Saône et Loire, Jean-Louis Goutte, et cinq autres personnes sont condamnés; le chef d’accusation: parents d’émigrés.

12 avril 94

Claude Souchon, dit « Chanson », général de brigade âgé de 66 ans, accusé de fédéralisme, il est condamné sans aucune preuve.

22 avril 94

Guillaume Lamoignon de Malesherbes, ancien ministre, homme d’une probité rare, il se contenta de dire, à la lecture de son acte d’accusation: «  mais si cela avait au moins le sens commun ». Et faisant un faux pas sur une des marches de la guillotine, de commenter narquois; « C’est de mauvais augure, un Romain serait rentré chez lui ».

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26 avril 94

Affaire d’intelligence avec l’ennemi, dont sont accusés plusieurs habitants du département du Mont-Blanc. La mort pour tous. Avec eux des personnes soupçonnées de correspondre avec les émigrés, ou de « propos » ainsi que; « s’est permis de dire en parlant d’un fonctionnaire public que, s’il ne pouvait pas venir, il enverrait son cheval à sa place!. «  … « . C’est une plaisanterie, répond l’accusé (un vigneron), que je me suis permise à l’égard de mon neveu ».  La guillotine.

5 mai 94

Une trentaine d’accusé, parmi ceux-ci de nombreuses femmes ayant fait part de leur horreur face à la guillotine: La mort pour toutes et tous, à l’exception de la plus jeune, tenue pour aliénée.

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8 mai 94

Parmi les accusés se trouvait le savant Lavoisier qui déclara: « J’ai besoin de ce temps (quinze jours) pour terminer des expériences nécessaires à un travail important dont je m’occupe depuis plusieurs années. Je ne regretterai point alors la vie. J’en ferai le sacrifice à ma patrie. »

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 La réponse de Coffinhal est bien connue: « La république n’a pas besoin de savants ni de chimistes, le cours de la justice ne peut être suspendu. » la mort pour lui aussi.

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12 mai 94

Une dizaine de personnes inconnues les une des autres, mais accusées, en bloc, d’être des  »ennemis du peuple » la mort pour sept d’entre elles.

17 mai 94

Onze accusés d’avoir « calomnié la révolution » et de « correspondances avec les émigrés ». La mort pour tous.

Dix-sept accusés : dix condamnés à mort pour « correspondances » et « attitudes révolutionnaires », ainsi l’un d’eux dont la femme voulait divorcer lui avait répondu: « La loi du divorce est une loi contraire à celle de Dieu. » Sa femme le dénonce, il nie les propos : l’échafaud….

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20 mai 94

Une fournée composée d’habitants de Cahors, Nîmes et Provins, « les plus cruels fléaux dont l’existence ait jamais souillé la nature humaine »! « Ecrits royalistes…Propos et écrits suspects ». Les faits remontent pour l’un des accusés à 1789, époque à laquelle Jean Filsac, âgé alors de 76 ans, avait écrit à un ami ayant depuis émigré : la mort.

Le même sort pour un autre, qui a dit que « le bonnet rouge (phrygien) n’était fait que pour les galériens ».

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26 mai 94

Sept condamnations, des actes d’accusations stéréotypés regroupant des faits similaires:  »Autrefois il y avait un tyran, aujourd’hui il y en a sept cents ».

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Un enfant de huit ans, Jean Merle, est accusé de « conspirations »;  il avait, pour jouer, brisé des scellés: ordonnance de non-lieu.

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28 mai 94

Condamnation à mort : Pour « propos ». Sylvain Dumazet, verrier de 25 ans, qui avait servi en Vendée dans les armées de la république, y avait perdu une jambe au combat. Devenu mendiant au faubourg de Temple, il a expliqué que la nation ne lui donnait pas de quoi vivre: « Coupable de propos tendant à empêcher le recrutement… »

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5 juin 94

Exécution sans motif de 25 personnes, fournée destinée à libérer quelques places dans les prisons parisiennes.

Pour faits d’attroupements leur ayant été imputés à tort, trois Bretons qui avaient été acquittés par le Tribunal de Quimper. Or, sur requête du comité révolutionnaire local, la Convention avait cassé l’arrêt de la juridiction bretonne. Ne parlant pas un mot de français, ils ne comprendront même pas qu’ils viennent d’être condamnés et à se rendre, sur le champ, à l’échafaud!

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14 juin 94

Huit  »conspirateurs ». L’un d’eux avait sur lui une image représentant la tête tranchée de Louis XVI avec, écrits au dos ces mots:  »Je meurs pour toi et ta famille. » Effectivement.

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16 juin 94

Louise de Montmorency, 72 ans atteinte de surdité et qui ne pouvait donc répondre aux questions du tribunal, le président Dumas s’adressant au greffier: « C’est bon; ecris qu’elle a conspiré sourdement… » 

Tout ceci relèverait de l’absurdité s’il n’y avait au final, la mort d’hommes et de femmes coupables d’êtres nés nobles, riches ou pauvres, haîs de leurs voisins, de leur conjoint, ou victimes de dénonciateurs. 

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21 juin 94

Vingt-sept accusés, dont seize habitants de Caussade (près de Montauban); à l’annonce de la mort du roi, ils s’étaient réunis dans les rues du village en disant: « A bas les cocardes nationales! le Roi est mort, il faut prendre des noires. » Ils sont ennemis du peuple, la guillotine pour tous.

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22 juin 94

Dix autres accusés d’avoir mutilé un arbre de la liberté, à Verneuil, (en Normandie;  » Ledit arbre n’est pas celui de la liberté, mais un arbre ordinaire. » si l’arbre a été coupé, c’est parce qu’il était mort et fut remplacé par un autre… Peu importe, à la guillotine !

Quatre autres condamnés à mort; l’un d’eux est accusé d’avoir « baisé avec culte le portrait du tyran » :renseignements pris, il portait serré à bras-le-corps, lors d’une perquisition, un tableau où figurait le Roi;  »Propos »  pour les autres.

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7 juillet 94

Germaine Quetier, femme Charbonnier :

-Il lui est demandé:

si, le 9 de ce mois, en présence de plusieurs citoyens, elle n’a pas dit qu’il fallait un Roi ?

-A répondu:

qu’elle n’a pas parlé de Roi, tel qu’était Capet ou tout autre, mais d’un rouet… l’instrument à filer.

(La prononciation très semblable de ces deux mots pouvait effectivement induire en erreur).

Quoi qu’il en soit, le système des fournées fit qu’elle est condamnée sous le même chef d’accusation qu’un certain Sauvage, enseigne de vaisseau, c’est à dire: « Abandon des drapeaux de la liberté pour servir dans l’armée anglaise à Toulon ».

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15 juillet 94

Condamné à mort, Yves-Louis Rollat qui avait appelé son chien « citoyen »!

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16 juillet 94

Trente et un condamnés à mort… procès-verbal d’accusation signé en blanc…

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17 juillet 94

Fournée de cinquante et une personnes. De nombreux prêtres ou quidams pour  »propos » et « correspondances ». Quarante condamnés à mort dont les seize religieuses « carmélites » de Compiègne. 

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19 juillet 94

 Trente-quatre accusés, trente-quatre condamnation à mort. Acte d’accusation signé en blanc par les membres du tribunal. Les dossiers d’instruction sont vides, soit bâclés. Un seul objectif: l’élimination du plus grand nombre dans le minimum de temps.

Ainsi ce jour là, le jeune Saint-Pern comparait à la place de son père. Il proteste de son jeune âge. Dumas s’exclame alors: « Citoyens jurés, vous voyez bien que dans ce moment il conspire, car il a plus de dix-sept ans. »

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25 JUILLET 94

On trouve une certaine veuve Mayet qui sera condamnée à la place de la vicomtesse de Maillé. De toute façon il faut du sang! alors on la consolera à la sortie du tribunal, par ces mots, « Ce n’est pas vous qu’on voulait juger, mais c’est autant de fait, autant vaut aujourd’hui que demain. »

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André Chénier, le poète, c’est en fait son frère, le militaire, Marie-Joseph, qui était vivement recherché, qu’à cela ne tienne quand on a décrié contre la république avec une telle virulence.

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« Mourir sans vider mon carquois! Sans percer, sans fouler, sans pétrir dans leur fange. Ces bourreaux barbouilleurs de lois! »    André Chénier.

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26 juillet 94

Vingt-cinq personnes traduites; vingt-trois guillotinées…. Toutes précision étant dorénavant surabondante.

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La princesse de Monaco, 26 ans, qui ,de peur de montrer « quelque pâleur face au supplice », demandera à se passer du fard sur les joues. Celle que Fouquier nomma: la « femme Grimaldi », monte le lendemain à l’échafaud au moment même où Dumas est arrêté en pleine audience du tribunal.

27 JUILLET 94 ……(9 THERMIDOR AN II)

Robespierre est renversé.  

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28 juillet 94. (10 THERMIDOR AN II)

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Exécutions de : Robespierre, Dumas, Saint-Just, Couthon, Hanriot, Fleuriot-Lescot.

29 juillet 94

Le tribunal révolutionnaire condamne à mort soixante-dix personnes liées, de près ou de loin, à Robespierre et à l’administration de la Commune.

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5 mai 1795

Fouquier-Tinville, l’homme de la justice révolutionnaire, sera lui aussi condamné à mort, la veille de son exécution (6 mai 1795), il écrit un message débutant par ces quelques lignes: « je n’ai rien à me reprocher, je me suis toujours conformé aux lois.« 

Fouquier Tinville, l’homme du tribunal, (le seul qui restera constamment en fonctions,) dans sa démence meurtrière, mérite quelques attentions. Installé,avec sa famille, à la conciergerie, il travaille selon tous les témoignages, jusqu’à dix-huit heures par jour!. Est-il cet assoiffé de sang, ce monstre alcoolique, amateur de filles publiques. Peu importe, c’est un fanatique, il prends au sérieux sa propre étroitesse d’esprit.

Plusieurs témoins le confirmeront lors de son procès: lorsqu’il avait beaucoup travaillé, et s’était un peu enivré, il faisait quelques pas le long du quai de l’Horloge, s’accoudait à un rebord du pont au Change ou du pont neuf et gémissait sur son sort: « Comment cela va-t-il finir? « …. »Que ne suis-je resté laboureur! » et les pièces de son propre procès prouvent qu’il se constituait, par anticipation, les dossiers devant lui servir de défense le jour où…

Le soir venu, Fouquier, accompagne parfois les huissiers allant lire ce qu’il appelle « le journal du soir » aux détenus de la Conciergerie, c’est à dire la liste de ceux montants au tribunal le lendemain, pour dire bonjour à Sanson.

Il réunit les jurés, leur indique la conduite à tenir, les blâmant ou les complimentant, plaisante avec eux. Dans certains cas, il aime à se vanter de la manière dont il a congédié les importuns. « Tu vois cette femme qui sort de chez moi! elle ne cesse depuis longtemps de me tourmenter avec son mari: eh bien! il sera dans la fournée d’aujourd’hui. » Dans d’autres circonstances, il fait libérer des détenus, parfois pour les faveurs d’une femme, mais pour de l’argent il lui arrivait d’oublier certains prévenus.

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Ainsi, comme l’a fort bien écrit François Furet:

« Il n’y a pas de circonstance révolutionnaire, il y a une révolution qui se nourrit de circonstances. ».

« Donne le pouvoir aux médiocres, tu en feras des tyrans.»  (La Rochefoucauld.)

Publié dans : IL Y A DEUX SIECLES. |le 9 novembre, 2007 |1 Commentaire »

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1 Commentaire

  1. le 28 mars, 2010 à 22:04 Leconte Michel écrit:

    Liberté
    Egalité
    Fraternité

    Voici ce que nous a donné notre chère Révolution française.

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